POINT HEBDO-Les marchés ont les yeux rivés sur Washington
information fournie par Reuters 01/11/2024 à 15:27

Les Américains se rendent aux urnes mardi pour choisir leur prochain président, une élection opposant la vice-présidente démocrate sortante Kamala Harris au candidat républicain Donald Trump qui s'annonce très serrée.

L'issue du scrutin aura de vastes conséquences sur les marchés financiers, le commerce mondial avec la Chine et la politique monétaire tant outre-atlantique qu'en Grande-Bretagne par exemple, où la Banque d'Angleterre prévoit une réunion la semaine prochaine.

Aperçu de la semaine qui attend les marchés.

1/TOUS AUX URNES

La campagne électorale américaine, qui a déjà chamboulé les marchés, touche enfin à sa fin.

Selon certains traders, les hausses récentes des rendements des bons du Trésor et du dollar indiquent que les marchés anticipent une victoire de Donald Trump. Les sondages suggèrent néanmoins que la course sera très serrée.

Les investisseurs pourraient souhaiter un résultat plus clair, craignant qu'une élection potentiellement contestée et une longue période d'incertitude politique ne constituent un risque important pour les marchés.

Pendant ce temps, le bitcoin , la "valeur Trump" par excellence, s'approche à nouveau de son plus haut niveau historique.

2/LE LENDEMAIN

Le lendemain de l'élection américaine, la Réserve fédérale entame sa réunion sur les taux directeurs. Les discussions tourneront autour de l'impact potentiel des décisions du prochain président américain sur la dynamique de croissance et de l'inflation.

Pour l'instant, les données récentes montrent que l'économie américaine est plus solide que prévu, amenant certains investisseurs à se demander si la Fed n'a pas commis une erreur de jugement lorsqu'elle a lancé son cycle d'assouplissement avec une baisse des taux de 50 points de base en septembre. Une réduction plus modeste de 25 points de base est attendue jeudi.

Les investisseurs espèrent que la déclaration de la Fed et la conférence de presse de son président Jerome Powell leur montreront si les décideurs politiques croient que la résilience économique se poursuivra, et s'ils pourraient réduire les taux de manière moins agressive que prévu. D'après les contrats à terme liés au taux directeur de la Fed, les investisseurs prévoient des réductions d'environ 120 points de base d'ici la fin de l'année.

3/ QUEL AVENIR POUR LES EXPORTATIONS CHINOISES ?

La Chine annonce jeudi ses chiffres commerciaux pour le mois d'octobre, certains craignant qu'il s'agisse de l'une des dernières publications dont les investisseurs puissent attendre qu'elle inspire l'optimisme, en fonction de l'issue du scrutin américain.

La menace de Donald Trump d'imposer des droits de douane de 60% à la Chine a ébranlé le secteur industriel du pays, qui vend aux États-Unis plus de 400 milliards de dollars de marchandises par an.

La dynamique des exportations ayant été l'un des seuls phares de l'économie chinoise en difficulté, une victoire de Donald Trump serait susceptible de venir tout chambouler.

Les données sur l'inflation d'octobre sont attendues le 9 novembre. Il s'agit des premiers chiffres sur un mois complet depuis que les autorités chinoises ont dévoilé en septembre un ensemble de mesures de relance. Ils pourraient donner une première indication de la façon dont les consommateurs nationaux ont réagi aux efforts de Pékin pour soutenir la croissance.

4/ QUI M'AIME ME SUIVE

Souvent, lorsque la Fed agit, les autres banques centrales suivent. L'issue du scrutin américain pourrait cependant changer cette dynamique.

Une victoire de Donald Trump, et par conséquent la possibilité d'une guerre commerciale, pèseraient sur les économies dépendantes des exportations. La hausse de l'inflation américaine qui en résulterait ainsi que le raffermissement du dollar pourraient contraindre la Fed à réduire ses taux plus lentement, tandis que d'autres banques centrales seraient confrontées à une baisse de la croissance liée à une hausse des droits de douane.

Pour l'instant cependant, tout se passe comme d'habitude.

La Banque d'Angleterre devrait réduire ses taux de 25 points de base jeudi. Les éventuels effets inflationnistes du nouveau budget du gouvernement travailliste pourraient se traduire par moins de baisses en 2025, quelle que soit l'évolution de la situation aux États-Unis.

Les décideurs politiques des pays émergents d'Europe, quant à eux, devraient être soumis à une pression accrue. La banque centrale de Pologne, qui maintient ses taux depuis un peu plus d'un an, rendra sa décision mercredi et la République tchèque devrait procéder à une nouvelle réduction de ses taux jeudi.

(Compilé par Karin Strohecker; version française Pauline Foret, édité par Kate Entringer)