Publicis, d'excellentes performances, mais l'ombre de l'IA plane information fournie par Investir 17/02/2026 à 09:00
Les publications de Publicis ressemblent de plus en plus au film Un jour sans fin: ses résultats sont supérieurs aux attentes et pourtant le titre a chuté après leur annonce, le 3 février. Le numéro un mondial de la publicité a pourtant enregistré, au quatrième trimestre, une croissance organique de 5,9 %, supérieure aux attentes du consensus des analystes financiers de 5,1 %, et qui traduit une accélération sur l'exercice (+ 4,9 % au premier trimestre, + 5,9 % au deuxième et + 5,4 % au troisième trimestre) malgré un effet de comparaison défavorable. La performance a également été bonne sur l'ensemble des zones au quatrième trimestre (+ 4,2 % en Amérique du Nord, + 6,3 % en Europe, + 6,2 % en Asie), avec une croissance solide de 4,3 % aux Etats-Unis - même si certains analystes l'ont jugé décevante - et de 6 % en Chine sur l'année, alors que ses concurrents souffrent dans le pays.
De l'IA pour les «new biz»
Sur l'exercice, les revenus nets atteignent 14,5 milliards d'euros, portés par une croissance organique de 5,6 % (+ 4,2 % en données publiées). Le groupe tablait sur une hausse de 5 % à 5,5 %, le consensus FactSet sur 5,3 % (médiane). «Contrairement à l'idée du marché, l'intelligence artificielle est un facteur de différenciation et d'accélération pour nous», a réaffirmé Arthur Sadoun, le PDG. Le groupe affiche ainsi un taux de rétention de ses clients de 98 % et a gagné, en 2025, 8,2 milliards d'euros de nouveaux contrats, selon le décompte de J.P. Morgan, laissant loin derrière ses principaux concurrents. «Hors Publicis, le marché de la publicité est en déclin», a souligné le PDG. Le publicitaire a dégagé un taux de marge opérationnelle de 18,2 %, pour un objectif «légèrement supérieur à 18 %», et il a généré 2 milliards d'euros de trésorerie libre, pour un peu plus de 1,9 milliard visé. Le bénéfice par action retraité de 7,48 € a avancé de 6,6 %, à taux de change constants (+ 2,5 % en publié), tandis que le bénéfice net part du groupe est demeuré stable à 1,6 milliard, affecté par la hausse du résultat financier. Un dividende de 3,75 € sera proposé (+ 4,2 %), soit un taux de distribution de 50,1 %.
Pour 2026, le groupe réitère sa prévision de croissance organique de 4 % à 5 % en 2026, identique à l'objectif initial de 2025. Des prévisions jugées «conservatrices» bien que le consensus table sur 4,5 % à 4,7 % de croissance. Idem, l'objectif d'une «légère progression» pour ses activités Technology (Sapient) a été jugé décevant. Enfin, Publicis vise «une légère amélioration de son taux de marge opérationnelle» et un free cash-flow d'environ 2,1 milliards. Le groupe devrait reverser 950 millions en dividendes et racheter 175 millions d'euros d'actions - trop peu pour certains investisseurs - et il dispose d'un budget de 900 millions d'euros pour de petites opérations ciblées toujours dans la technologie et l'IA.
Nous recommandons toujours le titre à l'achat et maintenons notre objectif de cours à 95 €. Les bonnes performances du groupe n'ont pas suffi à convaincre le marché de la bonne utilisation de l'IA par celui-ci et le titre a été emporté avec d'autres secteurs après l'annonce par Anthropic de nouveaux outils qui pourraient remplacer les cols blancs. Conséquence, l'action est encore moins valorisée qu'avant.
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