Rencontre entre responsables saoudiens, turcs, pakistanais et iraniens
information fournie par Reuters 26/10/2026 à 16:14

(Actualisé avec rencontre, déclarations)

De hauts responsables de l'Arabie saoudite, de la Turquie et du Pakistan ont rencontré lundi à Téhéran des responsables iraniens pour discuter de mécanismes de désescalade.

Il s'agissait de la première rencontre à haut niveau entre la République islamique et les trois pays signataires de l'accord de défense mutuelle dit de "La Mecque" depuis le début de la guerre déclenchée le 28 février dernier contre l'Iran par les Etats-Unis et Israël, qui s'est propagée au Liban et au Yémen, où les Houthis alignés sur l'Iran combattent les forces gouvernementales soutenues par une coalition dirigée par Ryad.

L'Arabie saoudite était représentée par le ministre de la Défense, Khalid ben Salmane, frère du prince héritier Mohamed ben Salmane, le Pakistan par le chef de l'armée, Asim Munir, et la Turquie par son chef des services de renseignement, Ibrahim Kalin, ont précisé des responsables saoudiens et iraniens.

Les médias officiels iraniens ont diffusé des images du président Massoud Pezeshkian, du ministre des Affaires étrangères Abbas Araqchi et du secrétaire du Conseil suprême de sécurité nationale Mohsen Rezaei participant à la réunion.

Le ministère saoudien des Affaires étrangères a déclaré que la réunion visait à ouvrir des canaux de discussion pour "éviter le retour à une escalade militaire".

Selon le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères Esmaeil Baghaei, la rencontre devait porter sur les "politiques expansionnistes israéliennes, les développements dans les territoires palestiniens et au Liban et les répercussions des actions militaires américaines et israéliennes contre l'Iran".

La réunion, a-t-il ajouté, pourrait être une première étape vers l'établissement de mécanismes de sécurité régionaux.

LES HOUTHIS REVENDIQUENT DE NOUVELLES ATTAQUES

Un responsable iranien a ajouté que la question du programme nucléaire iranien ne devait pas être abordée et qu'elle ne le serait pas tant que les demandes formulées par Téhéran pour mettre fin au conflit avec Washington ne seraient pas acceptées.

L'Arabie saoudite a intensifié ses frappes contre les Houthis depuis que ces derniers ont pris le contrôle de zones stratégiques le long de la côte yéménite de la mer Rouge le mois dernier, progressant face aux forces gouvernementales soutenues par Ryad. Les Houthis ont, pour leur part, visé des aéroports, des ports et des installations pétrolières en Arabie saoudite.

Lundi, les Houthis ont ainsi revendiqué de nouvelles attaques contre des stations de pompage de l'oléoduc Est-Ouest en Arabie saoudite, qui relie les gisements pétroliers de l'est du royaume au port de Yanbu sur la mer Rouge, et contre l'aéroport de Ryad, lequel avait pourtant annoncé, la veille, la reprise des opérations sur deux de ses terminaux. Les autorités saoudiennes n'ont communiqué aucune information dans l'immédiat.

La Turquie, l'Arabie saoudite et le Pakistan ont signé le 7 août dernier un accord de défense conjoint à La Mecque, un pacte qui scelle le rapprochement des puissances sunnites alliées aux États-Unis dans le contexte de la guerre au Moyen-Orient.

Selon un document consulté par Reuters, l'accord stipule que les signataires doivent employer "tous les moyens nécessaires" pour éliminer les menaces pesant sur l'intégrité territoriale, la souveraineté ou les frontières internationalement reconnues de l'un ou l'autre des Etats signataires.

(Andrew Mills et Ariba Shahid, avec Tuvan Gumrukcu, Parisa Hafezi, Asif Shahzad; version française Camille Raynaud et Jean-Stéphane Brosse)