Paris stagne autour des 8 400 points, les nouvelles frappes en Iran inquiètent les marchés information fournie par Zonebourse 31/08/2026 à 11:51
A l'approche de la mi-séance, le CAC 40 évolue à proximité immédiate de son point d'équilibre autour des 8 405 points, tandis qu'à Francfort, le DAX recule de 0,60%. De son côté, Londres restera fermée aujourd'hui en raison du "Summer Bank Holiday".
Peu avant midi, l'indice parisien est tiré par Pernod Ricard ( 1,9%) et TotalEnergies ( 1,5%), mais freiné par Dassault Systèmes (-1,5%) et Legrand (-1%).
Les marchés semblent surtout préoccupés par les nouveaux échanges de tirs au Moyen-Orient entre les Etats-Unis et l'Iran. Les forces américaines ont ciblé l'île de Lark, tandis que Téhéran a riposté en tirant des missiles balistiques sur les infrastructures techniques et de maintenance ainsi que sur les sites des bases aériennes en Jordanie.
Les cours du pétrole en pleine ascension
Dans ce contexte, le Brent franchit à nouveau la barre des 90 USD le baril, à 90,5 USD ( 1,1%), tandis que le WTI progresse plus nettement de 3,5%, à 87,6 USD.
Cette hausse des cours profite aux valeurs pétrolières, à l'instar d'Equinor et Repsol ( 2,5% chacun) ou encore d'Eni, d'Aker et de Var, qui s'adjugent 2% chacune.
Le marché pétrolier reste pour l'heure insensible à l'annonce de Donald Trump d'un accord avec le Venezuela portant sur plus de 65 milliards de barils, présenté comme "le plus grand accord pétrolier de l'histoire mondiale".
Selon la Maison-Blanche, l'accord fera pourtant "plus que doubler les réserves pétrolières américaines, augmenter fortement l'approvisionnement en pétrole et contribuer à faire baisser durablement les prix des carburants aux Etats-Unis".
Goldman Sachs estime pour sa part que le retour des volumes de raffinage mondiaux aux niveaux saisonniers n'interviendra qu'au second semestre 2027, en supposant une diminution progressive des perturbations au Moyen-Orient d'ici à mi-2027 et la persistance de celles affectant les raffineries russes.
La Fed reste au centre des attentions
Les investisseurs digèrent également le discours de Kevin Warsh à Jackson Hole, qui a fait part vendredi de sa volonté de maintenir fermement son objectif d'inflation à 2%, mesuré par l'indice des prix des dépenses de consommation personnelle (PCE).
Il estime que l'inflation sous-jacente ne s'est pas "sensiblement améliorée" ces derniers mois, tandis que la croissance reste solide, que le marché du travail demeure proche du plein emploi et que les conditions financières ne sont pas restrictives.
Le président de la Fed a également réaffirmé que les taux d'intérêt à court terme constituaient le principal instrument pour remplir le double mandat de la banque centrale, à savoir assurer la stabilité des prix et favoriser le plein emploi.
Chez Bank of America, ce discours est jugé plus restrictif et plus crédible que la communication de juillet. Les marchés ont renforcé leurs anticipations d'une hausse des taux en septembre, tandis que la courbe des rendements américains s'est aplatie et que le dollar s'est apprécié de 0,2% à 0,6% face aux devises du G10.
Chez Generali, Thomas Hempell, responsable de la recherche macroéconomique et de marché, indique tabler pour l'instant sur une hausse des taux de la Fed après les élections de mi-mandat. L'expert précise toutefois que "le discours de Warsh à Jackson Hole a clairement accru le risque d'une intervention dès septembre". Selon l'outil FedWatch, les marchés évaluent désormais à près de 62% la probabilité d'une hausse des taux à la mi-septembre.
Sur le compartiment obligataire, le rendement de l'OAT française à 10 ans atteint un sommet historique de 4,15% ce matin, malgré le maintien de la note A de Fitch sur la dette souveraine française, assortie d'une perspective stable. De son côté, le Bund allemand à 10 ans grimpe vers 3,30%, soit un spread de 85 pb entre les deux.
Toujours selon Thomas Hempell, "les risques liés aux taux semblent maîtrisés à court terme, mais non résolus à long terme".
Airbus, Mercedes-Benz et Bayer au coeur de l'actualité
Du côté des valeurs, Airbus (-0,19%) songe à se séparer de ses activités spatiales américaines afin de recentrer ses efforts sur la consolidation du secteur satellitaire européen.
Mercedes-Benz (-0,1%) lance un programme de rachat d'actions pouvant atteindre 1 milliard d'euros. Le constructeur automobile prévoit de racheter jusqu'à 58 M de ses propres titres entre septembre 2026 et avril 2027, avant de les annuler.
Bayer ( 0,7%) s'est vu accorder la présentation de dernière minute de nouvelles données d'un essai de phase III sur son agent d'imagerie candidat dans le diagnostic de l'amylose cardiaque, à l'occasion du congrès de la Société européenne de cardiologie (ESC), qui se tient actuellement à Berlin.
Enfin, BNP Paribas ( 0,6%) indique que l'appel dans le dossier soudanais sera tranché sur l'application du droit suisse, qui a été, selon lui, "gravement méconnu" par le tribunal de première instance. En octobre 2025, un jury fédéral de Manhattan avait ordonné au groupe bancaire de verser près de 20,5 MdsUSD à trois plaignants soudanais accusant BNP Paribas d'avoir aidé le gouvernement soudanais à commettre un génocide en fournissant des services bancaires en violation des sanctions américaines.