Nos quatre sélections PEA démarrent bien l’année
information fournie par Les sélections de Roland LASKINE 16/01/2026 à 11:37

Un trader vu de dos (Crédits: Adobe Stock)

Le 16 janvier 2026

S'il suffisait d'attendre que les nouvelles soient bonnes pour la Bourse monte, la vie serait trop simple. Le jeu boursier est ainsi fait que la hausse arrive au moment où s'y attend moins. A l'opposé, rien n'est plus suspect que de lire des commentaires boursiers dithyrambiques dans la presse financière. La chute des cours n'est, dans ce cas, jamais loin ! Cette semaine, l'indice Eurostoxx 50 a franchi un nouveau record historique à plus de 6.000 points, avec des sommets touchés en séance par le CAC 40, le Dax 40, l'Ibex 35 en Espagne et le SMI en Suisse. Le vert s'affiche ainsi sur à peu près toutes les grandes places européennes, alors que le contexte géopolitique est en tension maximale : l'Iran est à feu et à sang, l'armée française se déploie au Groenland, le président vénézuélien est sous les verrous et Cuba s'attend à voir débarquer les « GI » sur ses plages d'un jour à l'autre. La preuve est faite que les investisseurs ont plus intérêt à consacrer le peu de temps libre dont ils disposent à l'analyse des fondamentaux des entreprises, qu'au suivi d'une actualité anxiogène diffusée par des chaînes d'info en continu.

Car, contrairement aux apparences, les fondamentaux sur lesquels se basent les marchés financiers sont bien meilleurs qu'il y paraît. Les profits sont attendus en nette hausse sur l'ensemble des places mondiales : +14,2% pour les prévisions de croissance des bénéfices de l'indice S&P 500 aux Etats-Unis, +12,2% pour les sociétés de l'Eurostoxx 600 et +17% pour celles cotées à Shanghai. En ce qui concerne la zone euro, aucun signe de surévaluation des actions n'est visible. En dépit de la hausse récente des cours, nos valeurs se traitent sur une base encore très raisonnable de 19 fois les profits attendus cette année. La décote des actions européennes s'est renforcée au cours des douze derniers mois, elle atteint un niveau historiquement élevé de l'ordre de 30% par rapport à la cote américaine.

Le flux de liquidités, dont nous bénéficions depuis la mi-novembre, devrait se renforcer dans les mois à venir, les grands fonds internationaux étant à la recherche d'une plus grande diversification de leurs positions hors des « big tech » américaines. A propos des Etats-Unis, même si la tendance se montre un peu hésitante depuis quelques jours, la bonne résilience de la consommation intérieure et de l'investissement contribue à soutenir la cote.

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Le montant de dividendes distribués par les sociétés européennes constitue un argument de fond favorable aux placements en actions. Selon les calculs réalisés par Allianz Global Investors, celui-ci devrait atteindre un niveau historique de 456 milliards d'euros, en progression de 4% par rapport à 2025. Le rendement attendu du dividende devrait, de son côté, ressortir à 3,2% en moyenne, ce qui est peu éloigné du revenu perçu sur les obligations allemandes à 15 ans servant de référence dans ce type de situation. A titre de comparaison, le rendement moyen des actions américaines du S&P 500 n'excède pas 0,65%, un taux à rapprocher des 4,6% servis sur les Fed Fund à 15 ans. Dans leur étude « Dividendes 2026 », les analystes d'Allianz s'attendent à une poursuite de la progression des coupons. Ils rappellent que le dividende constitue une composante essentielle de la performance globale d'un placement en actions puisqu'il qu'au cours des 40 dernières années, il a contribué à hauteur de 39% à la performance totale de l'indice MSCI Europe.

Dans ce contexte, nos quatre portefeuilles PEA démarrent plutôt bien l'année, puisqu'ils dépassent tous le CAC 40. Nous nous gardons bien sûr de tout triomphalisme, mais le retour des fondamentaux au centre des préoccupations des investisseurs favorise la mise en place de stratégies de gestion actives basées sur la recherche de valeurs, ce qui ne peut que ravir les boursiers que nous sommes. Le retour en grâce de la sélection de valeurs se traduit par une belle avancée de notre portefeuille Offensif : +7,4% depuis le début de l'année, comparé à une hausse plus limitée de 2% du CAC 40. Nos dernières acquisitions, très orientées vers des valeurs moyennes cycliques, nous donnent pleine satisfaction. C'est le cas des actions d'Eramet qui se sont envolées de plus de 15% au cours de la semaine passée et d'Imerys (+7%). Ces deux valeurs sont portées par une forte demande de produits de base sensibles aux perspectives de reprise de la croissance mondiale. C'est aussi le cas de Vallourec (9,5%) soutenue par les projets de reprise des forages au Venezuela et, d'une manière plus générale, par la nécessité de rénover les équipements d'exploitation pétrolière laissés à l'abandon après 15 années de dictature marxiste ayant conduit à la ruine complète du pays. Le groupe Vallourec, très implanté en Amérique du Sud, est bien placé pour en profiter. Comme le montrent les graphiques ci-joints, nos trois autres portefeuilles tiennent également le cap.

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Quelle stratégie d'investissement pour les semaines à venir ? Comme nous l'avons annoncé dans nos précédentes revues stratégiques, l'amélioration des perspectives d'activité dans le monde devrait continuer de favoriser les valeurs cycliques, toujours valorisées sur la base de multiples très attractifs par rapport aux grandes valeurs de croissance qui tiennent le haut du pavé depuis le début des années 2020. Les secteurs à privilégier sont ceux des produits de base (métaux et minerais), de la production d'énergie, des matériaux de construction (le ciment notamment) et des infrastructures. Toutes les valeurs sont à la fois portées par les plans de relance publics mis en place en Allemagne, aux Etats-Unis et en Chine, mais aussi par l'accélération de la construction de data centers. La multiplication de projets d'infrastructures liés au fort développement de l'IA constitue en effet un pan non négligeable d'opportunités d'investissement. Les valeurs plus directement orientées vers des activités technologiques sont, hélas, trop rares en Europe. Celles que nous détenons en portefeuille, notamment ASML, Aixtron et Exosens, nous donnent pleine satisfaction. Les acteurs de la « tech » européenne n'ont pas tous bénéficié du même engouement que les ténors du secteur cotés sur le Nasdaq, mais nous ne désespérons pas de les voir revenir en grâce dans les mois à venir. Notre dernier secteur de prédilection reste la finance, dont les valeurs sont toujours faiblement valorisées en dépit des hausses de cours récentes. Ce secteur est bien représenté dans notre portefeuille Défensif, avec plusieurs grandes banques européennes (BNPParibas et Commerzbank) et dans notre sélection Monde au travers d'ETF spécialisés. Le contexte actuel, marqué par des taux d'intérêt à court terme maintenus à un faible niveau par la BCE et des emprunts à long terme octroyés à des conditions nettement plus élevées, soutient les marges de crédit de tous les acteurs de la chaîne de financement.

Bonne lecture et bon week-end à tous,

Roland Laskine