(Actualisé avec la réaction de Natixis)
PARIS, 16 septembre (Reuters) - Les syndicats de la banque
d'investissement Natixis CNAT.PA ont appelé vendredi leur
direction à faire preuve de "patriotisme économique" en essayant
de trouver en France une alternative à un plan de délocalisation
au Portugal d'activités informatiques représentant 600 emplois.
"Alors que le pays est tous les jours durement touché par
les suppressions d'emplois, il semble invraisemblable que
Natixis, sauvée de la faillite par l'Etat et donc par les
contribuables français, ne daigne pas considérer son propre pays
dans sa politique d'optimisation des coûts", ont dénoncé dans un
communiqué cinq syndicats du groupe et son Comité central
d'entreprise (CCE).
Pour ces derniers, un regroupement des activités en province
permettrait de dégager des économies substantielles, tout en
limitant les risques opérationnels liés à un changement de pays.
"Les données à disposition montrent une économie de 27
millions d'euros en externalisant les emplois à Portol'économie
serait de 15 millions d'euros en implantant l'activité en
province", peut-on lire dans le communiqué signé par la CFDT, la
CFTC, la CGT, le SNB et l'Unsa.
Contacté par Reuters, le secrétaire du CCE Nicolas Getti a
indiqué que les organisations syndicales n'envisageaient pas
pour l'heure un appel à la grève ou à manifester mais
souhaitaient plutôt aboutir à "un vrai dialogue avec la
direction" pour réorienter le projet "Atlas" vers une
alternative française.
De son côté, Natixis assure avoir étudié une option
française mais a ajouté que cette dernière ne s'est pas révélée
satisfaisante.
"L'option d'une localisation en France a été écartée sur la
base de critères économiques et de bassin d'emploi et de tension
sur les métiers de l'informatique", a réagi la banque
d'investissement du groupe mutualiste BPCE.
"Natixis s'est engagée à créer en France, au sein de sa
direction des systèmes d'information, 150 postes à horizon
2019", a aussi ajouté la banque.
Le choix de délocaliser des activités au Portugal a déjà été
fait par BNP Paribas BNPP.PA , qui a commencé fin 2015 à
recruter pour un nouveau centre européen d'opérations
financières basé à Lisbonne.
(Johanna Decorse et Julien Ponthus, édité par Jean-Michel
Bélot)