POINT HEBDO-Semaine cruciale pour les banques centrales, dont la Fed information fournie par Reuters 29/07/2024 à 07:00
(Répétition sans changement d'une dépêche publiée vendredi)
Une semaine importante se prépare pour les grandes banques centrales, notamment aux Etats-Unis, au Japon et en Grande-Bretagne, où les responsables de politique monétaire doivent rendre leurs décisions sur l'évolution des taux d'intérêt.
Cela survient dans un contexte où les marchés seront encore sur le qui-vive face à l'avalanche des résultats des entreprises, notamment dans les nouvelles technologies, après la déception provoquée par Alphabet et Tesla.
Tour d'horizon des perspectives des marchés des jours à venir:
1/ SEPTEMBRE EN LIGNE DE MIRE
La forte baisse des marchés ces derniers jours intervient à l'approche de réunion de la Réserve fédérale américaine (Fed), qui rendra mercredi ses décisions de politique monétaire.
Si la Fed exprime des signes d'inquiétude sur l'économie lors de ce rendez-vous, cela pourrait ébranler davantage le marché, qui continue de pâtir du mouvement de rotation sur les grandes valeurs technologiques, jugées survalorisées, ce qui favorise une aversion généralisée au risque.
Les investisseurs estiment que le moment d'assouplir la politique monétaire est proche puisque les contrats à terme liés au taux des fonds fédéraux montrent qu'ils anticipent avec une probabilité de plus de 90% une baisse des taux en septembre. Ces anticipations s'inscrivent dans un contexte de signes de ralentissement de l'inflation et du marché de l'emploi.
Le rapport sur l'emploi aux Etats-Unis, prévu le 2 août, donnera aux investisseurs l'occasion d'évaluer si les signes d'atténuation des tensions sur le marché du travail, qui ont renforcé les anticipations de baisse des taux, se sont poursuivis en juillet. Les économistes interrogés par Reuters prévoient 185.000 créations d'emplois en juillet, contre 206.000 le mois précédent.
2/ CRISE SUR LA "TECH"
Le récent coup de froid sur les marchés, dans un contexte d'interrogations sur les valorisations actuelles, pourrait se poursuivre avec la publication mardi des comptes financiers trimestriels de Microsoft MSFT.O . Ceux-ci seront suivis mercredi par ceux de Meta META.O , la maison mère de Facebook, puis par ceux d'Apple AAPL.O et d'Amazon AMZN.O jeudi.
Des chiffres décevants pourraient raviver les inquiétudes qui ont provoqué une vente massive des actions américaines mercredi dernier, lorsque le S&P 500 et le Nasdaq ont tous deux enregistré leur pire séance depuis fin 2022.
Le rallye observé depuis le début de l'année sur les valeurs technologiques a placé si haut les attentes que des résultats supérieurs aux prévisions semblent ne plus suffire à enthousiasmer les marchés. Alphabet GOOGL.O , la maison mère de Google, en est le parfait exemple puisque le groupe a dégagé sur la période avril-juin un bénéfice et un chiffre d'affaires meilleurs que prévu. L'action a cependant fortement reculé dans la foulée de cette publication, les investisseurs s'inquiétant de l'augmentation des dépenses liées à l'intelligence artificielle (IA).
Tesla TSLA.O , pour sa part, a dévissé de 12% après la publication de ses résultats trimestriels, qui ont pourtant montré un chiffre d'affaires supérieur au consensus.
3/ INCERTITUDES SUR LA BANQUE DU JAPON
Les spéculations se multiplient sur un possible relèvement mercredi des taux directeurs de la Banque du Japon (BoJ), des responsables japonais de premier plan, dont le Premier ministre Fumio Kishida, ayant fait allusion à la nécessité d'une normalisation de la politique monétaire à court terme.
Leurs arguments ne reposent pas tellement sur la nécessité de mettre fin à des décennies de mesures de relance extraordinaires qui ont conduit le Japon à être à contre-courant des grands pays développés en matière de politique monétaire, mais sur l'impact de la faiblesse du yen pour les ménages et les entreprises. Pour les dirigeants japonais, le taux de change semble être devenu un enjeu central du congrès du Parti libéral-démocrate au pouvoir qui se tiendra en septembre.
Malgré le récent rebond de la monnaie japonaise, qui a progressé de 10 yens face au dollar comparativement à son creux de 30 ans touché au début du mois, certains experts s'attendent à une hausse des taux de la BoJ.
Ils estiment que la banque centrale japonaise peut tirer un meilleur parti de son argent en augmentant ses taux. D'autres redoutent cependant que la fragilité de l'économie fragile associée à la faiblesse du moral des consommateurs constituent des freins au relèvement des coûts d'emprunt. D'autant que le ralentissement de la croissance américaine est en passe d'avoir des répercussions sur le Japon.
4/ LES INTERROGATIONS DE LA "VIEILLE DAME"
La Banque d'Angleterre (BoE), elle, se réunit jeudi et les marchés tablent actuellement avec une probabilité d'environ 48% sur une première baisse des taux de la banque centrale depuis mars 2020. 0#BOEWATCH La croissance économique britannique est modeste et l'inflation des prix à la consommation est revenue à l'objectif de 2%. La hausse des salaires et celle des prix dans les services demeurent toutefois plus élevées que ne le souhaiteraient certains responsables de la politique monétaire de la BoE, surnommée la "Vieille dame de Threadneedle Street".
Clare Lombardelli, la nouvelle vice-gouverneure de la BoE, pourrait détenir la clé du vote de jeudi, car les huit autres membres du MPC, le comité de politique monétaire, sont partagés sur le maintien ou la réduction des taux directeurs.
Si les consommateurs britanniques ressentent sans doute les effets de taux d'intérêt élevés, actuellement à un sommet de plus de 14 ans, les banques, elles, en ont probablement profité. Les marchés surveilleront à cet égard les résultats et prévisions dans les prochains jours de HSBC HSBA.L , Barclays
BARC.L et Standard Chartered STAN.L afin de déterminer l'impact sur leurs bénéfices d'un éventuel assouplissement monétaire.
(Rédigé par Kevin Buckland à Tokyo, Ira Iosebashvili et Rodrigo Campos à New York et Amanda Cooper à Londres; compilé par Karin Strohecker; infographies de Pasit Kongkunakornkul, Prinz Magtulis, Vineet Sachdev et Kripa Jayaram; version française Claude Chendjou; édité par Blandine Hénault)