PARIS, 12 novembre (Reuters) - Thierry Bolloré, révoqué en
octobre de son poste de directeur général de Renault RENA.PA ,
est libre de travailler dès maintenant chez un autre
constructeur automobile, le conseil d'administration du groupe
au losange ayant renoncé à exiger l'application de sa clause de
non-concurrence.
Cette décision, annoncée dans un communiqué du conseil
publié mardi, s'inscrit dans le cadre des arrangements trouvés
avec l'ancien numéro deux de Renault, un mois après son départ
tonitruant destiné, selon le président du groupe Jean-Dominique
Senard, à redonner un second souffle au constructeur français et
à son alliance avec Nissan 7201.T .
"S'agissant de l'engagement de non-concurrence souscrit par
M. Thierry Bolloré le 3 avril 2019, le conseil d'administration
a décidé de renoncer à son bénéfice", peut-on lire dans le
communiqué. "Par conséquent, aucune contrepartie financière ne
sera due à M. Thierry Bolloré."
Du fait de son départ de Renault, l'ex-directeur général
perd de son côté le bénéfice du régime de "retraite chapeau" en
vigueur.
Au prorata de sa présence en 2019, Thierry Bolloré empoche
un salaire fixe de 651.915 euros bruts, auquel pourront venir
s'ajouter jusqu'à environ 814.900 euros de salaire variable.
C'est l'assemblée générale de Renault, en 2020, qui déterminera
dans quelle mesure l'ex-DG a atteint les critères de performance
déterminant le montant de sa rémunération variable.
Dans le cadre de l'accord transactionnel conclu avec Thierry
Bolloré, celui-ci conserve le bénéfice des actions de
performance dues au titre de 2017 et 2018 et la possibilité
d'exercer jusqu'à la fin 2020 les options d'achat d'actions dont
il est titulaire. En contrepartie, il renonce à toute
réclamation "au titre de ses fonctions et leur cessation".
Clotilde Delbos, qui lui a succédé comme directrice générale
par intérim, conserve quant à elle son contrat de travail
correspondant à ses fonctions de directrice financière "compte
tenu des circonstances exceptionnelles et du caractère
transitoire" de la situation.
Son salaire fixe se monte à 528.671 euros, auxquels viennent
s'ajouter 371.329 euros pour atteindre le montant de
rémunération de 900.000 euros - hors variable - voté par les
actionnaires pour chaque directeur général ou directrice général
de Renault.
(Gilles Guillaume, édité par Jean-Michel Bélot)