Puig bondit après avoir confirmé des pourparlers de fusion avec Estée Lauder information fournie par Reuters 24/03/2026 à 10:33
L'action Puig PUIGb.MC bondit mardi après que le groupe espagnol de produits de beauté a confirmé la veille être en pourparlers avec Estée Lauder EL.N en vue d'une possible fusion.
Une telle transaction regrouperait sous le même toit certaines des plus grandes marques du secteur comme Tom Ford, Carolina Herrera, Rabanne et Clinique, et donnerait naissance à un géant du luxe valorisé à 40 milliards de dollars (34,5 milliards d'euros), doté d'une position stratégique dans l'industrie mondiale des parfums.
A la Bourse de Madrid, vers 09h15 GMT, l'action Puig grimpe de 14% à 17,75 euros.
"Si elle aboutissait, la fusion (...) ferait passer la part de marché d'Estée dans le secteur des parfums haut de gamme de 6% à 15% (selon Euromonitor), la plaçant en deuxième position derrière L'Oréal (16%)", souligne dans une note mardi An Su, analyste chez MorningStar.
"Cependant, nous voyons des défis liés à l'ampleur de l'opération et au risque qu'elle détourne l'attention de la direction d'Estée alors que l'entreprise est en phase de redressement", nuance le courtier, qui ajoute que l'opération serait beaucoup plus importante que l'acquisition de Tom Ford en 2023 pour 2,8 milliards de dollars.
L'annonce des discussions survient quelques mois seulement après la vente par Kering PRTP.PA de son activité beauté à L'Oréal OREP.PA .
Une source proche du dossier a déclaré lundi que la logique des discussions entre Puig et Estée Lauder est notamment de créer une entité plus à même de rivaliser avec le groupe français de cosmétiques.
"D'un point de vue stratégique, cette opération est logique. Estée Lauder présente un écart important dans son portefeuille de parfums par rapport à des groupes comme L'Oréal et LVMH, et cette alliance permettrait de combler ce vide", soulignait lundi Nik Modi, analyste chez RBC Capital Markets.
Cependant, "une opération de cette ampleur pourrait compliquer la capacité d'Estée Lauder à innover et à suivre le rythme de concurrents plus agiles", nuançait lundi Rachel Wolff, analyste chez eMarketer.
"Nous considérons cette opération comme financièrement intéressante sur le papier (une augmentation du bénéfice par action d'environ 15% avant synergies), mais moins convaincante du point de vue de la constitution du portefeuille", résument dans une note mardi les analystes de Jefferies.
(Rédigé par Augustin Turpin, avec Neil J Kanatt et Deborah Sophia à Bangalore et Abigail Summerville à New York, édité par Benoit Van Overstraeten)