Paiements, finance, IA : la tokenisation du monde est en marche, selon cet expert
information fournie par Cryptoast 20/10/2026 à 08:00

Paiements, finance, IA : la tokenisation du monde est en marche, selon cet expert

La tokenisation s’impose désormais dans de nombreux domaines, de la finance aux paiements en passant par l’intelligence artificielle. Une réalité qui s’accélère tous azimuts, selon cet expert du Crédit Agricole.

La tokenisation du monde est en marche

Au cours des dernières années, la tokenisation basée sur la blockchain initialement associée à la DeFi s'est déplacée au sein de la finance traditionnelle avec la capacité de révolutionner certains de ses modèles de fonctionnement historiques, à l'aide de solutions comme les bons du Trésor ou les actions tokenisées .

Un secteur des Real-Word Assets (RWA) en forte croissance, qui affiche désormais une valorisation globale de presque 40 milliards de dollars, selon les données du site RWA.xyz, soit une progression de plus de 2 200 % au cours des deux dernières années fortement soutenue par les bons du Trésor US, qui représentent à eux-seuls 14,7 milliards de dollars.

Valeur actuelle du marché des RWA

Un phénomène que l'analyste et expert du Crédit Agricole, Romain Liquard, vient d'étudier plus globalement dans une récente publication intitulée : « La tokenisation du monde est en marche », dans laquelle il explique en substance comment « le phénomène technologique qu’est la tokenisation ou la transformation de l’économie en jeton numérique tous azimuts est clairement entré dans une phase d’industrialisation à l’échelle mondiale ».

Des actifs financiers aux paiements, de l’intelligence artificielle aux échanges entre machines, les tokens gagnent du terrain. Leur multiplication accompagne une transformation profonde des infrastructures de l’économie numérique. Les développements industriels récents révèlent des convergences inattendues et une compétition croissante pour organiser la circulation des formes tokenisées de l’information, du calcul et de la valeur.

« Une économie riche de tokens »

Afin d'étayer ses propos, Romain Liquard mentionne de nombreux exemples de sociétés ayant récemment pris un tournant stratégique décisif dans le domaine de la tokenisation. Une réalité qu'il associe plus particulièrement aux leaders du paiement comme par exemple avec le rachat de la startup BVNK effectué par Mastercard en août dernier pour 1,8 milliard de dollars, à l'origine du récent lancement de sa solution modulaire Global Money Platform qui réunit comptes bancaires, stablecoins et paiements sur une même interface.

Même constat du côté de Stripe, qui a pour sa part obtenu « une position singulière dans l’économie des jetons de l’IA » avec l'acquisition d'OpenRouter pour 8 milliards de dollars. Une startup financée par Andreessen Horowitz (a16z) qui « revendique aujourd’hui plus de 19 000 milliards de tokens traités quotidiennement, à travers plus de 500 modèles d’IA ».

Car le secteur du paiement n'est pas le seul à plonger dans la tokenisation, face à « une économie riche de tokens » où la blockchain permet de représenter toutes sortes d’actifs financiers sous la forme de tokens, pendant que « les modèles d’intelligence artificielle générative découpent quant à eux les informations en unités élémentaires, également appelées tokens ».

Token de paiement, token financier, token du langage, tous ont des mécanismes techniques très différents mais qui convergent. Cela révèle que les infrastructures qui les exploitent commencent à intervenir dans des activités communes, tandis que les entreprises qui les développent étendent progressivement leurs métiers au-delà de leurs propres frontières.

Une tokenisation qui s’accélère tous azimuts

Toutefois, Romain Liquard note une véritable accélération enclenchée depuis le mois de juillet dernier, avec le lancement de l'infrastructure Pontes dédiée aux actifs tokenisés par la BCE, mais également la réalisation des toutes premières transactions clients en livres sterling tokenisées par des banques comme Barclays, HSBC, Lloyds, Monzo et NatWest.

Un élan qui touche également le secteur de l'intelligence artificielle, dont les tokens tendent à se financiariser. En effet, le Shanghai Futures Exchange étudiait en mai dernier la possibilité de lancer des contrats à terme indexés sur les tokens d’IA, pendant que le CME Group annonçait en août son projet de contrats à terme fondés sur les prix de location de deux processeurs Nvidia, toujours en attente de validation de la CFTC.

Autant de secteurs en apparence distincts qui évoluent pourtant dans un environnement de plus en plus connecté, à l'aide de protocoles comme MCP d'Anthropic, Agent Payments Protocol de Google ou le protocole x402 de Coinbase, qui créent des passerelles en permettant à un agent d’IA (tokens de langage) de déclencher un achat (tokens de paiement) réglé en stablecoins ou en dépôts tokenisés (tokens financiers).

Une rencontre entre différentes infrastructures tokenisées qui fait apparaître de nouveaux marchés fondés sur la combinaison de services, mais également des pôles d’influence inédits, structurés autour d’intermédiaires dont le rôle n’existait pas jusqu’ici.

Source : Romain Liquard

Retrouvez cet article sur Cryptoast.fr