Rebond en vue en Europe au 17e jour de la guerre au Moyen-Orient (actualisé) information fournie par Reuters 16/03/2026 à 08:30
par Mara Vilcu
Les principales Bourses européennes sont attendues dans le vert lundi à l'ouverture, alors que les investisseurs analysent les dernières nouvelles du front géopolitique, le conflit au Moyen-Orient s'étendant au Liban et se poursuivant autour du détroit d'Ormuz, tandis que débute une semaine par ailleurs chargée sur le front des banques centrales avec plusieurs décisions clef.
D'après les premières indications disponibles, le CAC 40 parisien pourrait gagner 0,44% à l'ouverture.
Les contrats à terme signalent une hausse de 0,47% pour le Dax à Francfort, de 0,42% pour le FTSE à Londres et de 0,59% pour l'EuroStoxx 50.
Alors que le conflit au Moyen-Orient entre lundi dans son dix-septième jour et qu'Emmanuel Macron a fait savoir dimanche qu'il s'était entretenu avec son homologue iranien, Massoud Pezeshkian, pour appeler Téhéran à mettre fin à ses attaques contre les pays de la région, les combat s'intensifient dans le sud du Liban.
L'armée israélienne a déclaré lundi avoir lancé ces derniers jours des opérations terrestres de portée limitée contre des positions du Hezbollah au Liban afin de renforcer ses lignes de défense avancées.
Malgré l'enlisement du conflit, Washington a tenté de se montrer rassurant au cours du week-end face à la hausse des prix du pétrole et aux incertitudes économiques, prédisant que l'intervention en Iran ne durerait pas. Donald Trump a par ailleurs déclaré dimanche soir que son administration était en contact avec sept pays afin d'obtenir leur aide pour sécuriser le détroit d'Ormuz, via lequel transite en temps normal 20% du pétrole mondial.
Les ministres des Affaires étrangères de l'Union européenne discuteront lundi du renforcement d'une petite mission navale au Moyen-Orient, mais ils ne devraient pas prendre de décision quant à l'extension de son rôle au détroit d'Ormuz, actuellement bloqué, selon des diplomates et des responsables.
Parallèlement, la semaine est riche en réunions de banquiers centraux, alors même que la montée des prix de l'énergie remet en question leur politique sur les taux. Les investisseurs attendent notamment les décisions de la Banque centrale européenne (BCE), la Réserve fédérale américaine (Fed), la Banque d'Angleterre (BoE), la Banque du Canada, la Banque nationale suisse (BNS) et la Riksbank.
"Les prévisions des banques centrales vont immédiatement pencher vers une inflation plus élevée et une croissance plus faible", estime Bruce Kasman, économiste en chef chez JPMorgan. "Conformément à ce point de vue, nous avons repoussé ou supprimé les mesures attendues pour la plupart des banques centrales qui devaient agir en mars et avril".
"L'évolution de la situation sur le terrain met en évidence le risque de nouvelles hausses de prix et la probabilité que la prime de risque reste élevée", dit Bruce Kasman.
Il semble acquis que la Réserve fédérale américaine maintiendra ses taux inchangés mercredi, et la probabilité d'un assouplissement d'ici juin est tombée à seulement 26%, contre 69% il y a un mois.
Les investisseurs seront particulièrement attentifs au ton du communiqué de la Fed et de la conférence de presse, et chercheront à savoir si les projections médianes du "dot plot" des responsables monétaires excluent tout nouvel assouplissement pour cette année.
En attendant cette série de réunions clef, les investisseurs auront un aperçu de l'état de la première économie mondiale avec les chiffres de l'indice Empire State et de la production industrielle aux Etats-Unis, à 12h30 GMT et 13h30 GMT respectivement.
LES VALEURS A SUIVRE : [L8N4010X9]
A WALL STREET
Wall Street a fini en baisse vendredi, les investisseurs scrutant l'évolution de la guerre contre l'Iran et ses effets potentiels sur l'offre mondiale de pétrole, à l'issue d'une semaine où les marchés ont été ballottés au gré des cours du brut.
Les trois grands indices américains ont fini dans le rouge baisse, même si la faiblesse des valeurs technologiques a nettement plus pénalisé le Nasdaq.
EN ASIE
La Bourse de Tokyo a fini en baisse de 0,13% à 53.751,15 points, pour la troisième journée consécutive, la crise au Moyen-Orient risquant d'entraîner des répercussions à long terme sur l'économie en raison de la hausse des prix de l'énergie et de la dépréciation du yen.
L'indice composite de la Bourse de Shanghai a perdu 0,26% et le CSI 300 des grandes capitalisations a gagné 0,05%.
La Bourse de Hong Kong gagne 1,49%.
La croissance de la production industrielle en Chine a accéléré de manière inattendue en janvier-février tandis que les ventes au détail ont également dépassé les attentes, confirmant la solidité de la deuxième économie mondiale alors qu'elle fait face à un éventail de défis au niveau géopolitique.
TAUX
Les rendements américains sont en baisse.
Le rendement des Treasuries à dix ans perd 1,6 point de base à 4,2688%. Le deux ans recule de 2,1 points de base à 3,7131%.
Le Bund allemand à dix ans prend 0,8 point de base à 2,9829%. Le deux ans gagne 1,1 point de base à 2,4366%.
CHANGES
Le billet vert se maintient près de son plus haut niveau depuis dix mois, dans un début de semaine marqué par la prudence, alors que les investisseurs se préparent à une série de réunions des banques centrales.
Le dollar gagne 0,03% face à un panier de devises de référence.
L'euro gagne 0,07% à 1,1424 dollar.
PÉTROLE
Les cours du pétrole sont en hausse, les investisseurs analysant les menaces qui pèsent sur les installations pétrolières du Moyen-Orient, malgré l'appel lancé par le président américain Donald Trump aux nations pour qu'elles contribuent à la protection du détroit d'Ormuz, une artère vitale pour les approvisionnements énergétiques mondiaux.
Le Brent avance de 1,7% à 104,89 dollars le baril et le brut léger américain (West Texas Intermediate, WTI) gagne 0,65% à 99,35 dollars.
PRINCIPAUX INDICATEURS ÉCONOMIQUES À L'AGENDA DU 16 MARS :
PAYS GMT INDICATEUR PÉRIODE CONSENSUS PRÉCÉDENT
USA 12h30 Empire State mars - 7,10
USA 13h15 Production industrielle février
- sur un mois - 0,7%
(Rédigé par Mara Vîlcu, édité par Augustin Turpin)