Netflix plonge après ses résultats, les analystes revoient leur script
information fournie par Zonebourse 17/07/2026 à 16:36

Malgré des résultats trimestriels conformes à ses attentes, avec une progression à deux chiffres du chiffre d'affaires et du bénéfice, Netflix plonge d'environ 9% à Wall Street. Si les analystes ne remettent pas en cause le modèle économique du géant du streaming, ils s'inquiètent du ralentissement de la croissance et questionnent l'engagement des utilisateurs. Les recommandations sont néanmoins toutes positives, même si les objectifs de cours sont souvent revus à la baisse.

Netflix a publié hier soir un bénéfice net de 3,4 MdsUSD au titre du 2e trimestre, en hausse de 8,83% sur un an et globalement conforme aux attentes. De son côté, le bénéfice par action dilué (BPA) publié ressort à 0,80 USD, en progression de 11% et en ligne avec le consensus S&P (0,79 USD).

Pas de surprise, non plus, du côté de l'activité avec un chiffre d'affaires de 12,56 MdsUSD, en hausse de 13,4% en données publiées et de 12% à taux de change constants. Cette croissance a été principalement alimentée par la hausse du nombre d'abonnés, les augmentations de prix et la progression des revenus publicitaires, précise le groupe.

"Nos performances financières restent solides et nous sommes en bonne voie pour atteindre nos objectifs de l'année", ont ainsi fait savoir les co-directeurs Greg Peters et Ted Sarandos dans leur lettre aux actionnaires.

Pour le troisième trimestre, Netflix indique anticiper un chiffre d'affaires de 12,9 MdsUSD, en hausse de 11,7%, ainsi qu'une marge opérationnelle de 33,2%.

Pour l'ensemble de l'exercice 2026, le groupe confirme d'ailleurs ses objectifs tout en resserrant sa fourchette de chiffre d'affaires entre 51 et 51,4 MdsUSD, (vs 50,7 à 51,7 MdsUSD précédemment). Netflix maintient également son objectif de marge opérationnelle de 31,5%, vise toujours environ 3 MdsUSD de revenus publicitaires et un flux de trésorerie disponible d'environ 12,5 MdsUSD sur l'année.

Les analystes restent vigilants

Réagissant à cette publication, BofA confirme son conseil Achat sur le titre, avec un objectif de cours abaissé de 125 à 105 USD.

Si l'analyste juge les résultats globalement conformes aux attentes, il précise qu'ils ne modifient pas fondamentalement le débat sur le titre dont la valorisation, inférieure à 20 fois le BPA et en décote par rapport au S&P 500, sous-estime la valeur stratégique de la plateforme.

Le courtier considère que le marché a déjà intégré une grande partie des craintes liées à une éventuelle opération de croissance externe d'envergure. BofA considère d'ailleurs que le contexte actuel serait favorable si Netflix décidait de procéder à une acquisition stratégique.

Le bureau d'études abaisse néanmoins ses prévisions pour 2026 avec un chiffre d'affaires à 51,2 MdsUSD contre 51,37 MdsUSD auparavant et son résultat opérationnel à 16,14 MdsUSD contre 16,2 MdsUSD précédemment, afin de tenir compte des chiffres communiqués par le groupe. Il estime toutefois que la dynamique des abonnés, des bénéfices, de la publicité et des contenus en direct demeure favorable à long terme.

Cette analyse est globalement partagée par Jefferies qui reste à l'achat sur le titre tout en réduisant sa cible 110 à 90 USD. Le broker évoque lui aussi des résultats conformes aux attentes mais qui alimentent les interrogations quant au ralentissement de la croissance, la hausse des dépenses et la faiblesse de l'engagement des utilisateurs.

Le broker réduit à son tour sa prévision de chiffre d'affaires du 3e trimestre à 12,86 MdsUSD (contre 13,51 MdsUSD auparavant), et abaisse légèrement son estimation de chiffre d'affaires 2026 à 51,17 MdsUSD (contre 51,28 MdsUSD précédemment).

Jefferies estime néanmoins que le profil rendement/risque reste "attractif" compte tenu de la valorisation actuelle et de la capacité de Netflix à traverser les phases de transition, tout en conservant une position dominante sur le marché du streaming.

Chez J.P. Morgan , les analystes confirment leur conseil Surpondérer (Overweight) sur le titre Netflix, avec un objectif de cours abaissé de 118 à 85 USD. Là encore, les inquiétudes sur l'engagement des utilisateurs sont soulevées, mais le broker estime que la croissance du chiffre d'affaires et des bénéfices demeure le principal moteur de la valeur. Selon le courtier, Netflix dispose ainsi d'un potentiel de croissance pluriannuel, avec une pénétration inférieure à 45% de son marché adressable des foyers haut débit et seulement environ 5% de la part mondiale du temps de visionnage télévisé.

J.P. Morgan a légèrement réduit ses estimations 2026-2027, mais continue d'anticiper une croissance annuelle moyenne de 12% du chiffre d'affaires à changes constants et de plus de 20% du résultat opérationnel sur 2025-2028.

De son côté, Wedbush confirme aussi son conseil Surperformance sur Netflix, avec un objectif de cours abaissé de 118 à 105 USD. Le courtier juge pour sa part les résultats comme "légèrement décevants", tandis que les perspectives pour le troisième trimestre sont considérées "prudentes".

Wedbush considère toutefois que la reprise de l'engagement des utilisateurs et l'accélération de l'activité publicitaire soutiennent toujours la thèse d'investissement.

Le courtier ajoute que les revenus publicitaires devraient quasiment doubler pour atteindre environ 3 MdsUSD en 2026 et que Netflix a réalisé son plus important programme de rachats d'actions, à 4,7 MdsUSD, au deuxième trimestre. La note précise néanmoins que la montée en puissance de la publicité, des jeux et des podcasts prendra plus de temps que prévu à se traduire dans les résultats, ce qui justifie l'abaissement de l'objectif de cours.

Enfin, Needham se montre peut-être un peu plus optimiste que ses confrères et confirme sa cible de 120 USD avec un conseil d'achat inchangé.

Selon le broker, Netflix redéfinit son positionnement en cherchant à "agréger et monétiser le temps de loisir" à l'échelle mondiale, notamment grâce à son accord avec TF1, au développement des vidéos verticales, des podcasts vidéo et des jeux. Le bureau d'études précise que le groupe bénéficie toujours d'un avantage structurel lié à sa taille mondiale et à son efficacité opérationnelle.