POINT HEBDO-Le conflit au Moyen-Orient toujours au centre de l'attention (actualisé) information fournie par Reuters 13/04/2026 à 08:24
(Répétition avec actualisation des évènements du week-end)
La guerre en Iran concentre toujours l'attention alors que les pourparlers entre Washington et Téhéran, menés samedi au Pakistan, n'ont donné lieu à aucune avancée concrète, laissant planer des doutes supplémentaires sur le respect du cessez-le-feu de deux semaines.
Pour accroître la pression sur Téhéran, Donald Trump a annoncé un blocage de tous les ports iraniens par la marine américaine, faisant à nouveau flamber les cours du pétrole.
Les jours à venir donneront également une première idée des répercussions du conflit pour les grandes entreprises et la deuxième économie mondiale, la Chine.
Tour d'horizon des perspectives de marchés dans les jours à venir :
1/ DES DISCUSSIONS IMPORTANTES
Les cours de référence du pétrole ont rebondi au-dessus de 100 dollars le baril lundi alors que la marine américaine se prépare à mettre en oeuvre un blocage du détroit d'Ormuz, après l'échec samedi de premières négociations entre Washington et Téhéran depuis l'annonce d'un cessez-le-feu de deux semaines.
L'annonce d'un cessez-le-feu la semaine dernière avait fait repasser les cours de référence du pétrole sous la barre des 100 dollars le baril et déclenché une flambée des marchés boursiers mondiaux.
Mais les pourparlers ont fait long feu: après 21 heures de négociations, le vice-président américain J.D. Vance a déclaré dimanche que la délégation américaine quittait le Pakistan sans être parvenue à un accord avec Téhéran.
J.D. Vance a précisé que l'Iran avait choisi de ne pas accepter les conditions américaines, notamment de ne pas se doter d'armes nucléaires.
Le commandement central de l'armée américaine (Centcom) a déclaré que les troupes américaines mettraient en oeuvre, ce lundi à partir de 10h00 heure de Washington (14h00 GMT), un blocus de tous les ports iraniens, dans les deux sens.
2/ EN ROUTE VERS WASHINGTON
L'impact de la guerre en Iran et la montée des risques géopolitiques seront au cœur des préoccupations des ministres des Finances du monde entier qui se réuniront à Washington pour les réunions de printemps du Fonds monétaire international et du Groupe de la Banque mondiale.
La semaine sera ponctuée de rapports et de prévisions — les rapports "Perspectives de l'économie mondiale" et "Stabilité financière mondiale" du Fonds sont attendus mardi, suivis de mises à jour régionales — et personne ne s'attend à de bonnes nouvelles. Les ministres des Finances et les gouverneurs des banques centrales du G7 et du G20 se réuniront également.
La guerre devrait freiner la croissance, aggraver l'insécurité alimentaire et augmenter les coûts d'emprunt, tout en intensifiant les pressions sur les prix en raison de la hausse des coûts énergétiques.
Confrontés à un nouveau choc après la COVID-19, la guerre de la Russie contre l’Ukraine et les turbulences commerciales, un certain nombre de pays en développement devraient demander une aide supplémentaire au Fonds.
3/ LES BANQUES PUBLIENT LEURS RÉSULTATS DU 1ER TRIMESTRE
Nous commencerons également à avoir une idée de l'impact de la guerre sur les entreprises, avec la publication des résultats des grandes banques américaines et de quelques autres grands noms mondiaux.
Goldman Sachs GS.N publie ses résultats lundi, tandis que JPMorgan JPM.N , la plus grande banque américaine, est attendue mardi, tout comme Wells Fargo WFC.N et Citigroup C.N . La solidité des revenus d'intérêts et des commissions de banque d'investissement devrait les aider à afficher des bénéfices trimestriels en hausse.
Parmi les autres résultats attendus cette semaine, citons ceux de Netflix NFLX.O , Johnson & Johnson JNJ.N et PepsiCo
PEP.O , ainsi que ceux de la société taïwanaise TSMC 2330.TW et des sociétés européennes ASML ASML.AS et LVMH LVMH.PA .
Les bénéfices du S&P 500 devraient avoir progressé de plus de 14%, mais les répercussions de la guerre viendront assombrir ces résultats, notamment les effets d'entraînement de l'inflation liés à l'énergie.
4/ QU'EN EST-IL DE LA CHINE ?
Les données chinoises clés publiées jeudi donneront un premier aperçu de la manière dont la deuxième économie mondiale s'adapte à une trajectoire de croissance plus lente et à la guerre.
Pékin devrait annoncer une croissance du produit intérieur brut (PIB) de 5% en glissement annuel au premier trimestre, selon la prévision médiane d'un sondage LSEG réalisé auprès de 11 analystes.
La croissance du PIB chinois a ralenti pour atteindre son plus bas niveau en trois ans, à 4,5%, au dernier trimestre de 2025, et en mars, le gouvernement a fixé un objectif légèrement inférieur pour 2026, cherchant à rééquilibrer l'économie et à rester compétitif face aux États-Unis.
5/ ET LA HONGRIE ?
Après 16 ans de règne de Viktor Orbán en Hongrie, les investisseurs s'apprêtent à voir un tournant politique dans le pays d'Europe centrale après la défaite du dirigeant nationaliste dimanche lors des élections législatives face à Peter Magyar, 45 ans, chef de file du parti de centre-droit Tisza.
La victoire de Peter Magyar laisse entrevoir des réformes importantes alors que Budapest était sous Viktor Orban en désaccord profond avec l'Union européenne sur un éventail de sujets, les détracteurs à Bruxelles du dirigeant nationaliste dénonçant une subversion des normes démocratiques.
Ces résultats devraient aussi avoir des implications majeures non seulement en Hongrie mais aussi pour l'UE et pour l'Ukraine, alors que Viktor Orban avait récemment mis son veto à un projet européen de prêt de 90 milliards d'euros à Kyiv.
(Rédigé par Karin Strohecker, Marc Jones et Alun John à Londres, Lewis Krauskopf à New York et Rocky Swift à Tokyo, graphiques par Vineet Sachdev, Karin Strohecker et Marc Jones, compilé par Alun John, Mara Vîlcu pour la version francaise, édité par Augustin Turpin)