Rebond prévu du Nasdaq après une séance noire, l'Europe amplifie ses pertes
information fournie par Reuters 06/11/2026 à 14:17

Siège social de LSEG (London Stock Exchange Group) à Londres

par Diana Mandia

Wall Street est attendue en ordre dispersé, le Nasdaq devant regagner un peu de terrain après sa ‌déroute de la veille, tandis que les Bourses européennes sont dans le rouge vendredi à mi-séance, rattrapées à leur tour par l'aversion au risque face aux craintes liées à l'intelligence artificielle.

Les futures sur indices new-yorkais signalent une ​ouverture en baisse de 0,98% pour le Dow Jones mais un rebond de 0,22% pour le Standard & Poor's-500 et de 1,39% pour le Nasdaq.

À Paris, le CAC 40 perd 1,63% à 8.071,73 points vers 12h28 GMT. À Francfort, le Dax abandonne 2,41% et à Londres, le FTSE cède 2,24%.

L'indice paneuropéen FTSEurofirst 300 perd 1,8%, l'EuroStoxx 50 de la zone euro 1,33% et le Stoxx 600 1,57%

Les indices européens accentuent leurs pertes depuis l'ouverture, la séance ​étant marquée par les répercussions d'une fuite massive du risque à Wall Street la veille sur fond de craintes d'un encadrement plus strict du secteur de l'intelligence artificielle (IA) sous un Congrès américain à majorité démocrate.

L'indice Nasdaq Composite a encaissé un plongeon de 5,5% jeudi, du jamais vu depuis avril 2025, ​lors du début de la guerre commerciale déclenchée par les droits de douane du président américain Donald Trump, ⁠et a confirmé être entré en phrase de correction, c'est-à-dire une baisse supérieure à 10% par rapport à son sommet du 6 octobre dernier.

La déroute du secteur technologique, avec en tête les semi-conducteurs ‌et les opérateurs de centres de données, a déjà fait partir en fumée 3.000 milliards de dollars de capitalisation boursière du Standard & Poor's-500.

Les marchés craignent surtout un revirement radical par rapport à la politique menée jusqu'à présent par les républicains du président Donald Trump, qui s'étaient refusés à restreindre certains aspects de l'IA en plein essor, malgré la contestation ​croissante des citoyens face au développement des centres de données et à leurs besoins ‌énergétiques.

Au-delà du risque politique, l'investissement colossal qu'implique le développement de l'IA, qui accroît au passage l'endettement du secteur, sème également le doute et a déjà déclenché ⁠des vagues de ventes ces derniers mois.

"Toutes les grandeurs liées à l'IA (investissement, importations, prix) sont sur des trajectoires exponentielles. Ce sont des signes manifestes de surinvestissement. Ce n'est pas soutenable au plan économique, ni d'ailleurs efficace", écrit dans une note Bruno Cavalier, chef économiste chez ODDO BHF.

Les Bourses européennes sont toutefois relativement moins touchées que leurs homologues asiatiques et Wall Street, compte tenu de leur moindre exposition aux valeurs liées à l'IA, et le compartiment ⁠technologique du Stoxx 600 parvient même à afficher ‌de légers gains après avoir chuté de plus de 3% la veille.

Les marchés asiatiques ont en revanche connu de lourdes pertes vendredi, le Nikkei japonais et le Kospi sud-coréen ⁠clôturant des baisses d'environ 6% chacun.

Les investisseurs attendent par ailleurs les chiffres de l'emploi américain à 13h30 GMT, qui pourrait constituer le prochain catalyseur de l'évolution des anticipations sur les taux d'intérêt de la Réserve fédérale (Fed).

Selon l'outil ‌CME FedWatch, les opérateurs prévoient, avec une probabilité supérieure à 65%, une hausse des coûts d'emprunt en décembre. John Williams, président de la Fed de New York, a déclaré vendredi que l'inflation était ⁠trop élevée et il était essentiel de la ramener à 2%, la cible de la banque centrale.

LES VALEURS À SUIVRE À WALL STREET [L5N46N133]

VALEURS EN ⁠EUROPE

À Paris, lanterne rouge du SBF 120, TP plonge ‌de plus de 16% après que le groupe a abaissé jeudi soir son objectif de chiffre d'affaires annuel.

Dans cet océan de rouge se distingue toutefois Air France-KLM qui gagne 6% et étend ainsi ses gains de la ​veille, soutenu par ses résultats et par un relèvement de recommandation de Barclays sur le titre.

TAUX Les rendements des Bunds allemands, l'obligation ‌de référence de la zone euro, s'apprêtent à enregistrer leur plus forte baisse hebdomadaire depuis fin septembre, les investisseurs se tournant vers des valeurs refuges après une nouvelle vague de ventes massives dans le secteur technologique américain et réduisant leurs paris sur des ​hausses de taux de la Banque centrale européenne (BCE).

Vendredi, le rendement du titre à 10 ans, grappille tout de même 1 point de base à 3,2557% après avoir atteint 3,2075%, leur plus bas niveau depuis le 26 août. Celui du Bund à deux ans affiche en revanche une légère baisse à 2,9594%.

Aux Etats-Unis, le rendement des Treasuries à dix ans avance vendredi de 2,5 points de base à 4,8615, tandis que le deux ans ⁠avance à 4,4886%, après avoir reculé plus tôt cette semaine, les investisseurs achetant des obligations pour se protéger contre le risque.

"Les obligations se comportent de nouveau de plus en plus comme des obligations", souligne stratège chez State Street Investment Management.

CHANGES

Le dollar se raffermit face aux autres principales devises, soutenu par la demande de valeurs refuges et gagne 0,43% face à un panier de devises de référence.

L'euro cède quant à lui 0,39%.

PÉTROLE

Les cours de brut se montrent hésitants mais se dirigent vers une forte baisse hebdomadaire, dans la perspective d'une désescalade du conflit avec l'Iran après le revers subi par le parti du président américain Donald Trump aux élections de mi-mandat.

Le Brent prend 0,33% à 98,68 dollars le baril et le brut léger américain (West Texas Intermediate, WTI) avance de 0,54% à 90,98 dollars.

PRINCIPAUX INDICATEURS ÉCONOMIQUES À L'AGENDA DU 6 NOVEMBRE :

PAYS GMT INDICATEUR PÉRIODE CONSENSUS PRÉCÉDENT

USA 13h30 Rapport sur l'emploi octobre

- Créations d'emplois 65.000 29.0000

- Taux de chômage 4,2% 4,2%

USA 15h00 Moral des ménages (flash) novembre 48,0 48,0

(Certaines données ​peuvent accuser un léger décalage)

(Rédigé par Diana Mandiá, édité par Augustin Turpin)