Prudence en Europe malgré l'accalmie sur le marché obligataire
information fournie par Zonebourse 20/08/2026 à 08:21

Les Bourses européennes devraient ouvrir sans grande tendance jeudi matin, la nette détente des rendements obligataires aux Etats-Unis étant contrebalancée par un contexte de prudence dû à la persistance du conflit entre Washington et Téhéran. Les contrats à terme suggèrent pour l'instant une ouverture en hausse de 0,1% pour le CAC 40 parisien et pour le FTSE à Londres, mais le DAX de Francfort et l'Euro STOXX 50 sont indiqués en repli de 0,1%.

Suite à leurs records de la semaine passée, les marchés d'actions européens avaient amorcé un mouvement de consolidation ces derniers jours, sous le coup d'une vive remontée des rendements obligataires sur fond d'impasse dans les discussions entre les Etats-Unis et l'Iran, de quoi réveiller les prix du pétrole et ranimer les anticipations d'inflation, laissant entrevoir de possibles hausses de taux à partir de l'an prochain.

Le calme revient sur l'obligataire

La détente observée au niveau des emprunts d'Etat américains depuis hier devrait cependant contribuer à la tendance positive sur les marchés d'actions ce jeudi.

Les rendements des titres américains s'inscrivent en effet en net repli après que le Trésor américain a annoncé par la voix de son patron, Scott Bessent, qu'il allait au moins doubler ses rachats de dette à long terme à compter du mois de septembre.

Cette perspective a permis une nette détente des rendements obligataires. Le dix ans américain perd actuellement plus de cinq points de base à 4,6530% après être revenu en direction de plus hauts pluriannuels mardi. Très suivi, le 30 ans reflue lui aussi, à 5,19%, après être monté en début de semaine à des sommets depuis 2006.

La réaction est moins prononcée en Europe, où le dix ans allemand s'érode à 3,26%, tandis que le taux des OAT françaises se replie à 4,11%.

Outre les informations sur une augmentation des achats du Trésor américain, les investisseurs ont aussi été sensibles aux dernières "minutes" de la Fed, qui ont fait état d'une inquiétude accrue face à la persistance de l'inflation et d'une plus grande ouverture à de nouvelles hausses de taux si nécessaire.

Sachant que les données sur l'emploi et l'inflation publiées depuis fin juillet ont apporté davantage d'arguments aux tenants d'un "statu quo" monétaire, leur impact est toutefois resté limité par rapport à la détente observée sur le marché obligataire.

Wall Street se remet en ordre de marche

Wall Street a principalement terminé la séance dans le vert mercredi, portée par l'envolée des valeurs de santé et plusieurs publications rassurantes dans la distribution.

A la clôture, le Dow Jones gagnait 0,2% à 53 463,1 points et le S&P 500 progressait de 0,2% à 7 708,0 points. A l'inverse, le Nasdaq 100 cédait 0,2%, pénalisé par une nouvelle séance difficile pour les semi-conducteurs et plusieurs valeurs liées aux infrastructures d'intelligence artificielle.

La prudence reste toutefois de mise alors que Donald Trump a annoncé le lancement d'une "guerre économique" contre l'Iran, menaçant de "terribles" mesures tout pays qui aiderait Téhéran dans son effort de guerre.

Les marchés japonais avançaient dans le sillage de la hausse de New York. L'indice Nikkei affichait des gains de 1,3% tandis que le Topix, plus large, prenait autour de 1%.

Les indices chinois restaient un peu plus en retrait, les investisseurs semblant vouloir éviter les titres exposés au Moyen-Orient. Le SSE Composite de Shanghai grignote environ 0,2% et le CSI 300 est stable.

L'euro au seuil d'une cassure majeure

Le regain d'appétit pour les obligations souveraines américaines n'entraîne pas de rebond du dollar, l'euro conservant son biais haussier face au billet vert en se maintenant au-dessus de sa moyenne mobile à 200 jours.

A 1,1675, la paire a désormais enfoncé sa résistance clé des 1,1660, ouvrant la voie à une poursuite du rallye vers la zone des 1,1790-1,1820, selon les cambistes.

Les professionnels notent toutefois que la dynamique qui sous-tend la monnaie unique commence à montrer quelques signes de surchauffe à court terme, ce qui augmente le risque d'une pause ou d'une consolidation.

Le pétrole poursuit sa progression, les marchés continuant de s'inquiéter de possibles tensions sur l'offre. Le Brent avance de 0,2% à près de 92 dollars le baril et le brut léger américain (West Texas Intermediate, WTI) s'adjuge également 0,2% à 86 dollars.

Les minutes de la BCE au menu du jour

Sur le plan économique, les opérateurs de marchés attendent surtout la publication à l'heure du déjeuner des "minutes" de la réunion de juillet de la BCE, à l'issue de laquelle les taux directeurs avaient été maintenus inchangés.

Le compte-rendu devrait confirmer une orientation en faveur d'une hausse des taux lors de la réunion de septembre, une perspective déjà totalement intégrée par les investisseurs.

En Allemagne, les chiffres sur les prix à la production sont attendus dans la matinée.

Aux Etats-Unis, les intervenants prendront connaissance à 14h30 des inscriptions hebdomadaires au chômage ainsi que de l'indice manufacturier de la Fed de Philadelphie avant de surveiller, à 16h00, les indicateurs avancés du Conference Board.