* Actualisé avec prévisions, commentaire d'analyste,
précisions sur Alcatel, cours
HELSINKI, 10 mai (Reuters) - Nokia NOKIA.HE a annoncé
mardi une baisse plus marquée qu'attendu de ses ventes nettes
d'équipements de réseaux au premier trimestre et averti que les
bénéfices de ses principales activités reculeraient cette année
en raison de la dégradation de la demande sur plusieurs marchés
clés.
En présentant ses premiers résultats depuis la prise de
contrôle d'Alcatel-Lucent en janvier, Nokia a en outre relevé
son objectif d'économies liées à la fusion, disant tabler
désormais sur "plus de" 900 millions d'euros de synergies à
l'horizon 2018, au lieu d'"approximativement" 900 millions
d'euros précédemment.
Les ventes nettes de l'activité Réseaux du groupe ressortent
à 5,18 milliards d'euros sur les trois premiers mois de l'année,
en recul de 8% sur le chiffre proforma de la période
correspondante de 2015, alors que les analystes interrogés par
Reuters prévoyaient en moyenne 5,51 milliards.
A la Bourse d'Helsinki, l'action Nokia perdait 1,8% à 4,92
euros à 7h40 GMT tandis que l'indice Stoxx européen du secteur
des hautes technologies gagnait 0,29% .SX8P .
"Alors que la baisse de nos revenus a été décevante, elle
est en grande partie liée aux réseaux mobiles, un secteur dont
le contexte difficile n'est pas une surprise", a déclaré le
directeur général du groupe, Rajeev Suri.
Sur janvier-mars, la chute des ventes a atteint 17% en
Amérique du Nord, premier débouché de Nokia, 11% au
Moyen-Orient, 6% en Asie-Pacifique et 5% en Chine.
Sur l'ensemble de l'année, les ventes nettes de la division
devraient diminuer en raison de la faiblesse des investissements
des opérateurs mobiles et de l'intégration d'Alcatel-Lucent,
explique Nokia.
La marge d'exploitation annuelle est attendue à plus de 7%
pour l'activité réseaux, contre 9,4% prévu en moyenne par les
analystes et 6,5% au premier trimestre.
ALCATEL-LUCENT FAIT MIEUX QUE L'ENSEMBLE DU GROUPE
Les investisseurs estiment que la marge pourrait atteindre
11,6% d'ici 2018, une fois achevée les réductions de coûts liées
à la fusion.
"Les prévisions annuelles sont un peu décevantes. Le marché
reste difficile, ce qui semble accroître la pression en faveur
d'une accélération du programme d'économies", a commenté Mikael
Rautanen, analyste d'Inderes Equity Research.
Il ajoute que le rachat d'Alcatel-Lucent, une opération de
15,6 milliards d'euros payée en actions, semble
rétrospectivement justifiée, les activités d'équipements de
réseaux fixes de l'ex-groupe franco-américain ayant fait mieux
que celles de Nokia au premier trimestre.
Alcatel-Lucent a en effet annoncé un recul de 7% sur un an
de ses ventes sur la période à 3,017 milliards d'euros, et de
8%, à 2,769 milliards, pour son activité réseaux.
Le résultat d'exploitation (Ebit) non IFRS de la division de
réseaux de Nokia a lui augmenté de 61% à 337 millions d'euros,
dépassant le consensus qui était à 270 millions. Au niveau du
groupe, en incluant les revenus des licences et brevets, l'Ebit
est ressorti à 345 millions d'euros contre 349 millions attendu.
Nokia a précisé détenir exactement 94,64% du capital en
actions et 94,57% des droits de vote d'Alcatel-Lucent à l'issue
de son offre publique d'achat.
Bouclée en janvier, celle-ci a permis le mois au groupe
finlandais de lancer le mois dernier son programme de réductions
de coûts, qui doit se traduire par plusieurs milliers de
suppressions de postes dans le monde entier, dont 1.400 en
Allemagne et 1.300 en Finlande.
En France, Nokia s'est engagé à maintenir un total de 4.200
postes jusqu'à la fin 2017, des réductions d'effectifs dans les
fonctions centrales étant compensées par des recrutements.
(Jussi Rosendahl et Tuomas Forsell, Véronique Tison et Marc
Angrand pour le service français)