Nigeria-Manifestations après la mort de 37 mineurs détenus par une force paramilitaire information fournie par Reuters 18/09/2026 à 11:52
Des manifestations ont éclaté jeudi soir à Minna, ville du centre du Nigeria, après la découverte des corps d'au moins 37 personnes, décédées alors qu'elles étaient placées en détention par une force paramilitaire qui avait mené un raid contre des mines d'or présumées illégales.
Les détenus ont été retrouvés morts, alignés dans un service de l'hôpital général de la ville, capitale de l'État du Niger, à la suite de leur arrestation par le Corps nigérian de sécurité et de défense civile (NSCDC).
Des habitants sont sortis dans les rues pour exprimer leur colère et certains scandaient "Justice doit être faite". Les forces de sécurité ont été massivement déployées dans plusieurs quartiers.
Le NSCDC a indiqué que des raids ont été menés les 15 et 16 septembre contre des mines présumées illégales dans la région de Wushishi-Lukoto, à l'ouest de la ville. L'agence avait initialement évoqué la possibilité d'une épidémie comme cause de la mort des détenus, mais a ensuite précisé que celle-ci n'avait pas été établie et qu'elle serait déterminée par des examens médicaux.
Shafa'atu Suleiman a raconté qu'elle avait rendu visite à son fils Abdullahi, placé en détention, et l'avait trouvé dans une cellule exiguë de la NSCDC, avant d'apprendre son décès.
"Les responsables avaient refusé que les proches apportent de la nourriture aux détenus et avaient exigé 100.000 nairas (65,33 euros) pour les libérer", a expliqué la mère du détenu.
"C'est une injustice. Nous ne leur pardonnerons pas", a-t-elle ajouté.
Les responsables de la NSCDC n'ont pas répondu aux multiples demandes de commentaires concernant ses accusations.
Le ministre de l’Intérieur, Olubunmi Tunji-Ojo, a ordonné la suspension immédiate de son commandant Suberu Siyaka Aniviye, dans l’attente des conclusions d’une enquête approfondie.
Les autorités du pays tentent depuis des années de lutter contre l’exploitation minière illégale, et affirment que cette activité nuit à l’environnement et entraîne des pertes de recettes pour l’État.
(Reportage Ibrahim Ndamitso à Minna et Ahmed Kingimi à Maiduguri, Rédigé par Ben Ezeamalu; version française Rihab Latrache, édité par Augustin Turpin)