Offre de Pershing Square sur Universal Music: "pas bénéfique", selon le PDG du groupe Bolloré information fournie par Boursorama avec AFP 27/05/2026 à 14:48
Le PDG du groupe Bolloré, Cyrille Bolloré, a estimé mercredi que l'offre non engageante de la société d'investissement américaine Pershing Square aux actionnaires d'Universal Music Group (UMG), dont fait partie son groupe, n'était "pas bénéfique", et il souhaite son rejet.
"Je pense que cette offre n'est pas bénéfique et n'a rien de formidable pour la société. Et j'encourage le management de Universal Music à la rejeter", a déclaré Cyrille Bolloré lors de l'assemblée générale du groupe Bolloré, ce qui met en péril cette offre.
Avec une participation à hauteur de 18,4% de son capital, le groupe Bolloré, contrôlé par la famille du milliardaire Vincent Bolloré, est le premier actionnaire d'UMG. Pershing Square détenait quelque 4,7% d'UMG fin 2025.
En avril, Pershing Square, la société d'investissement détenue par l'investisseur activiste Bill Ackman, a fait cette offre qui valorise le géant de l'industrie musicale jusqu'à 55 milliards d'euros.
"Nous pensons que cette transaction aborde de nombreux problèmes pesant sur l'entreprise qui ont empêché Universal de réaliser son plein potentiel en tant qu'entreprise cotée", avait alors expliqué M. Ackman. Il proposait de fusionner UMG avec Pershing Square SPARC, holding ad hoc devant être cotée à la Bourse de New York.
Mais M. Bolloré a lâché mercredi devant les actionnaires de son groupe: "On n'y croit pas. Je ne sais pas si lui-même (M. Ackman) y croit".
Les deux hommes se sont rencontrés depuis l'offre, et Cyrille Bolloré a "regardé ce que pensaient les investisseurs" pour ne pas "juste dire +c'est nul+", a-t-il rapporté.
Ainsi, la maison de disque au catalogue de stars, dont Taylor Swift, The Weeknd et Lady Gaga, est "sûrement une des meilleures actions ou des meilleures sociétés que le groupe a détenu historiquement", selon lui.
Cet actif permet de se protéger "dans les crises économiques qui peuvent arriver" et est doté d'"une capacité de développement extrêmement importante", a ajouté le dirigeant.
Avec un cours "de 27-28 euros, il pourrait tout à fait être envisageable d'en vendre une partie" (quelques pourcentages donc d'Universal Music), mais la proposition à 22 euros est insuffisante, a-t-il expliqué.
De plus, "Bill Hackman et Pershing Square ne font pas une offre avec leur argent" mais essentiellement par l'endettement d'UMG, et ils réclament le contrôle de la société, ce qui n'est pas acceptable pour Cyrille Bolloré.
Enfin, "malgré le caractère avisé financièrement de Bill Hackman, je ne sais pas s'il est compatible avec le management de cette société", a-t-il encore argumenté.
Présentée au conseil d'administration d'Universal, l'offre non engageante doit recevoir, entre autres, l'aval des deux-tiers des actionnaires participant à une réunion non encore programmée. La finalisation est envisagée d'ici fin 2026.
"Sans Bolloré, nous n'avons pas de transaction", avait expliqué Bill Ackman aux analystes en avril.