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Une conception des véhicules simplifiée, similaire à Tesla
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Un effet neutre sur les coûts, positif sur le prix de
revente
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Tesla un challenge à court terme-De Meo
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"Nous voulons vendre nos voitures, pas les donner"-Dir.
R&D
(Actualisé avec précisions)
par Gilles Guillaume
BOULOGNE-BILLANCOURT (Hauts-de-Seine), 24 avril
(Reuters) - R enault RENA.PA a détaillé lundi la nouvelle
architecture logicielle de ses véhicules futurs qui sera selon
lui en 2026 au niveau technique de Tesla, actuel baromètre du
secteur mais avec qui le groupe au losange refuse de s'engager
dans une guerre des prix sur l'électrique.
Le constructeur automobile français, comme l'ensemble du
secteur, vit depuis plusieurs mois sous la menace des baisses de
prix régulières et drastiques du concurrent californien. En
France, le tarif catalogue de la Tesla Model 3 commence
maintenant au même niveau que celui de la Renault Mégane
électrique, environ 42.000 euros.
Le groupe au losange a assuré jusqu'ici qu'il
n'entrerait pas dans une guerre des prix mais qu'il se
concentrerait à la place sur la baisse des coûts et sur
l'amélioration dans le temps de la valeur résiduelle de ses
voitures électriques.
"Nous ne voulons pas faire ce que nous avons fait par
le passé, nous voulons vendre nos voitures, nous ne voulons pas
donner nos voitures", a déclaré lundi Gilles Le Borgne,
directeur de l'ingénierie de Renault, au cours d'une conférence
de presse sur l'architecture dite "Software defined vehicle".
Le directeur général de Renault, Luca de Meo, a souligné
de son côté que la pression de Tesla constituait toujours un
"challenge sur le court terme".
DE CENT PROCESSEURS A MOINS DE VINGT
La conception "SDV", qui intègre dès le début de la
conception des couches logicielles permettant d'intervenir
pendant la durée de vie de la voiture sans devoir toucher à la
partie hardware - une opération longue et coûteuse qualifiée
d'"intégration big bang" - sera au coeur de la future entité
électrique "Ampère" du groupe au losange.
Développée avec Google et Qualcomm, elle réduira aussi
considérablement la complexité en passant d'une centaine de
processeurs aujourd'hui à bord d'un véhicule, à moins de vingt.
L'architecture doit permettre d'améliorer de deux points
la valeur de revente des voitures, un paramètre positif pour la
capacité tarifaire du groupe et ses marges, et d'éviter 1,5
milliard d'euros de dépenses de Recherche & développement (R&D)
en une décennie.
En intégrant les investissements dans la nouvelle
architecture et le coût des nouveaux processeurs et
fonctionnalités, "on est à peu près à l'équilibre en prix de
revient", a précisé Gilles Le Borgne.
Thierry Cammal, vice-président en charge des logiciels
de la la Renault Software Factory, a souligné de son côté que si
Renault et Tesla avaient une approche similaire sur la
conception logicielle des véhicules à l'horizon 2026, le groupe
californien dépensait davantage dans les technologies de voiture
autonome, sa marque de fabrique sur le segment premium.
"Pour notre part, nous considérons que nous devons avoir
des voitures abordables, donc nous dépensons beaucoup moins
(dans l'automatisation avancée) et beaucoup plus sur le reste de
la voiture", notamment la mise à jour facilitée du véhicule et
les fonctionnalités à la demande, a-t-il ajouté.
Le programme de fourgon "Flexevan" pour la livraison du
dernier kilomètre inaugurera mi-2026 la nouvelle architecture
Renault, suivie de la marque Alpine puis de l'ensemble des
véhicules électriques de la marque au losange. Concernant son
utilisation par la marque low cost Dacia et par le partenaire
Nissan, la question est toujours à l'étude.
(Gilles Guillaume, édité par Blandine Hénault)