Renault-Bond des commandes de voitures électriques depuis la guerre en Iran-DG
information fournie par Reuters 10/06/2026 à 16:51

* Renault doit "se battre" pour suivre la demande en VE

* Le constructeur revoit à la hausse ses hypothèses

* Opportunités avec les batteries LFP

(Actualisé avec détails, contexte)

par Gilles Guillaume

Le carnet de commandes de véhicules électriques de la marque Renault a progressé de 50% depuis le début de la guerre en Iran - qui a provoqué une vive hausse des cours du pétrole - dans certains marchés majeurs comme la France et l'Allemagne, a déclaré mercredi le directeur général de Renault RENA.PA .

Dans une interview à Reuters en marge d'une conférence organisée par la publication Automotive News Europe à Bruxelles, François Provost a ajouté que le constructeur automobile n'avait aucun problème d'approvisionnement en batteries tout en soulignant qu'il devait "se battre" pour suivre la demande de véhicules électriques.

"On a une forte hausse de la demande et on a déjà lancé une 'task force' pour travailler avec tous nos fournisseurs", a-t-il précisé.

"Je ne manque pas de batteries, oui il y a une demande qui est croissante, oui on se bat pour avoir plus de batteries, ensemble, avec nos fournisseurs", a poursuivi François Provost.

Il a ajouté que Renault envisageait de rajouter, dès le second semestre, des équipes de production dans ses usines de de Douai et Maubeuge, ainsi que dans celle de Novo Mesto, en Slovénie.

Ces usines, où des vacations de week-end pourraient être ajoutées, produisent respectivement les R5, Mégane et Scenic pour Douai, la R4 pour Maubeuge et la Twingo pour Novo Mesto.

La demande pour les voitures électriques a bondi en Europe depuis le début de la guerre en Iran, le 28 février, que ce soit pour des véhicules neufs ou d'occasion.

Au cours de quatre premiers mois de l'année, les ventes de voitures électriques ont grimpé de 29% du fait du renchérissement du prix de l'essence.

D'après François Provost, quand la guerre en Iran se terminera et que les prix des carburants reflueront, le soudain intérêt porté aux véhicules électriques devrait s'émousser mais cela n'empêchera pas une accélération du basculement des consommateurs vers ce type de voitures.

"Oui il y a un 'shift' (...) et on a déjà d'ailleurs revu nos hypothèses", a-t-il dit.

INCONTOURNABLES BATTERIES LFP

A moyen terme, le directeur général de Renault aimerait voir voir le fabricant sino-japonais de batteries AESC Envision produire des batteries LFP (lithium-fer-phospate) dans son usine de Douai, actuellement spécialisée dans une autre technologie, le NMC.

Les batteries LFP sont moins coûteuses que les batteries au NMC, utilisant du cobalt et du nickel, et dominent aujourd'hui le marché en Chine.

Il s'agirait de la première production française pour cette technologie concurrente du NMC, plus adapté aux grandes voitures et aux longues distance mais plus cher, et sur lequel trois des quatre gigafactories françaises - Envision, ACC et Verkor - se se sont positionnées afin d'aider à réduire la dépendance de l'Europe à l'Asie pour ce composant-clé de la voiture électrique.

Les batteries représentent typiquement la moitié du coût d'un VE et passer au LFP permet de proposer des véhicules électriques plus abordables.

"Je serais ravi qu'Envision trouve les conditions pour pouvoir démarrer de la technologie LFP dans son usine de Douai, parce que ça donnera pour nous, Renault, des opportunités supplémentaires en LFP", a dit François Provost.

Pour l'heure, le groupe au losange s'appuie notamment sur un contrat de cinq ans auprès d'une production de batteries LFP du Coréen LG Energy Solution en Pologne, ainsi que depuis le site hongrois du chinois CATL.

Stellantis, pour qui le LFP devrait équiper une majorité des modèles basés sur la nouvelle plateforme polyvalente STLA One, a One au coeur de son nouveau plan stratégique, a signé pour sa part un accord avec CATL pour produire cette technologie en Espagne.

(Gilles Guillaume, rédigé par Benoit Van Overstraeten, édité par Augustin Turpin)