* Bercy annonce un comité de suivi
* La R&D ne sera pas concernée, dit Nokia
* Les sites de Paris-Saclay et Lannion en ligne de mire
* L'intersyndicale juge le plan "inacceptable"
(Actualisé avec précisions, contexte)
PARIS, 6 septembre (Reuters) - Nokia NOKIA.HE a annoncé
mercredi qu'il pourrait supprimer 597 postes en France d'ici fin
2019, ce qui a amené le gouvernement à annoncer la prochaine
mise en place d'un comité de suivi des engagements pris par
l'équipementier télécoms finlandais lors du rachat de son
concurrent Alcatel-Lucent début 2016.
Les fonctions centrales et support, qui emploient au total
4.200 personnes en France, seront concernées par le plan de
transformation présenté l'an dernier pour économiser 1,2
milliard d'euros dans le monde d'ici fin 2018, a précisé une
porte-parole de Nokia en France.
Les sites de Paris-Saclay/Boulogne et de Lannion
(Côtes-d'Armor) seraient concernés par le projet de
transformation mais les filiales Radio Frequency Systems (RFS)
et Alcatel Submarine Networks (ASN) ainsi que les services de
recherche et développement (R&D), en sont exclus, a-t-elle
précisé.
"Nokia s'efforcera de limiter autant que possible le nombre
de départs contraints et mettra tout en oeuvre pour proposer des
mesures d'accompagnement", a-t-elle ajouté dans un message
transmis à Reuters.
A Bercy, un porte-parole a dit que le ministère des Finances
réunirait "dans les prochaines semaines" un comité de suivi avec
la direction et des représentants des syndicats.
"Ce nouveau plan social est inacceptable !", dénonce de son
côté dans un communiqué l'intersyndicale (CFDT, CFE-CGC, CGT et
CFTC).
"Les engagements doivent être réaffirmés dans l'esprit de
conserver et développer à long terme les deux derniers sites
France (Paris-Saclay et Lannion). Ils doivent être respectés
dans leur intégralité pour maintenir une masse critique
d'emplois dans les télécommunications", poursuit-elle.
500 INGÉNIEURS RECRUTÉS EN R&D D'ICI FIN 2018
Nokia argue pour sa part qu'il prévoit de recruter 500
ingénieurs de R&D en France d'ici fin 2018 afin de développer
ses activités mondiales dans la 5G, la cybersécurité et
l'internet des objets.
Les consultations débuteront formellement le 18 septembre, a
précisé la porte-parole de Nokia, ajoutant que le groupe ne
communiquerait pas d'ici là le détail du plan remis mercredi au
comité d'entreprise et aux délégués syndicaux d'Alcatel-Lucent
International et de Nokia Solutions and Networks France.
Nokia a fait état fin juillet d'un bond de ses bénéfices
grâce à un accord de brevet avec Apple AAPL.O et des gains de
parts de marché, tout en prévenant que son activité de réseaux
pourrait ralentir plus que prévu en 2017.
Les équipementiers télécoms ont pâti ces dernières années de
la faiblesse de la demande de la part des opérateurs mais Nokia
estime que l'acquisition d'Alcatel-Lucent lui a permis de
regagner du terrain.
La demande pour la génération actuelle d'équipements mobiles
4G a atteint son pic et les équipementiers attendent désormais
que les opérateurs télécoms passent à la 5G.
(Cyril Altmeyer, avec Gwénaëlle Barzic et Yann Le Guernigou,
édité par Bertrand Boucey)