POINT HEBDO-Des crises aux enjeux élevés éprouvent les marchés information fournie par Reuters 21/09/2026 à 06:00
Les marchés mondiaux s'apprêtent à vivre une nouvelle semaine décisive, marquée par un sommet entre les présidents américain et chinois à Washington et par l'Assemblée générale des Nations unies, dans un contexte de crises mondiales qui ne cessent de se multiplier.
Les marchés obligataires mondiaux devront assimiler les données sur les directeurs d'achat (PMI), tandis que le débat sur les moyens d'empêcher l'intelligence artificielle (IA) d'anéantir l'humanité fait rage.
Tour d'horizon des jours à venir pour les marchés :
1/ RENCONTRE ENTRE PUISSANTS
L’événement phare de la semaine prochaine sera la visite d’État de trois jours du président chinois Xi Jinping à Washington, où il rencontrera son homologue américain Donald Trump.
Les deux hommes se sont rencontrés pour la dernière fois à Pékin en mai et ont entretenu des relations globalement stables depuis une trêve commerciale fragile conclue en octobre dernier.
Les marchés épieront comment la rencontre se déroulera cette fois-ci, compte tenu des événements intervenus depuis, notamment en ce qui concerne la guerre en Iran.
Les alliés américains en Asie craignent également que Donald Trump ne soit tenté d’assouplir son soutien à Taïwan en échange d’un avantage économique à l’approche des élections de mi-mandat aux États-Unis, tandis que la course effrénée à l’IA entre les États-Unis et la Chine et le renforcement militaire américain dans l’espace constitueront d’autres sujets brûlants, compte tenu de l’intensité de la rivalité entre les deux pays.
Donald Trump tiendra également un dîner d’État à la Maison blanche. Il s’agit seulement du deuxième de son mandat actuel et la liste des invités devrait compter un grand nombre de dirigeants du secteur technologique, dont le président-directeur général de Nvidia, Jensen Huang.
2/ LE MARCHÉ OBLIGATAIRE INQUIÈTE TOUJOURS
Les données préliminaires de l’indice des directeurs d’achat (PMI) du secteur manufacturier américain, qui seront publiées mercredi, donneront matière à réflexion aux marchés obligataires mondiaux, actuellement en ébullition.
Alors que le rendement des bons du Trésor américain à dix ans, un indicateur clé des coûts d’emprunt mondiaux et des devises, a touché le seuil psychologique important des 5%, et que la Réserve fédérale (Fed) a procédé à sa première hausse des taux d’intérêt depuis plus de trois ans, les investisseurs attendent donc de voir si la situation va basculer.
Mais de nombreux actifs ne se comportent pas comme le suggèrent les manuels de finance. Les marchés boursiers mondiaux n'ont pratiquement pas fléchi au cours du dernier mois et le billet vert n'a pas vraiment progressé non plus, malgré la hausse des rendements des bons du Trésor.
Il serait toutefois audacieux d’ignorer le rendement des bons du Trésor à dix ans, compte tenu des raisons pour lesquelles il a grimpé.
3/ L'ONU SOUS PRESSION
La 81e session de l’Assemblée générale des Nations Unies s’ouvre sur fond de profonde paralysie multilatérale et de crises mondiales qui se multiplient, avec pour thème tout au long de la semaine : "Restaurer la confiance, gérer la transformation".
Le principal sujet d’intérêt sera l’aggravation des fractures d’un ordre mondial en pleine fragmentation. Alors que les conflits dans l’impasse en Ukraine et au Moyen-Orient creusent le fossé entre l’Occident et les pays du Sud, les débats mettront en lumière le coût de la diplomatie transactionnelle.
Les marchandages en coulisses concernant la succession au poste de secrétaire général de l’Onu s’intensifieront également, servant de champ de bataille par procuration pour l’influence future des superpuissances.
Parallèlement, des tables rondes d’urgence sur la gouvernance de l’IA, les menaces liées au changement climatique mondial et les mécanismes de dette souveraine permettront de vérifier si des États fragmentés peuvent encore s’unir sur les questions clés, ou éviter un "monde de forteresses" qui menace la stabilité économique mondiale.
4/ LA MENACE IA
Le développement de l’IA restera au centre des débats, alors que les entreprises, les gouvernements et les investisseurs sont tous confrontés à des avertissements de plus en plus apocalyptiques concernant les dangers de cette technologie émergente.
Les appels lancés ce mois-ci par le patron d’Anthropic et d’autres dirigeants de laboratoires d’IA de premier plan pour ralentir son développement interviennent dans un contexte de déclarations alarmistes concernant ses menaces potentielles pour l’humanité elle-même, des inquiétudes qui ont commencé à peser sur les cours boursiers des géants des semi-conducteurs et des "hyperscalers", au coeur de cet essor.
Les investisseurs attendent toutefois désormais des signes plus concrets indiquant que la tendance va réellement ralentir avant de déclarer que la hausse stratosphérique des actions du secteur de l'IA et des dépenses d'investissement associées, observée ces deux dernières années, est bel et bien terminée.
Le président américain Donald Trump a qualifié les récentes mises en garde sur l'IA de "complot malfaisant" laissant entendre qu’il ne laissera pas les développeurs freiner leurs efforts, tandis que la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, souhaite réunir les principaux acteurs de l’IA en Europe pour discuter des risques.
(Rédigé par Gregor Stuart Hunter à Singapour, Marc Jones et Naomi Rovnick à Londres et Lewis Krauskopf à New York, graphiques par Sumana Sen, compilés par Marc Jones ; version française Coralie Lamarque, édité par Augustin Turpin)