POINT HEBDO-Les marchés suspendus au dénouement des élections et des banques centrales
information fournie par Reuters 30/10/2026 à 14:02

Entre les élections de mi-mandat aux États-Unis, la publication de données économiques clés, les résultats financiers des géants de la technologie et une série de réunions des banques centrales, les prochains jours s'annoncent de nouveau décisifs pour les marchés.

Les élections de mi-mandat aux États-Unis définiront le paysage politique pour les deux prochaines années, tandis que les chiffres sur l’emploi américain fourniront de nouveaux indices sur la vitalité de la première économie mondiale. Les résultats des grandes entreprises technologiques et spécialisées dans l’IA interviennent également alors que l’engouement pour le secteur semble s’essouffler.

En parallèle, plusieurs banques centrales doivent se réunir, tandis que les investisseurs continuent d’évaluer l’évolution de la situation sur des marchés au Brésil, après la réélection inattendue de Lula à la présidence de la première économie d'Amérique latine.

Tour d'horizon des jours à venir pour les marchés :

1/ MOMENT DE VÉRITÉ POUR TRUMP

Les élections de mi-mandat américaines de mardi détermineront si les démocrates parviendront à arracher le contrôle du Congrès au parti républicain du président Donald Trump, ce qui pourrait redéfinir les perspectives politiques pour les marchés.

Les démocrates devraient largement remporter la Chambre des représentants, tandis que le contrôle du Sénat reste plus incertain. Les républicains ont contrôlé les deux chambres au cours des deux premières années du second mandat de Donald Trump.

Si les démocrates l’emportent, les investisseurs s’attendent à un durcissement de la réglementation en matière d’IA, notamment à un frein à l’expansion des centres de données, ainsi qu’à une surveillance potentiellement accrue des banques de Wall Street et des entreprises du secteur des cryptomonnaies.

Les résultats pourraient également influencer les anticipations en matière de dépenses budgétaires, tandis que les valeurs des secteurs de la défense et de la santé pourraient se montrer particulièrement sensibles à l’issue du scrutin.

2/ FOCUS SUR L'EMPLOI

Le rapport sur l’emploi du mois d’octobre ponctuera vendredi une semaine chargée pour l’économie américaine et pourrait fournir de nouvelles indications sur la prochaine décision de la Réserve fédérale.

Les données de septembre ont montré que l’économie américaine avait créé 29.000 emplois, un chiffre inférieur aux prévisions.

Le marché du travail est resté résilient. Le taux de chômage s'est établi à 4,2% le mois dernier, tandis que les demandes hebdomadaires d'allocations chômage oscillent près de leurs plus bas niveaux depuis 57 ans.

La Fed a maintenu ses taux inchangés mercredi et a relevé son évaluation de l’économie, la qualifiant de "forte" au lieu de "solide".

Les marchés tablent sur une probabilité d’environ 80% d’une hausse des taux de la Fed en décembre, ce qui reflète une certaine incertitude quant au calendrier de la prochaine décision. Les chiffres de l’emploi pourraient apporter un peu de clarté.

3/ L'IA ENTRE LES MAINS D'APPLE

Le géant américain de la technologie Apple AAPL.O occupe la tête d'affiche du calendrier des résultats des jours à venir, aux côtés d'autres valeurs clés de l'IA.

Le secteur de l’IA est particulièrement scruté après que les résultats décevants d’Alphabet, d’Amazon et d’Intel ont entraîné de fortes baisses des cours de leurs actions.

Les prochaines publications de Qualcomm QCOM.O et de son concurrent Advanced Micro Devices AMD.O pourraient soit renforcer, soit contredire les craintes selon lesquelles l’enthousiasme des investisseurs pour l’IA serait en train de s’essouffler.

En Europe, les investisseurs attendent également les résultats des entreprises exposées aux droits de douane de Donald Trump et à la hausse des prix de l’énergie liée à la guerre en Iran, notamment les constructeurs automobiles BMW

BMWG.DE , Daimler DAIGn.DE , Ferrari RACE.MI , ainsi que les compagnies aériennes Lufthansa LHAG.DE et Ryanair RYA.I .

4/ SUITE ET FIN DES BANQUES CENTRALES

Les décisions de politique monétaire continueront d'occuper dans les prochains jours une place centrale pour les marchés.

La Banque de réserve d'Australie (RBA) rendra sa décision mardi, suivie mercredi par la Riksbank suédoise, puis jeudi par la Banque d'Angleterre (BoE) et la Norges Bank.

La Réserve fédérale américaine (Fed), la Banque centrale européenne (BCE) et la Banque du Japon (BoJ) ont toutes trois annoncé ces derniers jours le maintien de leurs taux, mais les marchés s'attendent à ce que la RBA, la Riksbank et la BoE relèvent leurs taux.

Il s’agirait de la cinquième hausse cette année pour la banque centrale australienne, qui lutte contre une inflation tenace, mais de la première pour la Suède et le Royaume-Uni.

Ces deux dernières ont jusqu’à présent adopté une attitude attentiste, mais les risques croissants d’inflation renforcent la nécessité d’agir.

La banque centrale norvégienne est plus avancée sur la voie du resserrement monétaire, puisqu’elle a déjà relevé ses taux à deux reprises cette année.

5/ VIGILANCE AU BRÉSIL

Face aux résultats inattendus de l'élection présidentielle au Brésil, la banque centrale du pays doit composer avec une conjoncture et des prévisions de marché chamboulées pour prendre mercredi sa décision de politique monétaire.

La victoire du sénateur de droite Flavio Bolsonaro au premier tour avait initialement rassuré les marchés. Mais le retour en force au second tour et la victoire de l'actuel président de gauche Luiz Inácio Lula da Silva ont inversé cette tendance, entraînant une forte baisse des valeurs brésiliennes et de la devise nationale, le real.

L’incertitude politique complexifie le cycle d’assouplissement qui a ramené les taux d’intérêt brésiliens à 13,75%, faisant de la décision de politique monétaire et des orientations de la banque centrale de la première économie d'Amérique latine un sujet central pour les investisseurs.

Les marchés seront également attentifs au choix du ministre des Finances par Lula, à l'affut d’indices sur la future politique budgétaire.

(Rédigé par Lewis Krauskopf à New York, Rae Wee à Singapour, et Dhara Ranasinghe, Amanda Cooper, Sophie Kiderlin et Karin Strohecker à Londres, graphiques par Kripa Jayaram, compilé par Alun John ; version française Coralie Lamarque, édité par Augustin Turpin)