Moyen-Orient: Trump hausse le ton, Wall Street accuse le coup information fournie par AFP 02/04/2026 à 16:05
Le rebond n'aura pas duré: la Bourse de New York évoluait en nette baisse jeudi, plombée par de nouvelles menaces de Donald Trump sur l'Iran, douchant tout espoir de désescalade au Moyen-Orient.
Vers 13H55 GMT (15H55 à Paris), le Dow Jones reculait de 1,19%, l'indice Nasdaq perdait 1,71% et l'indice élargi S&P 500 chutait de 1,20%.
La place américaine avait pourtant entamé une hausse ces derniers jours, misant sur une fin rapide du conflit.
C'était sans compter sur un énième changement de ton de Donald Trump: le président américain a promis mercredi soir de ramener l'Iran à "l'âge de pierre" en frappant Téhéran "extrêmement durement au cours des deux à trois prochaines semaines".
"Le président ne nous a rien appris de nouveau hier soir dans son allocution, au contraire, ses propos musclés ont plutôt semblé attiser le conflit", commente auprès de l'AFP Sam Stovall, de CFRA.
"Cela renforce la détermination des Iraniens à maintenir leur contrôle sur le détroit d'Ormuz", passage maritime stratégique, "et à perturber l'activité économique mondiale", ajoute l'analyste.
En réponse aux propos de Donald Trump, l'armée iranienne a promis des attaques "dévastatrices" contre les Etats-Unis et Israël.
Sans surprise, cette nouvelle escalade a entraîné une flambée des cours de l'or noir.
Le prix du baril de pétrole américain WTI s'envolait de plus de 10% jeudi et le baril de Brent de la mer du Nord de plus de 7%.
"La forte hausse des prix du brut pourrait freiner la croissance économique et nous faire basculer dans une récession", explique Sam Stovall.
"Et tant que les prix du pétrole continueront d'augmenter, les secteurs qui en sont de grands consommateurs (...) en subiront les conséquences", poursuit-il.
Les compagnies aériennes sont particulièrement touchées, comme Delta Air Lines (-4,90%), American Airlines (-6,65%) ou Alaska Air Group (-5,90%).
Les groupes de livraison de plis et de colis (FedEx -1,19%, UPS -1,41%) perdaient aussi du terrain.
A l'inverse, le secteur de l'énergie profitait une nouvelle fois de la hausse des prix du brut, à l'instar de Chevron (+3,92%), ExxonMobil (+3,45%), ou ConocoPhillips (+4,32%).
Sur le marché obligataire, le rendement à dix ans des emprunts de l'Etat américain se tendait par rapport à la clôture la veille, à 4,34% contre 4,32%.
Compte tenu du contexte géopolitique, les investisseurs ont semblé faire fi des données économiques du jour, dont les demandes d'inscription au chômage - moins élevées qu'attendu.
Les opérateurs surveilleront malgré tout une volée de chiffres sur l'état du marché du travail américain vendredi.
Wall Street étant fermée ce jour-là (Vendredi saint), la réaction à ces chiffres ne sera potentiellement visible que lundi, selon les analystes.
A la cote, le spécialiste des véhicules électriques Tesla (-3,25% à 368,88 dollars) pâtissait de ses ventes au premier trimestre, en deçà des attentes du marché.
Le groupe du milliardaire Elon Musk a livré environ 358.000 véhicules entre janvier et mars, contre 381.000 escomptés par le consensus des analystes de Factset.
Les valeurs liées au secteur des cryptomonnaies étaient malmenées avec le repli du bitcoin , considéré comme un actif à risque.
La plateforme d'échange Robinhood perdait 4,88% à 66,69 dollars et le "mineur" (créateur de monnaie numérique) Riot Platforms reculait de 2,95% à 12,18 dollars.
Nasdaq