Quand la chaleur menace l'économie européenne
information fournie par Zonebourse 28/05/2026 à 16:51

Selon une étude publiée ce jeudi par Allianz Trade, les vagues de chaleur extrême risquent de peser lourdement sur l'économie européenne et les finances publiques des Etats les plus exposés.

La filiale de l'assureur allemand Allianz, spécialisée dans l'assurance-crédit, estime que les épisodes de chaleur extrême constituent désormais un "risque économique structurel" pour l'Europe, particulièrement vulnérable en raison du vieillissement de sa population, d'un parc immobilier dense et mal adapté ainsi que d'un faible taux d'équipement en climatisation.

Selon l'étude, les effets économiques de la chaleur deviennent particulièrement marqués au-delà de 30 °C. La production horaire diminue ainsi d'environ 1,3 dollar pour chaque degré supplémentaire entre 30 °C et 35 °C, tandis que la consommation d'énergie augmente, renchérissant les coûts pour les entreprises.

Dans un scénario où les cinq années les plus chaudes observées entre 2014 et 2024 se reproduiraient sur la période 2026-2030, Allianz Trade estime que les pertes cumulées de PIB pourraient atteindre entre 5 et 7% dans les économies les plus exposées.

La France pourrait ainsi perdre jusqu'à 240 milliards de dollars de richesse produite sur la période, contre 147 milliards pour l'Italie, 131 milliards pour l'Allemagne et 120 milliards pour l'Espagne. Le Japon subirait pour sa part une perte estimée à 354 milliards de dollars.

L'étude souligne également les conséquences budgétaires de ces épisodes climatiques. Le ralentissement de l'activité pèserait sur les recettes fiscales, tandis que les dépenses publiques liées à la santé, aux infrastructures ou encore aux mécanismes indexés sur l'inflation augmenteraient.

Les soldes budgétaires pourraient ainsi se dégrader d'environ 0,5% du PIB par an en moyenne. L'Italie et l'Espagne risqueraient alors de dépasser à nouveau le plafond de déficit fixé par Maastricht.

La France, dont le déficit public est déjà attendu à 4,9% du PIB, subirait une pression supplémentaire liée à la chaleur estimée à 2,2%, selon Allianz Trade.