Renault: lourde perte en 2025, liée à Nissan, mais ventes en hausse
information fournie par Boursorama avec AFP 19/02/2026 à 08:00

( AFP / JEFF PACHOUD )

Le groupe Renault a subi en 2025 une perte nette de 10,9 milliards d'euros, liée à une révision de la valeur de ses 35% dans Nissan, mais ses ventes ont progressé, grâce notamment au succès de ses voitures électriques.

Son chiffre d'affaires a progressé de 3% à 57,9 milliards d'euros. En revanche son bénéfice net hors impact Nissan a baissé de 74% à 715 millions d'euros et sa marge opérationnelle a diminué à 6,3% contre 7,6% en 2024.

Cette perte comptable, que Renault avait annoncée le 1er juillet dernier en évoquant un chiffre de 9,5 milliards d'euros, résulte de la fin progressive de l'alliance nouée entre les deux constructeurs depuis 1999, mise à mal par l'arrestation de Carlos Ghosn au Japon fin 2018.

La fin de l'alliance a poussé Renault à recomptabiliser la valeur de sa participation de 35% dans Nissan à l'aune de son cours de Bourse, auxquels s'ajoute le poids des résultats négatifs de Nissan, qui a prévu une forte perte d'exploitation sur son exercice annuel 2025-2026.

Même hors impact de Nissan, la situation est difficile pour Renault, dirigé depuis l'été dernier par François Provost, qui avait été nommé directeur général le 30 juillet pour succéder à Luca de Meo, parti chez Kering.

Hors Nissan, le groupe a ainsi vu son bénéfice net reculer ainsi que sa marge opérationnelle, rognée notamment par la part croissante des voitures électriques, moins rentables que les voitures thermiques.

"Actuellement la rentabilité des voitures électriques, qui représentent 14% des ventes du groupe et 20% pour la marque Renault, est inférieure à celle des thermiques: le challenge est d'améliorer cette rentabilité", a expliqué le directeur financier Duncan Minto lors d'une conférence téléphonique.

Renault a été largement épargné par les difficultés des marchés américains et chinois, où il est peu présent.

Pour 2026, le groupe prévoit une marge opérationnelle de nouveau réduite, à environ 5,5% du chiffre d’affaires, inférieure aux prévisions des analystes, mais qui résiste dans un secteur sous pression en Europe.

Il escompte cette année une nouvelle croissance de son chiffre d'affaires, toujours porté par l'international et les véhicules électriques, a indiqué le directeur financier.

A moyen terme Renault vise une marge de 5 à 7%, a-t-il précisé, dans un environnement concurrentiel "difficile" sur le niveau des prix.

Le dividende est prévu stable à 2,20 euros par action.

Renault précise avoir réussi à réduire ses coûts de plus de 400 euros par véhicule vendu, et veut continuer cette dynamique sur le moyen terme, a conclu le directeur financier.

Le groupe a par ailleurs confirmé être en discussion avec ses partenaires pour racheter la totalité de la société de camionnettes électriques Flexis, créée en 2024 avec le constructeur de camions Volvo et l’armateur CMA CGM, dont il détient 45%.