Pernod Ricard rebondit en Bourse après l'annonce de discussions avec Brown‑Forman information fournie par Reuters 27/03/2026 à 10:35
Pernod Ricard rebondit en Bourse vendredi, après avoir confirmé la veille être en discussions avec le groupe américain Brown-Forman, propriétaire de la marque de whisky Jack Daniel's, en vue d'une éventuelle fusion.
Ces pourparlers, qui surviennent quelques jours après l'ouverture de discussions entre Estée Lauder et Puig en vue d'un rapprochement, ont entraîné une baisse du titre Pernod Ricard jeudi.
"A la suite des récentes spéculations parues dans la presse, Pernod Ricard confirme être en discussion avec Brown-Forman concernant un potentiel rapprochement", a indiqué le fabricant français de spiritueux dans un communiqué publié tard jeudi, ajoutant que "ce partenariat s'apparenterait à une fusion entre égaux".
A Paris vendredi, le titre, qui avait terminé la veille sur un recul de 5,72%, gagnait 3,44% à 62 euros vers 08h15 GMT.
Dans une note, les analystes de Jefferies soulignent que le secteur "traverse actuellement une phase de creux " et estiment qu’"une fusion permettrait de dégager des économies à réinvestir afin de relancer la croissance et d’accroître l’effet d’échelle".
Ils ajoutent voir "des avantages stratégiques et commerciaux à un rapprochement" et jugent qu'il existerait "une compatibilité culturelle raisonnable entre la famille Ricard et la famille Brown".
Pernod Ricard a précisé jeudi que "les synergies opérationnelles seraient importantes", précisant toutefois qu'il n'existait "aucune garantie qu'un accord puisse être conclu".
Selon Verushka Shetty, analyste chez Morningstar, "l’opération renforcerait l’exposition de Pernod au marché américain, où le groupe est actuellement en retrait par rapport à son principal concurrent, Diageo".
"Toutefois, des incertitudes subsistent quant au moment où les vents contraires aux États‑Unis s’atténueront et quant à l’évolution future de la demande", souligne-t-il dans une note.
Brown-Forman affiche une capitalisation boursière de l'ordre de 11 milliards de dollars (9,5 milliards d'euros environ) tandis que celle de Pernod-Ricard dépasse 16 milliards d'euros, selon des données LSEG.
Les analystes de JP Morgan s’interrogent dans une note vendredi sur la faisabilité d’une acquisition d’une telle ampleur pour Pernod Ricard, compte tenu de son endettement jugé déjà lourd.
Ils estiment néanmoins que, malgré les différences culturelles à surmonter, "il s’agirait d’une bonne opération pour Pernod Ricard, qui a rencontré des difficultés pour constituer un portefeuille solide aux États‑Unis".
Les analystes de Deutsche Bank se montrent pour leur part plus réservés sur l'opération.
"Bien qu'il soit difficile de se prononcer sur la création de valeur potentielle sans connaître les termes (...), nous serions surpris qu'une telle opération puisse générer une valeur significative pour les actionnaires de Pernod", écrivent-ils dans une note.
(Rédigé par Elena Smirnova, Camille Raynaud et Augustin Turpin, avec Neil J Kanatt à Banglaore et Emma Rumney à Londres; édité par Blandine Hénault)