POINT HEBDO-Pour les marchés, une semaine d'été bien remplie avec BCE, politique et résultats
information fournie par Reuters 12/07/2024 à 13:26

Malgré la période estivale, l'agenda des jours à venir s'annonce chargé pour les investisseurs, avec entre autres une décision de politique monétaire de la Banque centrale européenne (BCE) et le début de la saison des résultats des entreprises.

Sans oublier la politique de part et d'autre de l'Atlantique : une rentrée sous haute tension de la nouvelle Assemblée nationale en France, une pression accrue sur le président Joe Biden aux Etats-Unis pour qu'il mette un terme à sa campagne de réélection et la présentation par le roi Charles du programme législatif du nouveau gouvernement britannique.

Tour d'horizon des perspectives des marchés des jours à venir:

1/ UN AGENDA FRENETIQUE AUX USA

Les événements cruciaux ne manqueront pas aux États-Unis cette semaine avec dans le viseur les performances du président américain Joe Biden, les chiffres des ventes au détail, les anticipations autour de la Réserve fédérale (Fed) et les bénéfices des banques.

Les données sur les ventes au détail aux États-Unis, attendues mardi, devraient aider les investisseurs à évaluer si le ralentissement de l'activité économique se reflète dans la consommation des ménages, alors que le président de la Fed, Jerome Powell, a jugé que l'économie n'était plus en surchauffe - alimentant ainsi les attentes d'une réduction des taux de la Fed à partir de septembre.

Le banquier central s'exprimera à nouveau à Washington lundi à 16h00 GMT devant l'Economic Club.

Le même jour, Goldman Sachs présentera ses résultats trimestriels, suivie de ses homologues Bank of America et Morgan Stanley le lendemain.

Les marchés surveillent également les développements autour de Joe Biden, confronté à des doutes croissants dans son propre camp quant à ses chances de réélection en novembre alors que le président, âgé de 81 ans, multiplie les lapsus.

Son rival, l'ancien président Donald Trump, sera officiellement désigné candidat à la présidence lors de la Convention nationale républicaine, qui débute lundi et durera quatre jours.

2/ D'AUTRES BAISSES DE TAUX EN ZONE EURO ?

Il est presque certain que la BCE laissera ses taux inchangés à l'issue de sa réunion de jeudi, un mois après la première baisse décidée en cinq ans. L'attention va se porter plutôt sur le calendrier des autres baisses de taux à venir.

L'inflation a ralenti en juin pour la première fois en trois mois dans la zone euro, mais n'a montré aucun signe de ralentissement dans les services. Dans ce contexte, les responsables politiques de la BCE ne semblent pas très pressés d'anticiper leurs futures décisions, réitérant la nécessité d'examiner attentivement les données avant la réunion de septembre.

La présidente de la BCE, Christine Lagarde, sera sans doute interrogée sur la situation politique en France et la volonté de la BCE d'intervenir et d'acheter des obligations d'État françaises et autres en cas de nouvelles turbulences.

Cela semble peu probable, à moins que les fluctuations du marché, qui semblent pour l'instant contenues, ne soient beaucoup plus importantes.

3/ NOUVEAU PARLEMENT

La nouvelle législature à l'Assemblée nationale démarre le 18 juillet, avec l'élection de sa ou son président(e) et les spéculations vont bon train sur une démission du gouvernement la veille, afin de permettre aux 17 ministres réélus députés de prendre part à ce vote crucial.

Ce scénario permettrait d'instaurer un gouvernement démissionnaire chargé des affaires courantes tout en permettant à la nouvelle législature de se mettre en place, notamment avec les nominations de nombreux postes clés.

Pour l'heure, le Parlement français reste divisé en trois blocs polarisés et aucune alliance de coalition ne semble vouloir émerger.

4/ UN PLÉNUM POUR REDONNER CONFIANCE

Les dirigeants chinois s'efforceront de redonner confiance en l'économie du pays à l'occasion du très attendu troisième plénum du comité central du Parti communiste chinois (PCC), un événement qui se tient généralement tous les cinq ans et qui débute lundi.

Les réformes seront à l'ordre du jour de cette l'assemblée de quatre jours et pourraient inclure la plus importante révision du système fiscal depuis trois décennies, dans le but de rediriger les revenus de Pékin vers les gouvernements régionaux en difficulté.

Les investisseurs recevront également un certain nombre de données clés sur l'économie chinoise, notamment le PIB, les ventes au détail et la production industrielle. Si la vigueur des exportations a apporté un certain répit au premier semestre, l'atonie de la demande intérieure et la contraction du secteur immobilier pourraient s'avérer problématiques pour le reste de l'année.

La déflation est également une préoccupation, et les efforts de la banque centrale pour soutenir les rendements obligataires à long terme pourraient également peser sur la croissance.

5/ LE ROI ET L'INFLATION

Le roi Charles annoncera mercredi le programme législatif complet du nouveau gouvernement du nouveau Premier ministre britannique Keir Starmer, mais les données relatives à l'inflation devraient attirer davantage l'attention des investisseurs plus tôt dans la journée.

L'inflation globale s'est rapprochée en mai de l'objectif de 2% de la Banque d'Angleterre (BoE), mais la tendance des prix des services, qui ont augmenté de près de 6% sur un an, reste préoccupante.

L'économiste en chef de la BoE, Huw Pill, a déclaré mercredi que les pressions inflationnistes étaient fortes et que le calendrier d'une baisse des taux restait ouvert, réduisant ainsi les paris sur un assouplissement lors de la prochaine réunion de la BoE, prévue le 1er août.

Les derniers chiffres sur l'emploi au Royaume-Uni, attendus jeudi, seront également cruciaux, la BoE étant également préoccupée par le rythme élevé de la croissance des salaires.

6/ LE POIDS DE LA TECH

Deux poids lourds du STOXX 600, le fabricant néerlandais de semi-conducteurs ASML ASML.AS et le groupe allemand de logiciels SAP SAPG.DE , publient leurs résultats la semaine prochaine, l'occasion de regarder de plus près le poids du secteur technologique sur l'ensemble du marché, plus réparti en Europe qu'outre-Atlantique.

L'influence de la "tech" sur le marché global reste un sujet de débat, alors que les gains spectaculaires des grands groupes américains, au premier rang desquels le fabricant de puces Nvidia NVDA.O , ont dopé la performance globale du S&P 500. Le S&P est en hausse de 17% cette année, tandis que son équivalent ponderé .EWGSPC n'a progressé que de 3,8%.

La concentration du marché est également présente en Europe, où les 10 premiers composants du STOXX représentent 25% de l'indice, contre 20% il y a cinq ans, selon les données du LSEG.

La surperformance du STOXX est toutefois moins importante: il a progressé de 7,8% depuis le début de l'année par rapport à son équivalent ponderé, qui a avancé de 3,8%.

(Compilé par Dhara Ranasinghe, Graphiques de Kripa Jayaram, Pasit Kongkunakornkul, et Prinz Magtulis ; avec la contribution de Kevin Buckland, version française Diana Mandiá, édité par Blandine Hénault)