5 février (Reuters) - Le PDG d'Alstom ALSO.PA , Henri
Poupart-Lafarge juge "probable" un rejet du projet de
rapprochement entre son groupe et Siemens SIEGn.DE par la
Commission européenne, à laquelle il reproche des "préjugés
idéologiques".
Dans une interview au Figaro, Henri Poupart-Lafarge ajoute
que ce projet de mariage dans le ferroviaire n'"aura pas de
seconde chance" en cas de veto de la Commission et qu'"Alstom et
Siemens (...) repartiraient chacun de leur côté".
"Il est probable que les équipes de la Commission, ses
services, proposent en effet d'interdire l'opération", dit le
PDG d'Alstom. "Une telle position (...) n'est clairement pas le
résultat d'une application, même stricte, des règles de
concurrence. Elle est dictée par des préjugés idéologiques."
Soutenus par les gouvernements français et allemand, Alstom
et Siemens souhaitent créer un champion européen du ferroviaire
mieux capable d'affronter la concurrence internationale,
notamment celle du numéro un mondial du secteur, le chinois CRRC
601766.SS .
La Commission européenne a cependant exprimé ses craintes
sur les conséquences d'un tel mariage en termes de concurrence.
Pour Henri Poupart-Lafarge, l'analyse de l'exécutif européen
relève de la "posture". "Certains souhaitent manifestement punir
le concept même de champion européen. Pour eux, c'est un
épouvantail", dit-il.
(Bertrand Boucey, édité par Marc Angrand)