Repli en vue pour l'Europe à l'orée d'une séance chargée, le pétrole grimpe information fournie par Zonebourse 14/07/2026 à 08:33
Les principales Bourses européennes sont attendues en légère baisse mardi à l'ouverture, les prises d'initiatives étant limitées à l'aube d'une séance chargée en publications d'entreprises et en rendez-vous économiques de premier plan, notamment aux Etats-Unis, susceptibles d'alimenter ou au contraire d'apaiser les inquiétudes concernant un prochain resserrement monétaire.
Après un début de semaine plutôt positif pour les indices européens, marqué par des gains allant de 0,1% à 0,3%, les contrats à terme suggèrent pour l'instant une baisse de l'ordre de 0,3% pour le CAC 40 et de 0,4% pour le DAX à Francfort comme pour l'Euro STOXX 50.
Cette journée fériée du 14 juillet aurait dû rester relativement calme à Paris, mais l'agenda microéconomique et macroéconomique du jour en a décidé tout autrement.
Les marchés se préparent en effet à une séance riche en indicateurs économiques clés qui pourraient encourager les intervenants à parier sur de futures baisses de taux après le récent durcissement de ton opéré par la Réserve fédérale américaine sous la nouvelle présidence de Kevin Warsh.
Le risque d'une chute de l'activité étant écarté à court terme, la Fed a visiblement décidé de focaliser son attention sur l'inflation, alors que les prix évoluent nettement au-dessus de l'objectif de 2% actuellement Outre-Atlantique.
L'inflation américaine sous haute surveillance
Principal rendez-vous de la journée, mais également de la semaine, l'indice des prix à la consommation (CPI) attendu à 14h30 devrait afficher un repli de 0,1% sur un mois, marquant un net coup de frein après la progression de 0,5% enregistrée en mai. Sur un an, l'inflation globale est néanmoins attendue en décélération à 3,7%, contre 4,2% le mois précédent.
Mais comme souvent, ce sont les chiffres de l'inflation sous-jacente ("core") - qui exclut les composantes volatiles que sont l'énergie et l'alimentation - qui devraient monopoliser l'attention.
Celle-ci devrait confirmer la persistance des pressions inflationnistes de fond, avec un indice de base projeté en hausse de 0,3% sur un mois (contre 0,2% en mai), tandis que son rythme annuel devrait rester robuste en demeurant inchangé à 2,9%.
Grand oral de Warsh
Autre temps fort de la séance, Kevin Warsh témoignera cet après-midi devant la commission des services financiers de la Chambre des représentants, avant de se présenter demain devant le comité bancaire du Sénat, dans le cadre du traditionnel grand oral semestriel du patron de la banque centrale.
Les économistes s'attendent à ce qu'il reste très mesuré et qu'il s'abstienne de fournir toute indication prospective concernant les prochaines décisions de politique monétaire, sachant que le président de l'institution avait été le seul membre du comité de politique monétaire (FOMC) à ne pas soumettre de prévision graphique à l'issue de la dernière réunion du FOMC.
Déluge de résultats aux USA
Bon nombre de publications de résultats vont par ailleurs animer les échanges, avec un rythme particulièrement soutenu du côté des résultats des géants bancaires US JPMorgan Chase, Bank of America, Goldman Sachs, Citigroup et Wells Fargo, qui publieront tous avant l'ouverture de Wall Street.
Les investisseurs ont déjà pris connaissance ce matin des comptes trimestriels de l'équipementier de réseaux suédois Ericsson, qui a enregistré un chiffre d'affaires supérieur aux attentes sur la période avril-juin.
L'actualité des introductions en Bourse pourrait également animer la cote puisque la première cotation du Slip Français, dont l'IPO a reçu un franc succès de la part des investisseurs particuliers, est prévue dans le courant de la matinée sur Euronext Paris.
Les investisseurs gardent aussi un oeil sur l'autre dossier chaud du moment, le regain de tensions géopolitiques dans le Golfe, alors que les Etats-Unis ont lancé une nouvelle salve de frappes contre l'Iran, ce qui n'a pas empêché Donald Trump d'estimer qu'un accord était toujours "possible".
Les futures sur les grands indices américains signalent à ce stade une ouverture dans le rouge du côté de New York ce mardi après le repli déjà observé la veille dans le sillage de l'influence négative des valeurs technologiques, de la flambée du pétrole sur fond de tensions au Moyen-Orient et de la remontée des anticipations de hausse des taux en attendant la parution des chiffres de l'inflation.
Au coup de cloche final, le S&P 500 reculait de 0,8%, le Nasdaq 100 lâchait 1,9% tandis que le Dow Jones limitait ses pertes à moins de 0,3%.
La séance est peu animée sur les Bourses asiatiques, où le Nikkei de la Bourse de Tokyo progressait tout de même de 0,5% en fin de journée.
En Chine, le CSI des grandes capitalisations s'adjugeait plus de 1,2%, soutenu par l'annonce d'une hausse de 16,9% du commerce extérieur chinois sur les six premiers mois de l'année.
Le pétrole grimpe après le coup de force de Trump
Sur le compartiment obligataire, les rendements se tendent à l'approche de la publication de la statistique américaine de l'inflation. Celui des Treasuries à dix ans remonte de quatre points de base, à 4,6090%, pour se rapprocher de nouveau de ses plus hauts depuis le début de l'année.
Les devises varient peu avant la publication d'indicateurs économiques clés, l'euro se traitant actuellement autour de 1,1388 face au dollar.
Les cours du pétrole restent orientés à la hausse, prolongeant le rebond amorcé il y a une semaine, alors que les traders digèrent les implications de la décision de Donald Trump de mettre en place un péage maritime sur le détroit d'Ormuz, où le trafic de navires s'est désormais effondré
Le contrat livraison août sur le brut léger américain (West Texas Intermediate, WTI) prend 1,8% à près de 79,6 dollars le baril. La même échéance sur le Brent gagne 1,7% à 84,7 dollars.