POINT HEBDO-Les marchés soupèsent la technologie, entre effondrement et rebond
information fournie par Reuters 06/11/2026 à 12:48

Les acteurs des marchés financiers mondiaux abordent la semaine à venir en espérant que la tempête qui secoue les valeurs technologiques s'apaise et qu'il n'y ait pas de nouvelle escalade dans le conflit avec l'Iran, susceptible de faire à nouveau flamber les cours pétroliers.

Les investisseurs surveilleront également de près des données clés aux États-Unis et en Chine, l'ouverture en Turquie de la 31e Conférence des Nations unies sur le climat (COP31), ainsi que les négociations acharnées pour désigner le prochain président de la Banque centrale européenne (BCE).

Tour d'horizon des prochains jours pour les marchés :

1/ L'IA TRIME

Le revers infligé au président républicain Donald Trump par la victoire des démocrates aux élections de mi-mandat aux États-Unis marque un nouveau coup dur pour le secteur de la "Big Tech".

Le Nasdaq .IXIC a chuté de 5,52% jeudi, faisant perdre 2.500 milliards de dollars à ce seul indice à forte composante technologique. Il s'agit de sa pire performance depuis la débâcle du "Jour de la Libération" et l'annonce de droits de douane massifs en avril 2025.

Alors que les inquiétudes s’intensifiaient déjà concernant le coût stratosphérique du développement de l’IA, le retour en force des démocrates fait craindre une réglementation plus stricte sur le secteur.

Les victoires démocrates au Texas et en Géorgie reflètent le rejet des électeurs à l’égard des centres de données, qui sont au coeur de l'essor de l’IA, mais qui sont également inesthétiques, bruyants et énergivores autant en eau qu'en électricité.

Certains pensent qu’un compromis pourrait être trouvé, l’IA étant devenue un moteur économique essentiel. Mais si la déroute se poursuit la semaine prochaine, les inquiétudes concernant la croissance risquent de s’amplifier et nombreux seront ceux qui se demanderont si un maillon du système financier lié à tout cela ne risque pas de céder.

2/ L'IPC SUIVI DE PRÈS

Les données sur l'économie aux États-Unis et l’évolution des cours du pétrole au cours de la semaine prochaine pourraient déterminer si la Réserve fédérale américaine (Fed) relèvera ses taux d’intérêt une dernière fois avant la fin de l’année.

L’indice des prix à la consommation (IPC) américain sera publié mardi et devrait afficher une hausse mensuelle de 0,3%, selon un sondage Reuters, en plus de l'indicateur des prix à la production (PPI) attendu vendredi.

À l’heure actuelle, les opérateurs tablent sur une probabilité de plus de 80% d’une hausse des taux par la Fed lors de sa réunion des 8 et 9 décembre. Il s'agirait du deuxième relèvement de la Fed en trois ans, après la hausse de septembre.

Vient ensuite le pétrole. Les cours du brut ont reculé cette semaine après que la défaite cuisante des républicains aux élections de mi-mandat aux États-Unis a alimenté les paris selon lesquels le président Donald Trump pourrait chercher à apaiser la crise avec l’Iran. Tout signal à ce sujet, dans un sens ou dans l’autre, sera déterminant.

3/ QUI POUR PRÉSIDER LA BCE ?

La croissance économique européenne s’est montrée étonnamment résistante cette année, malgré des prix de l’énergie exorbitants et des coûts d’emprunt en hausse.

La semaine à venir constituera un nouveau test avec la publication des chiffres trimestriels de l’emploi, ainsi qu’une estimation plus précise du PIB trimestriel. Les chiffres préliminaires du troisième trimestre publiés le mois dernier indiquaient une croissance de 0,4%.

Si ce chiffre se confirme, il redonnera du baume au coeur aux participants à la réunion des ministres des Finances de la zone euro prévue lundi, où l’un des principaux sujets à l’ordre du jour sera la succession de Christine Lagarde, qui quittera en février prochain la présidence de la BCE.

Les nominations sont sur le point d’être finalisées et les candidats pressentis sont l’ancien gouverneur de la banque centrale néerlandaise, Klaas Knot, et l’Espagnol Pablo Hernández de Cos, directeur général de la Banque des règlements internationaux (BRI).

L’Union européenne (UE) espère nommer un nouveau président de la BCE d’ici son sommet de mi-décembre.

4/ LUEUR SUR LA COP

La 31e Conférence des Nations unies sur le climat (COP31) s’ouvre lundi en Turquie. Plus de 80 dirigeants mondiaux devraient y participer, dans un contexte d’aggravation des phénomènes météorologiques extrêmes qui ont provoqué une série de catastrophes dévastatrices cette année.

Les États-Unis n’étant pas officiellement engagés sous la présidence de Donald Trump, climatosceptique, la défaite cuisante qu’il a essuyée lors des élections de mi-mandat constituera une lueur d’espoir pour certains, même si les efforts visant à former des coalitions de pays volontaires pour éliminer progressivement les combustibles fossiles et mettre un terme à la déforestation devront se poursuivre.

Alors que la guerre au Moyen-Orient maintient les prix du pétrole et du gaz à un niveau élevé, la Turquie, pays hôte, exhorte également les nations à accélérer la transition vers les énergies vertes afin que 35% de l’énergie mondiale provienne de l’électricité d’ici 2035, contre environ 23% actuellement.

Mais la question épineuse du financement planera sur l’ensemble des discussions. Alors que de nombreux pays riches réduisent considérablement leur aide au développement, les pays en développement vulnérables se tourneront une nouvelle fois vers la communauté internationale pour obtenir davantage de soutien afin de faire face au changement climatique.

(Rédigé par Dhara Ranasinghe, Alun John et Simon Jessop à Londres, Lewis Krauskopf à New York et Gregor Stuart Hunter à Singapour, infographies par Vineet Sachdev, compilées par Marc Jones ; version française Coralie Lamarque, édité par Augustin Turpin)