Pétrole : l'AIE anticipe un rebond de la demande malgré la volatilité des marchés
information fournie par Zonebourse 10/07/2026 à 15:33

Selon le rapport de l'Agence internationale de l'énergie (AIE), le marché pétrolier amorce sa reprise. La consommation mondiale devrait augmenter après son point bas du mois de mai, portée par les tendances saisonnières et la libération de la demande accumulée, parallèlement au rebond de l'offre de produits. Si la contraction annuelle s'atténue au fil des trimestres en 2026 (passant de 4,8 mb/j - millions de barils par jour - au 2e trimestre à 1,7 mb/j au 3e trimestre), un rebond de 1,2 mb/j est attendu au 4e trimestre. La croissance prévue de 2 mb/j en 2027 se traduit toutefois par un rythme d'expansion sur deux ans bien inférieur aux tendances historiques.

Production et dynamiques de l'offre

En outre, l'offre mondiale de pétrole a fortement rebondi de 4,1 mb/j pour atteindre 98,8 mb/j en juin. La reprise des flux par le détroit d'Ormuz a soutenu un rétablissement partiel de la production du Golfe.

La production mondiale restait néanmoins inférieure de quelque 9,4 mb/j aux niveaux d'avant-guerre. L'offre est ainsi en passe de reculer en moyenne de 3,7 mb/j pour s'établir à 102,6 mb/j en 2026, sous réserve d'une désescalade rapide des nouvelles hostilités. Si les volumes de transit s'améliorent, l'offre de pétrole augmentera de 7,5 mb/j l'année prochaine.

Evolution des stocks mondiaux

De plus, l'AIE relève que pour la première fois en quatre mois, les stocks mondiaux observés ont progressé de 21 mb en juin, l'accumulation de brut en mer (pétrole sur l'eau) ayant compensé les tirages à terre.

En zone OCDE, les stocks ont encore chuté de 62 mb en juin (après une baisse de 73 mb en mai), une baisse néanmoins amortie par l'injection de 44 mb issus des réserves stratégiques d'État.

Hors-OCDE, les stocks ont reculé de 37 mb, principalement impactés par un net déstockage en Chine (41 mb).

Volatilité des prix et retour au contango

Quant aux prix du pétrole brut de référence, ils ont continué de dégringoler en juin, effaçant tous leurs gains liés à la guerre, alors que le trafic de pétroliers au départ du Golfe reprenait et que l'attention du marché se déplaçait vers la perspective d'une suroffre.

Le brut North Sea Dated a plongé de 22 dollars/baril d'un mois sur l'autre, pour s'établir autour de 68 USD/baril, les écarts intertemporels (time spreads) à court terme revenant en contango*. Cependant, les prix ont augmenté après la violation de l'accord de cessez-le-feu les 7 et 8 juillet, le Dated s'échangeant autour de 77 USD/baril au moment de la rédaction du rapport.

*terme décrivant une situation de marché où le prix d'une marchandise (ici, le pétrole) est plus cher pour une livraison dans le futur que le prix pour une livraison immédiate (généralement en raison des coûts de stockage), ce qui est un signe de forte disponibilité à court terme.