Quarante pays discutent comment sécuriser le détroit d'Ormuz information fournie par Reuters 02/04/2026 à 15:42
par Andrew MacAskill, John Irish et Muvija M
- Une quarantaine de pays discutent des modalités d'une initiative conjointe visant à rouvrir le détroit d'Ormuz, a déclaré jeudi la Grande-Bretagne, après que le président américain Donald Trump a enjoint les pays qui s'approvisionnent en pétrole dans la région du Golfe à rétablir eux-mêmes le trafic dans cette voie de navigation.
L'Iran a fermé de facto le détroit d'Ormuz, par lequel transite normalement près de 20% de l'approvisionnement mondial en pétrole et gaz naturel liquéfié (GNL) en représailles aux frappes israélo-américaines. La réouverture du détroit est devenue un enjeu majeur pour les gouvernements face à la flambée des prix de l'énergie.
La secrétaire d'Etat britannique aux Affaires étrangères Yvette Cooper a présidé la réunion virtuelle qui a débuté à la mi-journée en compagnie notamment de représentants de la France, de l'Allemagne, du Canada, des Emirats arabes unis et de l'Inde.
"Nous sommes concentrés sur la mise en place de mesures diplomatiques et internationales, incluant une mobilisation collective de l'ensemble de nos outils diplomatiques et économiques ainsi que des moyens de pression dont nous disposons", a-t-elle déclaré à l'ouverture du sommet.
Les Etats-Unis ne sont pas représentés à cette réunion, selon un responsable.
Le président de la République Emmanuel Macrona écarté l'hypothèse d'une intervention militaire dans le détroit, s'exprimant depuis la Corée du Sud où il effectue une visite d'Etat.
"Ce n'est jamais l'option que nous avons retenue parce qu'elle est irréaliste. Parce qu'elle prendrait un temps infini, et elle exposerait tous ceux qui iraient au travers de ce détroit à des risques côtiers de la part des Gardiens de la révolution mais aussi de missiles balistiques."
OPTIONS DIPLOMATIQUES ET MILITAIRES
Les Européens ont d'abord refusé de répondre favorablement à la demande de Donald Trump d'envoyer des navires dans la région par peur d'être entraînés dans ce conflit.
L'établissement d'une coalition, dont les efforts sont dirigés par Londres et Paris, en est encore qu'à ses balbutiements, selon des diplomates européens.
Les discussions de jeudi porteront principalement sur les pays disposés à participer, avant que les responsables de la planification militaire ne se réunissent la semaine prochaine, selon des responsables.
Le G7 et les pays membres du Conseil de coopération du Golfe vont organiser une réunion la semaine prochaine pour discuter de la situation dans le détroit d'Ormuz, a annoncé le porte-parole du ministère français des Affaires étrangères, Pascal Confavreux.
"La réunion de ce jour contribuera à la préparation d'une réunion entre les pays du G7 et les pays du Golfe prévue la semaine prochaine sur ce sujet", a-t-il précisé.
Le porte-parole du chef d'état-major des armées français, Guillaume Vernet, a précisé lors d'une conférence de presse que le processus se déroulerait en plusieurs temps et qu'il ne pourrait pas avoir lieu avant une fin des hostilités.
La clef des discussions est de garantir aux armateurs une sécurité pour permettre à leurs navires de reprendre la mer dans la région et de baisser les coûts des assurances.
Guillaume Vernet ajoute qu'une coopération avec l'Iran devrait avoir lieu pour assurer la sécurité des navires, ce qui n'est pas à l'ordre du jour.
Des discussions doivent aussi démarrer sur les moyens militaires qui pourraient être déployés, a poursuivi Guillaume Vernet.
"Il va falloir agréger un volume de bâtiments suffisant et avoir une capacité de coordination dans les airs, sur la mer et une capacité de partage de renseignements", a-t-il déclaré.
(Version française Zhifan Liu, édité par Benoit Van Overstraeten)