P&G avertit que la flambée du pétrole pourrait peser amputer son bénéfice 2027 de $1 md
information fournie par Reuters 24/04/2026 à 15:17

Le détergent Tide, une marque appartenant à Procter & Gamble, est en vente dans un magasin de Manhattan, à New York

Procter & Gamble a dit vendredi que la flambée des prix du pétrole ‌provoquée par le conflit au Moyen-Orient était susceptible de peser à hauteur d'environ un milliard de dollars (853,75 millions d'euros)sur le bénéfice de son exercice fiscal 2027.

Cela ​n'empêche pas pour autant le titre du fabricant américain de bien de grande consommation de gagner 4% à la suite de la publication de résultats trimestriels meilleurs que prévu.

"Une grande partie de nos matériaux est dérivée du pétrole, donc avec un baril autour de 100 dollars, l'impact sur les coûts ​des intrants est significatif", a déclaré le directeur financier Andre Schulten lors d'une conférence de presse.

"La dynamique géopolitique nous a confronté à de nouveaux défis, mais nous continuerons à soutenir pleinement l'entreprise afin de ​maintenir le momentum que nous avons engagé."

Le fabricant de Tide a également ⁠signalé un impact de 150 millions de dollars lié aux coûts des matières premières pour le quatrième trimestre et prévoit que le bénéfice ‌par action de l’exercice 2026 se situera dans le bas de sa fourchette de prévisions, comprise entre stable et une hausse de 4%.

Le groupe, dont le coût des marchandises vendues a atteint 40,85 milliards en 2025, a indiqué que cette ​pression provenait d'une combinaison d'inflation des coûts liée aux matières ‌premières, d'une exposition aux intrants pétrochimiques et de perturbations logistiques dues au conflit au Moyen-Orient.

LES INVESTISSEMENTS DANS ⁠LES PRODUITS PORTENT LEURS FRUITS

Les volumes de P&G ont augmenté dans trois de ses cinq segments au troisième trimestre, soutenus par le lancement de nouveaux produits comme le shampooing Pantene et les soins pour la peau Olay, vendus à des prix plus élevés en Amérique du Nord et en Europe.

Les consommateurs ⁠les plus aisés ont continué d'acheter ‌des produits non essentiels, tandis que les ménages à plus faibles revenus se tournent vers des alternatives moins chères pour ⁠faire face à la hausse du coût de la vie.

"Nous augmentons nos investissements pour accélérer la dynamique auprès des consommateurs malgré un environnement géopolitique et ‌économique difficile", a déclaré Shailesh Jejurikar, devenu directeur général du groupe au début de l'année.

REMBOURSEMENT DES DROITS DE DOUANE

La marge brute ⁠hors effet de change de la société a reculé de 100 points de base, marquant une baisse pour ⁠le sixième trimestre consécutif, en partie ‌en raison des droits de douane et de ses investissements continus dans l'innovation.

P&G a maintenu son estimation d'un impact d’environ 400 millions de dollars des ​droits de douane sur le bénéfice de l’exercice 2026. Environ la moitié de cet ‌impact provient des droits imposés en vertu de l'International Emergency Economic Powers Act, invalidés par la Cour suprême des États-Unis en février.

Le groupe prévoit de suivre la procédure de demande ​de remboursement lancée plus tôt cette semaine, a indiqué un porte-parole à Reuters, ajoutant qu'il n'y avait aucune certitude quant au calendrier des remboursements.

LES SOINS CAPILLAIRES, MOTEUR DE LA CROISSANCE

Au total, les volumes organiques ont progressé de 2%, portés par une croissance de 5% du segment beauté, tandis que ⁠les prix ont augmenté de 1% au troisième trimestre.

L'Oréal a également fait état d'une demande soutenue pour les soins capillaires haut de gamme et les parfums en Amérique du Nord et en Europe, ce qui lui a permis d'enregistrer sa plus forte croissance trimestrielle en deux ans. Beiersdorf, a déclaré envisager des hausses de prix au second semestre si les coûts des matières premières continuaient d’augmenter.

Le chiffre d'affaires trimestriel de P&G a augmenté de 7% sur un an, à 21,24 milliards de dollars, dépassant les estimations de 20,50 milliards, selon des données compilées par LSEG.

(Reportage Juveria Tabassum et Alexander Marrow, version ​française Elena Smirnova, édité par Benoit Van Overstraeten)