par David Lawder
WASHINGTON, 28 juillet (Reuters) - Le Fonds monétaire
international (FMI) a dit vendredi que le dollar américain était
surévalué de 10% à 20% sur la base des fondamentaux économiques
à moyen terme des Etats-Unis, l'euro, le yen et yuan étant en
revanche correctement valorisés par rapport aux mêmes critères
pour leurs économies respectives.
Dans un rapport annuel d'évaluation de la situation
extérieure des principales économies mondiales, en particulier
de leur devise et de leurs soldes extérieurs, le FMI constate
que les déficits des paiements courants sont de plus en plus
concentrés sur un certain nombre de pays, dont les Etats-Unis,
et que d'autres affichent des excédents persistants, en
particulier la Chine et l'Allemagne.
Si le Fonds considère que l'euro est correctement valorisé
au niveau de l'ensemble de la zone euro, il estime que son taux
de change effectif réel est inférieur de 10% à 20% à ce qu'il
devrait être au regard des fondamentaux économiques de
l'Allemagne.
L'appréciation du dollar au cours des dernières années a
résulté de perspectives de croissance plus favorables, de la
divergence de politique monétaire avec la zone euro et le Japon
et des anticipations de nouvelles mesures de stimulation
budgétaire par l'administration Trump, a dit le FMI.
L'organisation internationale préconise que les Etats-Unis
prennent des initiatives pour diminuer un déficit des comptes
courants qui demeure trop important en réduisant le déficit du
budget fédéral et en adoptant des réformes structurelles qui
améliorent la productivité de l'économie et favorisent une
hausse du taux d'épargne.
"Il est important de s'attaquer aux déséquilibres parce que
s'ils ne sont pas traités de manière appropriée et grâce aux
politiques adaptées, nous pourrions en subir le contrecoup sous
la forme du protectionnisme", a prévenu le responsable de la
division des études du FMI, Luis Cubeddu.
Il a ajouté que la persistance d'excédents courants dans des
pays exportateurs comme la Chine et la croissance des déficits
dans des pays débiteurs comme les Etats-Unis laissaient penser
que le problème ne se résoudrait pas automatiquement.
"Cela signifie que les prix, l'épargne et les décisions
d'investissement ne semblent pas s'ajuster suffisamment
rapidement pour corriger les déséquilibres", a-t-il dit.
(Marc Joanny pour le service français, édité par Wilfrid
Exbrayat)