Porté par des commandes record, ABB s'offre le britannique Rotork
information fournie par Boursorama avec AFP 16/07/2026 à 13:34

Le conglomérat industriel helvético-suédois ABB, porté par la demande d'équipements pour l'intelligence artificielle, a fait état jeudi de commandes record au deuxième trimestre et s'offre dans la foulée le groupe britannique Rotork pour étoffer ses activités d'automation.

( GETTY IMAGES NORTH AMERICA / MEG OLIPHANT )

En marge de ses résultats trimestriels, le groupe basé à Zurich a annoncé la plus grosse acquisition de son histoire avec une offre valorisant cette entreprise britannique à "environ 5,5 milliards de dollars" (4,7 milliards d'euros).

Pour s'emparer de ce fabricant d'équipements de gestion de flux et d'actionneurs électriques, ABB va proposer aux actionnaires de Rotork 503 pence par action, soit une prime de 60% par rapport à son cours en moyenne sur les trois derniers mois.

Unanimement recommandée par le conseil d'administration de Rotork, cette offre en numéraire doit encore être validée par les actionnaires de cette entreprise basée à Bath, dans le Sud-ouest de l'Angleterre. ABB espère pouvoir finaliser la transaction, sujette à autorisation règlementaire, durant le premier semestre 2027, a-t-il indiqué dans un communiqué.

A 10H32 GMT, l'action perdait toutefois 4,11% à 79,76 francs suisses, le prix payé par ABB faisant sourciller les investisseurs. Par comparaison, le SMI, l'indice phare de la Bourse suisse, cédait 0,93%.

"C'est une acquisition majeure", mais "à un prix costaud", a réagi Florian Sager, analyste à la Banque cantonale de Zurich, dans un commentaire boursier.

Mark Diethelm, analyste chez Vontobel, note pour sa part que les commandes "sont à nouveau exceptionnellement fortes", mais juge lui aussi la transaction "coûteuse", même si elle est "sensée" sur le plan stratégique, selon lui.

Le groupe zurichois - qui fabrique aussi bien des équipements pour les réseaux électriques que pour l'industrie et les transports - a fait état d'un bond de 30% de ses commandes au deuxième trimestre, à 12 milliards de dollars, portées par une croissance à trois chiffres dans ses activités d'électrification avec la demande venant des centres de données.

Les analystes interrogés par l'agence suisse AWP l'attendaient en moyenne à 10,47 milliards de dollars.

Son bénéfice net s'est quant à lui accru de 7% à 1,2 milliard de dollar, le chiffre d'affaires progressant de 14%, à près de 9,5 milliards de dollars.

Moment "bien choisi"

Interrogé sur le prix payé pour racheter Rotork, le directeur général d'ABB, Morten Wierod, a affirmé que sa valorisation se situait "dans la lignée des autres transactions qui se font actuellement au Royaume-Uni".

Lors d'une conférence de presse téléphonique, il a mis en avant la forte complémentarité des équipements de Rotork avec les technologies d'ABB.

Le groupe suivait déjà Rotork "depuis un certain temps", a expliqué M. Wierod, mais "le moment est bien choisi puisqu'ABB est en grande forme", a-t-il déclaré.

Les équipements de Rotork sont destinés aux secteurs du pétrole et du gaz, de la chimie, de l'eau ainsi qu'à l'industrie, y compris aux centres de données et jouent un rôle important dans la gestion énergétique des sites industriels.

L'an passé, l'entreprise britannique, qui emploie 3.500 personnes au niveau mondial, a généré un chiffre d'affaires d'environ 1 milliard de dollars, ABB estimant que cette transaction devrait représenter 3% de chiffre d'affaires pour le groupe.

Même après cette acquisition, ABB aura toujours suffisamment "de puissance de feu" pour réaliser "d'autres transactions", "investir dans la recherche et développement" ou réaliser des "rachats d'actions", a insisté M. Wierod.

L'an passé, le groupe avait décidé de vendre au Japonais Softbank sa division de robotique, ce qui devrait lui rapporter 4,8 milliards de dollars une fois la transaction finalisée, lui donnant de la marge de manoeuvre pour réaliser des acquisitions.