POINT HEBDO-Pour les marchés, un trimestre qui restera dans les annales information fournie par Reuters 27/03/2026 à 11:20
Les marchés financiers s'apprêtent à clore un premier trimestre de haute intensité, dominé par la géopolitique et, désormais, la guerre au Moyen-Orient.
Le président américain Donald Trump a donné à Téhéran jusqu'à début avril pour rouvrir le détroit stratégique d'Ormuz, sous peine de voir ses infrastructures énergétiques détruites. Un ultimatum qui laisse les investisseurs dans une incertitude accrue alors qu'ils devront également composer avec la publication de données macroéconomiques majeures.
Tour d'horizon des perspectives de marchés dans les jours à venir:
1/ HAUTE INTENSITE
Depuis le déclenchement des frappes américaines et israéliennes le 28 février contre l'Iran, qui ont déclenché une riposte de Téhéran à travers le Moyen-Orient, les marchés boursiers mondiaux ont perdu environ 7.000 milliards de dollars (8.680 milliards d'euros).
Les prix du pétrole et du gaz ont respectivement augmenté de près de 70% et 85% depuis le début de l'année.
Mais même avant le début du conflit, l'activité était déjà intense avec des interventions de Donald Trump au Venezuela et au Groenland, ainsi que des signes inquiétants de faiblesse sur le marché du crédit privé.
La chute de 16% de l'or ce mois-ci – dont l'envolée depuis le début de 2025 semblait inexorable – a également souligné la difficulté pour les investisseurs de se mettre à l'abri des turbulences.
Le deuxième trimestre s'annonce tout aussi intense, notamment avec les craintes inflationnistes et la perspective d'un revirement des politiques monétaires des grandes banques centrales.
2/ PÉTROLE EN ÉBULLITION
Le marché pétrolier a connu un mois de mars mouvementé, avec un choc majeur sur les prix, la plus forte volatilité depuis la pandémie de COVID-19 et, au cours de cette semaine, l'un des plus grands revirements de cours jamais enregistrés.
Lundi, Donald Trump a fait état sur son réseau social de négociations "constructives" avec Téhéran et laissé entendre qu'une fin des hostilités était peut-être en vue. Conséquence: le prix du pétrole a chuté de 15% en quelques minutes.
Quinze minutes avant la publication du président américain, un pari d'environ 500 millions de dollars a été placé sur le prix du brut, composé en grande majorité d'ordres de vente alors que le pétrole était en hausse d'environ 2% ce jour-là et continuait de grimper.
Le donneur d'ordres et ses motivations restent pour l'heure inconnues.
3/ IMPACT SUR L'ÉCONOMIE RÉELLE
Les investisseurs surveillent de près si la flambée des prix de l'énergie commence à peser sur les dépenses de consommation et l'économie dans son ensemble.
Aux Etats-Unis, le rapport sur l'emploi pour le mois de mars, publié vendredi prochain, offrira un aperçu crucial de l'état de la conjoncture.
Les économistes interrogés par Reuters tablent sur 48.000 créations d'emplois. En février, l'économie américaine avait de façon inattendue détruit des postes, prenant Wall Street au dépourvu.
Parmi les autres données américaines attendues dans la semaine à venir figurent les ventes au détail pour février et les indicateurs sur l'activité manufacturière et des services.
4/ VAGUE D'INFLATION
Les données préliminaires de l'inflation dans la zone euro pour le mois de mars seront publiées mardi.
Après avoir longtemps oscillé autour de 2%, l'objectif affiché de la Banque centrale européenne (BCE), l'inflation pourrait grimper avec la hausse des prix de l'énergie, comme ce fut le cas en 2022. La question est de savoir quelle sera l'ampleur et la durée de cette hausse.
Les premières données ne laissent rien présager de bon. La croissance du secteur privé dans la zone euro a fortement ralenti en mars, les coûts des intrants ayant atteint leur plus haut niveau depuis plus de trois ans et les chaînes d'approvisionnement ayant été considérablement perturbées.
Les derniers indicateurs économiques pourraient accentuer la pression sur la BCE pour qu'elle relève ses taux dès le mois prochain – une perspective qui semblait presque impensable avant la guerre en Iran, mais qui est désormais largement anticipée par les marchés monétaires.
(Gregor Stuart Hunter à Singapour, Lewis Krauskopf à New York, Marc Jones, Sophie Kiderlin et Amanda Cooper à Londres, infographies Pasit Kongkunakornkul, compilé par Amanda Cooper; version française Blandine Hénault, édité par Augustin Turpin)