PÉKIN, 20 juillet (Reuters) - L'opérateur télécoms chinois
Guangzhou Huoyun Information Technology a annoncé avoir commencé
mardi à bloquer les réseaux privés virtuels (VPN) permettant de
contourner le "grand firewall" de Chine, un outil de censure
utilisé par les autorités pour filtrer et contrôler l'accès à
internet.
Dans une loi qui entrera en vigueur dès janvier 2018 et qui
devrait prendre pleinement effet à partir de mars, Pékin a
ordonné aux groupes télécoms de bloquer tout accès aux réseaux
VPN.
En exigeant cela des sociétés de télécommunications, la
Chine étend son emprise sur le cyberespace à un niveau encore
plus bas, dans l'espoir qu'il soit un jour soumis aux mêmes lois
que celles des Etats.
Le grand firewall permet essentiellement de bloquer l'accès
aux serveurs étrangers tandis que les opérateurs télécoms ont la
possibilité de filtrer et de censurer les contenus aussi bien
sur mobile que sur fixe.
"Les opérateurs télécoms ont à leur disposition des moyens
que le grand firewall n'a pas", souligne Philip Motler,
directeur de la technologie chez Golden Frog, plus connu en
Chine sous le nom VyprVPN.
"Comme le trafic sur leur routeur est moins dense, ils
peuvent bloquer plus efficacement les internautes", ajoute-t-il.
Ces dernières semaines, des dizaines de VPN chinois ont été
fermés et des réseaux étrangers ont été attaqués.
Des utilisateurs chinois de la messagerie instantanée
WhatsApp, propriété de Facebook FB.O , ont rapporté cette
semaine que l'application a connu des blocages et des
difficultés.
Des chercheurs ont découvert que des messages concernant Liu
Xiaobo, le dissident chinois lauréat du prix Nobel en 2010 mort
la semaine dernière, avaient disparu des applications de
messageries locales.
(Cate Cadell, Arthur Connan pour le service français, édité par
Claude Chendjou)