Réacteurs nucléaires EPR2 : pour son "chantier du siècle", EDF envisage de de faire apprel au trio français Bouygues-Eiffage-Vinci information fournie par Boursorama avec Media Services 03/06/2026 à 18:25
Le consortium français devrait décrocher le contrat de gros oeuvre, estimé à une dizaine de milliards d'euros.
Cinq poids lourds du génie civil, associés pour les "chantier du siècle". Un consortium réunissant les poids lourds du secteur du BTP (Vinci, Bouygues, Eiffage) ainsi que NGE et Fayat devrait décrocher le contrat de construction de nouveaux réacteurs nucléaires EPR2 d'EDF, selon des informations des Échos , mercredi 3 juin.
EDF est appelé à construire six nouveaux réacteurs EPR2, dont les deux premiers doivent entrer en service en 2038 à Penly , en Seine-Maritime, avant les autres prévus à Gravelines (Nord) puis au Bugey (Ain).
Selon le journal Les Échos , "pour le contrat de gros œuvre, estimé à une dizaine de milliards d'euros (en euros de 2020), les trois majors Vinci, Bouygues, Eiffage ont non seulement fait cause commune, mais également embarqué NGE et Fayat, les numéros quatre et cinq du secteur, Fayat étant un partenaire régulier du géant Vinci", peut-on lire dans le quotidien.
"L'électricien, qui a jusqu'alors retenu Eiffage pour la seule paire de Penly, espère ainsi réduire les coûts et les délais du 'chantier du siècle'" , indique le journal Les Échos .
L'enjeu est considérable : le génie civil représente le premier poste de dépenses du devis du projet des six EPR2 remis par EDF à l'État fin décembre et estimé à 72,8 milliards d'euros, marges de sécurité incluses. Le "gros œuvre" fait partie des pistes d'"optimisations" supplémentaires identifiées pour un montant global de 9,9 milliards.
Réduire les coûts
EDF n'a ni confirmé ni infirmé ces informations; Vinci et Bouygues, contactés par l' AFP , non plus.
Il s'agirait en tout cas d'un changement de stratégie pour le groupe EDF. En 2023, Eiffage avait remporté seul le lot de génie civil des deux premiers EPR2 à Penly (Seine-Maritime), sur le duo de géants Bouygues-Vinci.
EDF souligne qu'elle est "engagée depuis plusieurs mois dans une démarche de compétitivité visant à améliorer son offre et le coût du Projet EPR2" et qu'un appel à manifestation d'intérêt "a été lancé en mars dernier en ce sens" sur le génie civil, dans un message transmis à l' AFP . Cela n'induit aucun changement pour le chantier attribué à Eiffage à Penly, ajoute-t-on.
EDF veut maximiser ses chances de réussite du projet pour faire oublier les dérapages de coûts et de calendrier du chantier fleuve de l'EPR de Flamanville. La coulée du "premier béton" (l'équivalent de la première pierre) à Penly a déjà été décalée de 2026 à 2028.
D'où l'idée de passer par un regroupement -selon un modèle qui s'inspire des grands projets ferroviaires- pour obtenir des prix négociés et faciliter la montée en puissance des travaux grâce au partage d'expérience entre les entreprises.