Pétrole: L'envolée des prix montre peu de signes d'accalmie après près d'un mois de guerre information fournie par Reuters 27/03/2026 à 16:21
Les prix du pétrole poursuivent leur flambée vendredi, avec une hausse de plus de 52% sur le mois mars, à quelques heures seulement du premier mois de la guerre que mènent Israël et les États-Unis contre l'Iran.
A 14h36 GMT, le Brent, référence mondiale pour les cours du brut, avance de 2,24% à 110,43 dollars le baril, tandis que le brut léger américain (West Texas Intermediate, WTI) gagne 3,51% pour ressortir à 97,82 dollars.
L'envoléee du Brent depuis le début de l'année dépasse les 80%.
La guerre en Iran et sa rapide extension aux pays du Golfe perturbent la production de brut et ont entraîné la fermeture de facto du détroit d'Ormuz, par lequel transite environ 20% du pétrole et du gaz naturel liquéfié (GNL) dans le monde, faisant flamber les prix de l'énergie et entraînant une forte volatilité.
La volte-face du gouvernement américain concernant ses menaces à l'encontre des infrastructures énergétiques iraniennes, ainsi que ses déclarations sur d'éventuelles négociations de paix avec Téhéran, ont provoqué lundi l'un des plus grands revirements de cours jamais enregistrés.
Même si cette semaine très agitée devrait permettre aux cours du pétrole d'enregistrer leur première baisse hebdomadaire depuis le 9 février dernier, les investisseurs restent prudents alors que les prix se maintiennent à des niveaux élevés et que le répit observé n'a été que temporaire.
Le marché observe également avec inquiétude la possibilité d'un renforcement des troupes américaines au Moyen-Orient, un scénario qui serait perçu comme une escalade significative.
La durée de la guerre reste la principale préoccupation des marchés, car elle déterminera l'ampleur des répercussions sur l'économie et les prix.
"Chaque jour où le passage par le détroit reste restreint, plus de 10 millions de barils de pétrole manquent à l'appel… ce qui resserre encore davantage le marché pétrolier", souligne Giovanni Staunovo, analyste chez UBS.
Les analystes de Macquarie Group ont indiqué que les prix du pétrole baisseraient rapidement si la guerre commençait à s'apaiser prochainement, mais qu'ils resteraient tout de même supérieurs aux niveaux d'avant le conflit.
Toutefois, ils estiment que les prix pourraient grimper jusqu'à 200 dollars si la guerre s'éternisait jusqu'à la fin du mois de juin.
L'envolée des prix de l'énérgie inquiète également les gouvernements, car elle pourrait avoir des répercussions sur l'inflation générale et porter un coup à l'activité économique et aux ménages.
Les gouvernements des pays à travers le monde s'efforcent déjà de protéger les consommateurs et les industriels.
La France doit quant à elle dévoiler plus tard dans la journée des mesures "ciblées" face à la hausse des coûts énergétiques.
(Rédigé par Diana Mandia, avec Robert Harvey, Helen Clark et Sudarshan Varadhan, édité par Benoit Van Overstraeten)