Nouveau sursis américain de 15 jours pour la compagnie pétrolière serbe NIS information fournie par Boursorama avec AFP 17/06/2026 à 08:30
Les autorités américaines ont à nouveau prolongé de 15 jours la licence d'exploitation temporaire de la compagnie pétrolière serbe NIS, détenue en majorité par des actionnaires russes dont Washington exige depuis des mois le retrait du capital, selon NIS mardi.
"Le département du Trésor des Etats-Unis a délivré une nouvelle licence spécifique à NIS, qui permet à l'entreprise de poursuivre ses activités jusqu'au 1er juillet", écrit la société dans un communiqué.
La licence "autorise le maintien des opérations commerciales, des contrats et d'autres accords impliquant NIS ou ses filiales opérationnelles", a-t-elle ajouté.
NIS, qui approvisionne 80% du marché national, est majoritairement détenue par Gazprom Neft et sa société soeur Intelligence - filiales du géant russe Gazprom - qui contrôlent ensemble 56,15% des actions.
Le gouvernement serbe détient près de 30% du capital, le reste appartenant à des actionnaires minoritaires.
Washington exige depuis début 2025 le retrait des entreprises russes de NIS, menacée par des sanctions financières américaines qui ont été à plusieurs reprises repoussées.
Des négociations sur la vente de la participation russe au géant énergétique hongrois MOL sont en cours depuis des mois, le Bureau de contrôle des avoirs étrangers (OFAC) du Trésor américain ayant prolongé le délai pour leur conclusion jusqu'au 16 juin.
"Le groupe MOL poursuit les négociations avec Gazprom Neft concernant l'acquisition de sa participation de 56,15% dans NIS", avait indiqué MOL plus tôt mardi.
MOL a ajouté avoir signé un "pacte d'actionnaires avec le gouvernement serbe concernant la future gouvernance de NIS" si l'accord est conclu avec les actionnaires russes et approuvé par l'OFAC.
Dans ce cas, le gouvernement serbe achètera 5% supplémentaires du capital de NIS, et la raffinerie de Pancevo fonctionnera pendant au moins dix ans avec la même capacité que durant les quatre années précédant les sanctions américaines, a précisé la ministre serbe de l'Energie, Dubravka Djedovic Handanovic, citée dans un communiqué.
NIS a arrêté la production dans l'unique raffinerie de Serbie, à Pancevo près de Belgrade, début décembre, après l'épuisement des réserves de brut provoqué par l'application des sanctions américaines.
La production a repris en janvier grâce à une licence d'exploitation temporaire, mais cette interruption a ébranlé la Serbie, proche alliée du Kremlin et l'un des rares Etats européens à ne pas avoir sanctionné la Russie pour la guerre en Ukraine.
Avec ses quelque 13.500 employés, NIS a apporté en 2024 plus de 2 milliards d'euros aux caisses de l'Etat, soit près de 12% du budget national.