Pour Macron, le projet d'avion de combat franco-allemand "pas du tout" mort
information fournie par Reuters 24/04/2026 à 10:04

Le projet d'avion de combat franco-allemand (Scaf) n'est "pas du tout" mort, a déclaré vendredi Emmanuel Macron, ajoutant qu'il avait eu une "bonne discussion" avec le chancelier allemand Friedrich Merz et que l'Europe n'avait jamais "autant eu besoin d'unité, de plus d'indépendance, de plus de souveraineté".

A son arrivée à un sommet informel des dirigeants des pays de l'Union européenne, organisé à Chypre, le président français, à qui une journaliste demandait si le projet Scaf (Système de combat aérien du futur) était "mort", a répondu :

"Non, pas du tout. Nous avons eu une bonne discussion ce matin avec (...) le chancelier (Friedrich Merz) et nous avons donné mandat à nos ministères de la défense de travailler sur justement plusieurs axes, sur différents sujets, pas simplement l'avion de combat du futur, mais différents leviers de coopération entre nos deux pays (...)"

"Donc c'est nos ministères de la défense qui ont ce mandat pour les semaines à venir, on continue d'avancer. L'Europe n'a jamais autant eu besoin d'unité, de plus d'indépendance, de plus de souveraineté", a poursuivi Emmanuel Macron.

Friedrich Merz a lui aussi exprimé publiquement sa volonté de faire aboutir le projet Scaf. Le chancelier allemand a dit fin mars être prêt à faire tout ce qui était en son pouvoir pour résoudre la crise qui couve entre les entreprises impliquées dans ce programme.

Ce projet estimé à 100 milliards d'euros est en péril dans un contexte de désaccords sur son contrôle entre le français Dassault Aviation AM.PA et Airbus AIR.PA , qui représente l'Allemagne et l'Espagne.

Début mars, le président-directeur général de Dassault Aviation Éric Trappier a dit qu'Airbus ne voulait pas travailler avec le fabricant du Rafale, ajoutant alors que le Scaf serait "mort " si cette position ne changeait pas.

Il a ensuite dit début avril qu'il laissait deux à trois semaines à son entreprise pour déterminer si un accord pouvait être trouvé sur le système de combat aérien.

(Bertrand Boucey, rédigé par Benoit Van Overstraeten)