POINT HEBDO-Tesla, les PMI et des rendez-vous politiques clés au menu des marchés information fournie par Reuters 18/10/2024 à 14:00
Tesla, le premier des "Sept magnifiques" à publier ses résultats trimestriels dans les prochains jours, pourrait donner un coup d'accélérateur ou de frein au secteur des nouvelles technologies, tandis que le marché aura également le regard concentré sur les PMI d'activité en zone euro et la Chine.
Sur le plan politique, les réunions du FMI, de la Banque mondiale et des BRICS, la présentation du budget britannique, ainsi que l'approche des élections américaines du 5 novembre devraient tenir en haleine les investisseurs.
Tour d'horizon des perspectives des marchés les jours à venir :
1/ TESLA OUVRE LE BAL
Alors que la saison des résultats bat son plein, l'attention se portera mercredi sur Tesla TSLA.O , l'une des premières grandes entreprises technologiques américaines à publier ses comptes financiers.
L'action du constructeur automobile a été malmenée ce mois-ci à la suite de la présentation très attendue de ses robot-taxis qui, selon certains investisseurs, manquait de détails concrets. Depuis le début de l'année, Tesla a perdu environ 11% de sa valeur en Bourse, contre un gain de 22,5% pour l'indice S&P 500.
La publication par Tesla en juillet d'une marge bénéficiaire plus faible que prévu et les résultats jugés décevants d'Alphabet, la maison mère de Google, ont provoqué une baisse des indices boursiers à Wall Street, qui a été le prélude à une forte correction en août.
Les marchés se sont certes ressaisis depuis et les investisseurs sont désormais plus optimistes sur l'évolution de l'économie américaine après un rapport sur l'emploi solide et une baisse de 50 points de base des taux de la Réserve fédérale américaine (Fed). Des résultats médiocres de la part de Tesla le 23 octobre pourrait néanmoins raviver les inquiétudes sur les valorisations des actions technologiques.
2/ DES RENDEZ-VOUS CLÉS
Les assemblées annuelles 2024 du Fonds monétaire international (FMI) et du Groupe de la Banque mondiale sont prévues à partir de lundi à Washington DC et seront l'occasion pour les responsables financiers de débattre de la manière dont les pays peuvent faire face au ralentissement de la croissance et à l'augmentation constante de la dette.
À quelque 5.000 kilomètres à l'Est, dans la ville russe de Kazan, le président Vladimir Poutine accueillera lui, le 24 octobre, un sommet des dirigeants des BRICS, à la recherche d'un soutien dans son bras de fer avec l'Occident.
La Russie a précisé que les dirigeants du Brésil, de l'Inde, de la Chine, de l'Afrique du Sud, de l'Égypte, des Émirats arabes unis et de l'Arabie saoudite, qui représentent un tiers de la production économique mondiale, participeront à ce sommet. Parmi les principaux sujets abordés figure la volonté de mettre fin à la domination du dollar américain.
D'ici là, il ne restera que quelques jours avant le principal événement politique de l'année : l'élection présidentielle américaine. Le résultat des urnes pourrait s'avérer très serré pour désigner dans l'immédiat un vainqueur. Si Donald Trump l'emporte, ce sera peut-être le début d'une nouvelle guerre commerciale, une perspective jugée préjudiciable pour l'économie mondiale.
3/ REBOND ESPÉRÉ DES PMI
Les données sur l'activité économique de septembre, qui ont montré une forte contraction en zone euro ont surpris les investisseurs, les amenant à accroître leurs paris sur une accélération de la baisse des taux de la Banque centrale européenne (BCE). Celles du mois d'octobre, prévues le 24 octobre, seront à cet égard probablement examinés à la loupe afin de déterminer la vitesse à laquelle les taux doivent encore baisser.
D'autres données offrent cependant des motifs d'espoir: la demande de prêts en zone euro au troisième trimestre a augmenté et le moral des investisseurs en Allemagne s'est amélioré. L'euro devrait néanmoins continuer de pâtir de la perspective d'une BCE plus accommodante que la Fed.
4/ LA CHINE DOIT ENCORE CONVAINCRE
Les actions chinoises ont été un baromètre presque parfait des attentes placées dans les mesures de relance de Pékin. Un simple coup d'oeil sur un graphique des deux derniers mois montre à quel point les espoirs ont été rapidement déçus.
Depuis l'annonce, fin septembre, des mesures de relance présentées en Chine comme les plus agressives depuis la pandémie de COVID-19, les autorités ont multiplié les rendez-vous sans pour autant parvenir à convaincre les investisseurs qui souhaitent davantage de détails sur l'ampleur du plan chinois.
Vendredi, la banque centrale chinoise a officiellement lancé un dispositif de swap visant à stimuler les marchés financiers avec une enveloppe initiale de 800 milliards de yuans (112,38 milliards de dollars ou 103,65 milliards d'euros), ce qui a soutenu en clôture les actions chinoises après une séance une nouvelle fois volatile.
Mais comme on ne s'attend pas à ce que de nouvelles mesures de relance soient prises avant une réunion du comité permanent du Parlement, probablement au début du mois prochain, cela laisse un vide de plusieurs semaines pendant lequel il sera difficile pour les actions de trouver de nouveaux catalyseurs.
5/ TROU BUDGÉTAIRE AU ROYAUME-UNI
Au Royaume-Uni, le nouveau gouvernement travailliste doit présenter le 30 octobre son premier budget. Les finances du pays étant en berne et la croissance atone, les investisseurs scruteront attentivement les nouvelles données mensuelles sur les emprunts du gouvernement la semaine prochaine.
La dette nette du secteur public, hors banques publiques, a atteint 100% du produit intérieur (PIB) pour la première fois depuis le début des relevés mensuels en 1993, contre 99,3% en juillet, a annoncé vendredi l'Office national de la statistique (ONS).
Les emprunts de l'Etat en août ont représenté 13,73 milliards de livres, dépassant de 3 milliards de livres les prévisions des économistes. Le montant des emprunts de septembre sera dévoilé le 22 octobre.
Alors que la ministre des Finances, Rachel Reeves, a dit avoir découvert un "trou" de 22 milliards de livres dans le budget de l'Etat laissé par les conservateurs, les investisseurs en Bourse redoutent de devoir être frappés par une hausse de l'impôt sur les plus-values du capital. Le gouvernement a exclu une augmentation des impôts pour les travailleurs.
Selon BNY, la plus grande banque dépositaire du monde, ses clients ont vendu en septembre des obligations d'Etat britanniques au rythme le plus rapide depuis la crise obligataire de 2022, signe d'une possible nervosité des investisseurs avant la présentation du nouveau budget.
Cette crise, née de la présentation d'un mini-budget de 45 milliards de livres de baisses d'impôts non financées, avait provoqué la démission en octobre 2022 de la Première ministre Liz Truss.
La dette publique britannique pourrait tripler par rapport à son niveau actuel au cours des 50 prochaines années si les futurs gouvernements ne prennent pas des mesures, en raison des pressions exercées par le vieillissement de la population, le changement climatique et les risques géopolitiques, a prévenu jeudi l'Office for Budget Responsibility (OBR), un organisme de surveillance.
(Rédigé par Kevin Buckland à Tokyo, Ira Iosebashvili à New York et Naomi Rovnick, Dhara Ranasinghe et Karin Strohecker à Londres, compilé par Amanda Cooper; infographies de Pasit Kongkunakornkul, Prinz Magtulis, Sumanta Sen, Vineet Sachdev et Harry Robertson; version française Claude Chendjou, édité par Blandine Hénault)