Municipales: Amine Kessaci s'engage avec Payan pour combattre le narcotrafic à Marseille
information fournie par AFP 26/01/2026 à 21:06

Le militant écologiste et anti-drogue Amine Kessaci (G) et le maire de Marseille, Benoit Payan, le 26 janvier 2026 à Marseille ( AFP / MIGUEL MEDINA )

Le militant écologiste et anti-drogue Amine Kessaci est candidat aux municipales à Marseille sur la liste du maire sortant de gauche Benoît Payan, souhaitant faire de la deuxième ville de France une "vitrine dans la lutte contre le narcotrafic".

L'annonce officielle a été faite lundi soir depuis un lieu symbolique, l'Après M, un ancien McDonald's en plein coeur des quartiers déshérités du Nord, devenu avec l'aide de la municipalité un "fast social food" où il est arrivé sous les applaudissements et des dizaines de personnes qui scandaient son prénom.

"J'ai la garantie de savoir que le maire va porter mon combat, qu'à ses côtés, je pourrai porter la lutte et faire finalement de Marseille la vitrine nationale de la lutte contre le narcotrafic", a expliqué le jeune homme de 22 ans, dans un entretien avec l'AFP.

La liste du Printemps marseillais n'a pas été détaillée mais Amine Kessaci rejoint une coalition allant des socialistes aux communistes, en passant par Les Ecologistes, sous la houlette du maire sortant et ex-socialiste Benoît Payan.

"Résoudre les questions de narcotrafic, ça ne se fait pas avec des annonces (...) ça ne se fait pas avec uniquement des moyens répressifs", a martelé M. Kessaci, plaidant pour "des politiques sociales, des logements dignes, une école forte."

En 2020, il avait perdu son grand frère Brahim, impliqué dans le trafic, dont le corps avait été retrouvé carbonisé. Avant d'être endeuillé le 13 novembre par la mort de son petit frère Mehdi, dans un probable "crime d'intimidation" en représailles à son militantisme.

Raison pour laquelle, il a promis lundi devant sa mère un "accompagnement des familles": "plus jamais à Marseille, il n'y aura une maman qui pleurera son enfant seule".

- Un "rôle central" -

Benoît Payan a rappelé que "Marseille est à la croisée des chemins. Le Rassemblement national guette" et "il est hors de question pour nous de laisser la haine gagner cette ville".

A moins de deux mois des municipales, face au RN qui affiche ses ambitions et place la sécurité au centre de sa campagne, le maire sortant peut se targuer ici d'un joli coup politique avec Amine Kessaci qui jouera un "rôle central" dans sa campagne.

Et ce malgré le dispositif de sécurité entourant le militant, qui admet ne plus "faire un pas sans avoir quatre ou cinq policiers" autour de lui et qui doit bien souvent mettre un gilet pare-balle en public.

"Je ne suis coupable de rien et je ne vivrai pas assigné à résidence", a-t-il averti, tout en ayant à coeur de ne "jamais mettre en danger" ceux qui assurent sa sécurité lors de sa campagne.

Le militant écologiste et anti-drogue Amine Kessaci (G) et le maire de Marseille Benoit Payan, le 18 décembre 2025 à Marseille ( AFP / Thibaud MORITZ )

Après l'assassinat de Mehdi, Amine Kessaci a enchaîné les interventions médiatiques, son visage rond, à peine vieilli par la barbe, affichant sa douleur et son épuisement.

Mercredi, depuis Paris, il annonçait son intention de créer une association nationale des maires de France engagés contre le narcotrafic. Quelques jours plus tôt, il était l'invité surprise à Lyon du premier meeting de l'écologiste Grégory Doucet, apportant son soutien au maire sortant candidat à sa réélection.

Jeune militant de quartier propulsé sur la scène nationale, M. Kessaci n'en est pas à son premier essai en politique.

En 2024, candidat d'une gauche unie aux législatives dans le nord de Marseille, il s'était hissé au second tour avant d'être battu de justesse par la députée sortante d'extrême droite, la RN Gisèle Lelouis.

- "Pas une fatalité" -

Dans un livre au titre prémonitoire, publié à l'automne, "Marseille essuie tes larmes" (Le bruit du monde), il plantait le décor de son enfance dans la cité de Frais-Vallon, choyé par une mère algérienne dans une famille "modeste mais pas ignorante".

Le militant écologiste et anti-drogue Amine Kessaci, le 17 janvier 2026 à Lyon ( AFP / OLIVIER CHASSIGNOLE )

Une mère à qui il dédie son engagement, pour elle et toutes ces mamans de quartiers qui luttent pour protéger leurs enfants de la drogue.

C'est notamment pour épauler ces familles que l'association qu'il a créée, Conscience, intervient dans des banlieues déshéritées en France.

Aujourd'hui, sa parole porte jusqu'au sommet de l'Etat et il a rencontré Emmanuel Macron plusieurs fois.

"Il ne s'agit pas uniquement de parler mais d'agir tous les jours pour montrer que le narcotrafic n'est pas une fatalité", insiste le militant.