Rafale II inaugure la nouvelle ingénierie de Renault en France
information fournie par Reuters 02/11/2026 à 10:44

Salon de l'automobile de Paris 2026

Le développement du successeur du Rafale, le SUV ‌coupé de Renault Group, inaugurera ce mois-ci en France la nouvelle organisation de l'ingénierie du constructeur automobile, inspirée des modes de ​fonctionnement chinois afin de concevoir des voitures plus vite et pour moins cher.

Après avoir développé en grande partie en Chine sa Twingo électrique, le groupe au losange a lancé cette année un vaste chantier pour transposer plusieurs recettes chinoises et transformer son ingénierie ​à travers le monde, avec à la clé une simplification drastique des processus, jusqu'à 20% de réductions d'effectifs d'ici fin 2027 et un plan conséquent de formation ​vers les métiers de l'électrification et des logiciels.

"Tout n'est pas encore ⁠en place à 100%, mais suffisamment pour qu'on puisse démarrer", a dit à Reuters le directeur de la Technologie (CTO) ‌de Renault, Philippe Brunet, lors d'une interview. "Tous les projets qui entrent en développement à partir de novembre vont partir dans cette configuration."

Celle-ci prévoit notamment de découper un projet de voiture en moins de 30 ​modules, soit un tiers de moins qu'aujourd'hui, ‌afin de réduire le nombre de personnes impliquées et gagner en vitesse de décision.

"Auparavant il ⁠y avait 45 modules, c'était le fruit d'une organisation qui appartient au passé", a poursuivi Philippe Brunet. "Je pense que 30, c'est très bien. Si on considère que les Chinois sont parmi les plus efficaces, c'est à peu près ce qu'on a vu là-bas."

L'OBJECTIF ⁠DE 2 ANS DE ‌DÉVELOPPEMENT DEMEURE

Outre le successeur 100% électrique du Rafale, prévu pour fin 2028 à l'issue de deux ans ⁠de développement, la même durée que pour la Twingo, la nouvelle organisation s'appliquera aussi à deux autres programmes électriques dont le ‌développement a été confié à la partie française: le nouveau Scenic et une "une évolution importante" du best-seller R5, ⁠a ajouté le CTO de Renault.

Le constructeur continuera néanmoins à travailler aussi avec son ⁠entité chinoise ACDC sur des projets ‌de véhicules, sur l'intelligence embarquée, et pour sélectionner au moins une entreprise chinoise pour chaque panier de fournisseurs de chaque module.

Plus ​petit des constructeurs automobiles historiques, Renault tire son épingle du jeu ‌face à des concurrents plus grands comme Volkswagen ou Stellantis, mais est confronté comme eux à la nécessité d'investir dans l'électrification, le design et les ​logiciels tout en réduisant ses coûts et ses délais face à des concurrents chinois ultra-compétitifs.

Sur un marché automobile de plus en plus technologique, Renault doit aussi exister face à des géants de l'électrique qui rivalisent d'inventivité, comme Tesla avec son roadster ⁠volant ou BYD avec son SUV se déplaçant en crabe.

"On ne fera pas de voiture qui fait des loopings. On essaie de faire des innovations technologiques qui servent, qui ne sont pas que de l'image", a répondu Philippe Brunet à une question sur les démonstrations spectaculaires de ces concurrents.

"Une Renault 5 est une voiture qui a une image technologique auprès des clients, elle se vend. On a fait un premier pas, le deuxième pas, on est en train de le faire pour la génération ​2028."

(Reportage Gilles Guillaume, édité par Augustin Turpin)