POINT HEBDO-L'Arctique, la Fed et la "tech" à l'agenda d'une nouvelle semaine chargée information fournie par Reuters 23/01/2026 à 14:39
Après une semaine mouvementée marquée par des menaces douanières de Donald Trump liées au Groenland, puis une volte-face dont le président américain est coutumier, les investisseurs doivent s'attendre à une actualité encore chargée dans les prochains jours, avec la première réunion de l'année de la Réserve fédérale (Fed), la campagne électorale au Japon et une série de résultats de grandes entreprises, dont Apple, Tesla et Microsoft.
Tour d'horizon des perspectives de marchés dans les jours à venir :
1/ DÉGEL AU GROENLAND ?
Maintenant que le président américain Donald Trump semble avoir fait marche arrière dans son affrontement avec ses partenaires européens de l'Otan au sujet du Groenland, les marchés — à l'exception notable des investisseurs dans l'or et les entreprises d'armement — espèrent que les tensions continueront à s'apaiser.
Pour s'en assurer, il faudra avoir plus de détails concrets sur "l'accord-cadre" annoncé cette semaine à Davos, en vertu duquel l'Otan devra renforcer sa présence dans l'Arctique. Ainsi qu'aucune nouvelle surprise sur les réseaux sociaux du locataire de la Maison blanche susceptible de venir troubler le calme relatif.
Cela pourrait contribuer à ramener les marchés d'actions à des niveaux records et freiner la course de l'or vers les 5.000 dollars l'once.
2/ LES PROJECTEURS SUR LA FED
La Fed tient mardi et mercredi sa première réunion de l'année. Alors qu'un statu quo sur les taux est largement attendu, l'attention pourrait se porter essentiellement sur les menaces qui pèsent sur l'indépendance de la banque centrale américaine.
Il s'agira de la première conférence de presse du président de la Fed, Jerome Powell, depuis la révélation plus tôt ce mois-ci de l'ouverture d'une enquête le visant de la part de l'administration Trump - officiellement concernant la rénovation pour plusieurs millions de dollars du siège de l'institution.
Le patron de la banque centrale a qualifié cette initiative de "prétexte" visant à exercer une plus grande influence sur l'évolution des taux d'intérêt, alors que Donald Trump plaide depuis son retour la Maison blanche il y a tout juste un an en faveur d'une réduction plus agressive des coûts d'emprunt.
Cette affaire s'ajoute à celle portée devant la Cour suprême des États-Unis concernant la tentative de Donald Trump de destituer la gouverneure Lisa Cook et à sa décision prochaine quant à la succession de Jerome Powell à la tête de la Fed lorsque son mandat prendra fin en mai.
Selon le secrétaire américain au Trésor, Scott Bessent, Donald Trump pourrait prendre sa décision au sujet du futur patron de la Fed dès la semaine prochaine.
3/ SONT-ILS MAGNIFIQUES ?
Quatre des géants technologiques américains qui font partie du club des "Sept Magnifiques" publieront leurs résultats la semaine prochaine : Microsoft MSFT.O , Apple AAPL.O , Meta
META.O et Tesla TSLA.O sont à l'ordre du jour, tout comme le sud-coréen Samsung 005930.KS , autre grand nom de l'industrie.
La question clé sera de savoir dans quelle mesure leurs dépenses colossales — financées de plus en plus par l'endettement — dans la course mondiale en matière d'IA sont réellement rentables, après les doutes apparus fin 2025 dans un contexte de valorisations record du secteur.
Il ne suffit plus désormais de simplement dépasser les prévisions. Les entreprises doivent les battre largement et proposer des orientations suffisamment audacieuses pour que les investisseurs se sentent à l'aise avec leurs valorisations stratosphériques.
Abstraction faite des troubles géopolitiques de ces deux dernières semaines, ce sont les segments du marché autres que l'IA qui enregistrent actuellement les meilleurs résultats. Les investisseurs de la "tech", habitués à des résultats spectaculaires, pourraient donc exiger encore plus.
4/ SEMAINE INTENSE AU JAPON
La campagne électorale s'intensifiera au Japon la semaine prochaine en vue des élections législatives anticipées du 8 février prochain, que la Première ministre Sanae Takaichi a convoquées pour tenter de renforcer son contrôle sur le Parti libéral-démocrate au pouvoir.
Les promesses de Sanae Takaichi de relancer la dépense et de suspendre la taxe sur les ventes de produits alimentaires pendant deux ans ont pénalisé le yen et les obligations d'État japonaises, à tel point que la ministre des Finances, Satsuki Katayama, a dû appeler au calme cette semaine et que la Banque du Japon (BoJ) a laissé entendre qu'elle allait relever ses taux d'intérêt.
Les analystes craignent que le yen se soit écarté de son point de référence traditionnel — la différence entre les taux d'intérêt à long terme japonais et américains —, ce qui, conjugué au comportement erratique du marché obligataire, montre que les investisseurs s'inquiètent du ratio dette/PIB de 221% du pays.
(Graphes dePrinz Magtulis, compilé par Marc Jones, version française Diana Mandia, édité par Blandine Hénault)