PARIS, 6 juillet (Reuters) - PSA PEUP.PA a réclamé jeudi
l'intervention des pouvoirs publics pour libérer le site de son
usine de Sept-Fons dans l'Allier, occupée depuis mercredi par
les salariés de l'équipementier en liquidation judiciaire GM&S
Industry.
"Nous constatons à cette heure, plus de 24 heures après le
début des actions des grévistes de GM&S, que le site est
toujours bloqué et que les 560 salariés ne peuvent toujours pas
exercer leur activité dans des conditions normales et sereines",
a déclaré le constructeur automobile dans un communiqué.
Les salariés de GM&S Industry, situé à La Souterraine, dans
la Creuse, bloquent les accès du site de construction de PSA de
Sept-Fons depuis mercredi matin pour réclamer des conditions
plus avantageuses de reprise de leur usine.
Le constructeur, qui est avec Renault le principal donneur
d'ordres de l'équipementier, doit utiliser, depuis le blocage,
un hélicoptère pour acheminer la production de son usine, un
"moyen exceptionnel" et "coûteux", précise-t-on.
Le ministre de l'Economie, Bruno Le Maire, a appelé une
nouvelle fois jeudi les salariés de GM&S à lever le blocage.
"Le droit de grève est constitutionnel en France. Le droit
de bloquer un site de construction, il n'existe pas", a-t-il dit
sur BMFTV.
"Si les salariés persistent à vouloir bloquer le site de
production, en contravention avec la loi de la République, nous
prendrons toutes les décisions nécessaires pour faire respecter
la règle de droit."
PSA estime que, pour l'instant, "l'inaction des pouvoirs
publics fait porter un risque grave sur l'activité des autres
usines du groupe en France qui emploient 70.000 salariés".
Le constructeur ajoute que ces manifestations pourraient
remettre en cause les hausses de commandes et les
investissements promis à GM&S pour permettre la reprise.
L'usine, qui est en liquidation judiciaire depuis le 30
juin, fait l'objet d'une offre de la part de l'équipementier GMD
qui propose de reprendre 120 salariés sur 277, sous condition
d'un investissement de dix millions d'euros.
Les salariés ont répété jeudi qu'ils ne quitteraient pas
l'usine sans obtenir gain de cause. Ils réclament une hausse des
commandes de la part de PSA ainsi que la participation de ce
dernier au plan social pour les salariés exclus de la reprise.
"On s'est toujours battu pour l'emploi et ce sera la
priorité. Il faut bien se mettre en tête qu'on ne partira pas
sans rien", a dit jeudi Patrick Brun, délégué syndical CGT de
GM&S Industry, à la presse.
(Caroline Pailliez, édité par Yves Clarisse)