Pétrole: Les cours du brut grimpent avant le blocus US des ports iraniens information fournie par Reuters 13/04/2026 à 07:28
par Florence Tan et Jeslyn Lerh
Les prix du pétrole ont rebondi au-dessus de 100 dollars le baril lundi alors que la marine américaine se prépare à mettre en oeuvre un blocage du détroit d'Ormuz, après l'échec samedi de premières négociations entre Washington et Téhéran depuis l'annonce d'un cessez-le-feu de deux semaines.
Le contrat à terme sur le pétrole Brent de la mer du Nord pour livraison juin grimpe de 7,4% à 102,25 dollars le baril à 04h50 GMT. Il avait reflué jusqu'à près de 90 dollars après l'annonce de la trêve jeudi dernier.
Celui sur le pétrole brut léger américain bondit de 8,4% à 104,69 dollars le baril.
"Le marché est désormais largement revenu à ses conditions d'avant le cessez-le-feu, sauf que les États-Unis bloqueront désormais également les flux restants, jusqu'à 2 millions de barils par jour, liés à l'Iran et transitant par le détroit d'Ormuz", souligne Saul Kavonic, responsable de la recherche chez MST Marquee.
Le commandement central de l'armée américaine (Centcom) a déclaré que les troupes américaines mettraient en oeuvre, lundi à partir de 10h00 heure de Washington (14h00 GMT), un blocus de tous les ports iraniens, dans les deux sens.
Ce blocus va être "appliqué impartialement contre les navires de toutes les nations entrant ou quittant les ports et zones côtières" de l'Iran, dont "tous les ports iraniens dans le Golfe d'Arabie et dans le Golfe d'Oman", a indiqué le Centcom via le réseau social X.
La liberté de navigation dans le détroit d'Ormuz ne sera pas entravée pour les bateaux en provenance et à destination de ports non-iraniens, a-t-il précisé dans son communiqué.
Le président Donald Trump a reconnu dimanche que les prix du pétrole et de l'essence pourraient rester élevés jusqu'aux élections américaines de mi-mandat de novembre.
"La simple menace de mesures coercitives a suffi à réévaluer le risque, démontrant à quel point le pétrole reste vulnérable aux facteurs géopolitiques", pointe Priyanka Sachdeva, analyste de marché chez Phillip Nova.
"Le retour à des prix à trois chiffres, soit la hausse de la prime de risque géopolitique qui s'était brièvement estompée lors des précédentes séances avec le cessez-le-feu, semble justifié", ajoute-t-il.
(Rédigé par Florence Tan et Jeslyn Lerh ; version française Blandine Hénault, édité par Augustin Turpin)