POINT HEBDO-Les taux restent dans le viseur, avant le bilan d'un premier semestre agité
information fournie par Reuters 26/06/2026 à 12:22

Un premier semestre mouvementé touche à sa fin, et l'attention se porte désormais sur la manière dont les banques centrales, en particulier la Réserve fédérale américaine (Fed), orienteront les marchés dans les mois à venir.

Le nouveau président de la Fed, Kevin Warsh, participe à la conférence de la Banque centrale européenne (BCE) à Sintra, au Portugal, tandis que les chiffres de l'emploi aux États-Unis, les données sur l'inflation dans la zone euro, la politique britannique et le secteur technologique sont au centre de l'attention.

Tour d'horizon de la semaine à venir pour les marchés financiers :

1/ L'EMPLOI ET LES TAUX SOUS SURVEILLANCE

Le rapport sur l’emploi américain de la semaine prochaine sera publié dans un contexte de spéculations accrues quant à une éventuelle hausse des taux de la Fed cette année.

Les chiffres de l’emploi non agricole de juin seront publiés jeudi en raison de la fête nationale américaine, vendredi.

Après un rapport de mai marquant un troisième mois consécutif de solides créations d’emplois, les marchés pourraient se montrer plus méfiants face à des chiffres trop élevés, qui mettraient en évidence la résilience de l’économie, plutôt que face à des chiffres faibles.

La réunion de juin de la Fed, étonnamment restrictive ("hawkish"), a montré que les décideurs se concentraient exclusivement sur la maîtrise de l’inflation.

À l’heure actuelle, les opérateurs anticipent une hausse des taux de la part de la banque centrale dirigée par Kevin Warsh, qui pourrait intervenir dès septembre.

2/ RASSEMBLEMENT DES BANQUES CENTRALES

La BCE organise un rassemblement des banques centrales à Sintra, au Portugal, où elle accueillera Kevin Warsh pour son premier déplacement depuis sa prise de fonction à la tête de la Fed.

Ce sera l’occasion pour les participants de renouer avec une personnalité que beaucoup d’entre eux connaissent bien pour l’avoir côtoyée lors de son précédent mandat à la Fed.

Les marchés sont impatients d’évaluer quel type de Fed se profile sous Kevin Warsh, et dans quelle mesure il se montrera proactif lorsque la stabilité financière mondiale sera menacée.

Après s’être prononcé en faveur d’un assouplissement monétaire lors du processus de nomination au poste de gouverneur de la Fed, Kevin Warsh a clairement indiqué, lors de sa première conférence de presse, qu’il prenait très au sérieux la lutte contre l’inflation.

Les opérateurs obligataires ont bien compris le message et anticipent désormais une hausse des taux d’ici la fin de l’année.

La présidente de la BCE, Christine Lagarde, prendra également la parole à Sintra, tandis que les chiffres de l’inflation de la zone euro pour le mois de juin, qui seront publiés mercredi, pourraient indiquer si la BCE doit envisager une nouvelle hausse des taux à court terme.

3/ BILAN D'UN PREMIER SEMESTRE MOUVEMENTÉ

Les marchés s'apprêtent à clore un premier semestre de forte volatilité, marqué par des turbulences provoquées par les États-Unis, du Venezuela au Groenland en passant par l’Iran, ainsi que par la hausse imparable des valeurs liées à l’intelligence artificielle (IA).

Cette hausse fulgurante liée à l’IA signifie que la valeur des actions mondiales a augmenté de 7.000 milliards de dollars par rapport à fin 2025, et ce même après une chute de 9.000 milliards de dollars en mars, déclenchée par la guerre en Iran, qui a propulsé le prix du pétrole à 120 dollars le baril et anéanti les espoirs d’une baisse des taux d’intérêt mondiaux.

Les actions sud-coréennes ont bondi de pas moins de 100%, SpaceX a réussi son lancement tandis que les "Sept Magnifiques" de la technologie sont globalement en baisse, les bons du Trésor restent stables et l’or a perdu de son éclat.

Le second semestre s’annonce lui aussi agité. Les marchés obligataires britanniques, nerveux, attendent un nouveau Premier ministre, les investisseurs sur le marchés des changes restent à l’affût d’une intervention sur le yen, la Fed se montre belliciste et les élections de mi-mandat aux États-Unis approchent.

4/ LE ROI DU NORD

Le Royaume-Uni vient de commémorer le 10e anniversaire du vote sur le Brexit, qui a conduit le pays à quitter l’Union européenne, tout en s’apprêtant à accueillir son septième Premier ministre en l'espace d'une décennie.

Keir Starmer vient d’annoncer qu’il démissionnerait après deux ans à ce poste, en raison de la chute de sa popularité tant au niveau national que parmi les siens, le Parti travailliste au pouvoir.

L'ancien maire du grand Manchester,Andy Burnham, le favori pour succéder à Keir Starmer.

Andy Burnham devrait prononcer un discours lundi. En attendant, les marchés se montrent prudents. Andy Burnham est considéré comme plus à gauche que Starmer.

Il a appelé à la nationalisation des industries clés et au retour de la Grande-Bretagne dans l’UE. Le choix de la personne qu’il nommerait au poste de ministre des Finances s'avère déterminante pour les finances du pays et ses marchés.

5/ LES PUCES DANS LE VISEUR

Les actions des fabricants asiatiques de puces électroniques restent sous les feux de la rampe alors que la volatilité s’accentue dans toute la région, notamment en Corée du Sud, à Taïwan et au Japon.

Les fortes hausses de prix pratiquées par Apple révèlent le revers de la médaille de l’explosion de la demande en puces.

Les investisseurs sont à l’affût du prochain catalyseur après que l’indice MSCI a décidé de ne pas placer la Corée du Sud sur la liste de surveillance en vue d’un reclassement au statut de marché développé.

L’attention se tourne désormais vers les données économiques, notamment les chiffres mensuels de l’industrie manufacturière et des exportations sud-coréennes publiés mercredi, un baromètre de la demande mondiale qui sera suivi de près.

Les PMI préliminaires japonais indiquent que les nouvelles commandes continuent d’augmenter dans toute l’Asie, les clients constituant des réserves pour éviter les perturbations de la chaîne d’approvisionnement, ce qui montre que la région ne se laisse pas affecter par la guerre en Iran.

Le fabricant de puces mémoire SK Hynix va également se lancer dans une tournée de présentation en vue de sa cotation secondaire aux États-Unis le 10 juillet, dans le cadre de laquelle le groupe espère lever 29,43 milliards de dollars (25,80 milliards d'euros).

(Rédigé par Lewis Krauskopf à New York, Gregor Stuart Hunter à Singapour, ainsi qu’Amanda Cooper, Marc Jones et Dhara Ranasinghe à Londres, graphiques par Kripa Jayaram, avec la contribution de Dan Burns, compilés par Dhara Ranasinghe ; version française Coralie Lamarque, édité par Benoit Van Overstraeten)