Porté par sa pharmacie, Bayer relève ses objectifs et met en garde l'Europe information fournie par AFP 03/11/2026 à 11:45
Le géant allemand Bayer a rehaussé mardi ses prévisions annuelles, porté par le dynamisme de son activité de médicaments sur ordonnance, mais a averti que l'Europe risquait de devenir "un désert pharmaceutique" si les prix n'augmentaient pas.
Le groupe de Leverkusen (ouest) vise désormais dans un communiqué un bénéfice opérationnel ajusté (Ebitda) avant éléments exceptionnels de 9,8 à 10,3 milliards d'euros, une fourchette de 200 millions d'euros plus élevée qu'auparavant.
La marge d’Ebitda avant éléments exceptionnels de la division pharmaceutique a aussi été relevée de deux points, attendue entre 25 et 27 %.
"Nous avons désormais atteint un point de bascule dans la trajectoire de croissance de +Pharmaceuticals+ (médicaments sur ordonnance), et nous constatons une dynamique positive", notamment des médicaments Nubeqa contre le cancer de la prostate et Kerendia contre l'insuffisance rénale, a salué le président du directoire Bill Anderson dans un communiqué.
Vers 10H00 GMT à la Bourse de Francfort, l'action Bayer trônait en tête de l'indice Dax, avec une hausse de 4,16 %.
M. Anderson s'est néanmoins plaint lors d'une conférence de présentation des résultats que les prix des médicaments en Europe n'étaient pas assez hauts pour compenser l'inflation des coûts de production et de recherche.
"L’Europe ne doit pas devenir un désert pharmaceutique, mais c’est vers cela que ces politiques de maîtrise des prix risquent de nous conduire", a-t-il assuré.
Dépréciations
Au troisième trimestre, le groupe a enregistré une perte nette de 672 millions d'euros, réduite de 30% sur un an.
Si les litiges liés à sa filiale dans l'agronomie, Monsanto, continuent de peser sur Bayer, la perte sur la période s'explique avant tout par près de 500 millions d'euros de dépréciations visant deux médicaments.
Bill Anderson a aussi souligné que Bayer "progresse dans la réduction des litiges" visant son herbicide au glyphosate produit par Monsanto et accusé d'être cancérigène, soutenu par une décision en sa faveur de la Cour suprême américaine en juin.
Il continuera d’y avoir des procédures "individuelles" contre Bayer au sujet du "Roundup", a-t-il néanmoins ajouté, dans l'attente de la signature définitive d'un accord financier pour solder les procès, allant jusqu'à 7,25 milliards de dollars.
Pour les prochains trimestres, Bayer s'attend par ailleurs à davantage de procès liés au PCB, un composé chimique interdit dans de nombreux pays depuis les années 1980.
Ces litiges sont "beaucoup plus complexes" que ceux liés au glyphosate mais aussi cycliques, a fait remarquer M. Anderson.
Dans le détail, au troisième trimestre, la branche pharmaceutique a enregistré une croissance de ses revenus de 6,4 % sur un an à taux de change constant, à 4,7 milliards d'euros, après un premier semestre plus difficile.
Ce qui a tiré le chiffre d’affaires du groupe à 10,1 milliards d’euros au troisième trimestre, soit une hausse de 1,9 %, et son Ebitda avant éléments exceptionnels à 1,6 milliard, en progression de 6,9 %.
En revanche, les revenus de l'activité d'agrochimie, principale branche de Bayer, ont décru de 2,4 % après un premier semestre dynamique dans la vente de semence et d'herbicides.
"Cela résulte principalement d’effets réglementaires négatifs et de conditions météorologiques défavorables", précise le communiqué.
Une hausse des coûts de production et de distribution a provoqué l'effondrement de 41,3 % de l'Ebitda avant éléments exceptionnels de cette division.